Révision des lois de bioéthique
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02 Déc 2009
- Publié le mercredi 2 décembre 2009 10:10
Une hiérarchie des valeurs à redécouvrir, la réalité du soin à prouver et une attitude face à la souffrance à préciser
- Un besoin d'arbitrer des conflits
- Un souci d'accompagner, d'aider
- Un devoir de respect de l'homme
Il s'agit en effet de choisir entre, d'une part, l'élaboration et la mise en œuvre de thérapies dont on attend qu'elles permettent de guérir, de soulager ou d'éviter certaines souffrances y compris de nature psychique (certaines formes de stérilité...), et, d'autre part, l'un ou l'autre des constituants fondamentaux de la dignité de la personne parmi lesquels la vie, les exigences d'une sexualité effectivement humanisée...
Par exemple, la recherche sur l'embryon est le plus souvent justifiée par la nécessité de comprendre, grâce à l'approfondissement des mécanismes de l'embryogénèse, les mutations cellulaires qui permettront la mise au point de traitements régénératifs (à partir des cellules souches embryonnaires). Ce type de recherche suppose la destruction de l'embryon utilisé pour être analysé ; par cette conséquence inévitable, elle contrevient au principe même du respect inconditionnel dû à la nature humaine qui est celle de l'embryon dès les premiers instants.
• Une gestion des conséquences de la recherche à encadrer
Ces lois sont également rendues nécessaires par les conséquences probables pour le bien des individus et pour le bien commun de la mise en œuvre de telles thérapies.
Le don de gamète, par exemple, pose des problèmes psychiques majeurs (narcissisme éventuel du donneur du patrimoine génétique, troubles de la filiation de l'enfant issu d'une procréation médicalement assistée - PMA). Dans le cas du clonage, il y a risque d'« asservissement » de l'enfant ainsi né à un projet particulier comme celui de permettre de soigner celui dont il porte le patrimoine génétique...
A l'occasion de ces discussions, il est légitime de se demander si certaines de ces thérapies sont des soins effectifs ou ne sont pas des substitutifs qui doivent être considérés comme tels, c'est-à -dire des pratiques visant à contourner une impossibilité non reconnue, notamment dans ses conséquences pour la personne (PMA...).
C'est que, enfin, les discussions sur ces lois invitent à réfléchir sur l'attitude de notre société vis-à -vis de la souffrance, du handicap et de la faiblesse. Attitudes individuelle, familiale et collective. De ce point de vue, ces lois posent en particulier la question de la réalité du soin apporté, réalité pour la personne dans toutes ses dimensions et donc pas simplement pour son organisme physique. Par exemple, la paternité peut-elle être réelle lorsqu'elle résulte d'un apport du seul patrimoine génétique de l'un des membres d'un couple (clonage reproductif) ? Peut-elle être achevée lorsque l'enfant ne naît pas de l'étreinte amoureuse, mais d'un travail technique en laboratoire ?
L'enjeu des discussions sur les lois de bioéthique est donc celui
• de l'équilibre entre un mieux-être pour certains humains et ce que l'on envisage de sacrifier d'humanité pour y parvenir
• de l'équilibre entre les biens attendus de ces thérapies et les impacts individuels et sociaux qu'elles induisent, même s'ils ne sont que vraisemblables.
L’enjeu des lois de bioéthique, c’est de clarifier ce qu’est une véritable thérapeutique.
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02 Déc 2009
- Publié le mercredi 2 décembre 2009 10:29
A- Arbitrer entre, d'une part, l'atténuation, souvent hypothétique, d'un mal ou d'une souffrance et, d'autre part, un autre mal (suppression ou abandon d'embryons, dépossession du droit aux liens affectifs des mères porteuses, privations de l'accès aux origines, par la PMA accueil d'un enfant qui ne possède pas ou seulement partiellement notre propre patrimoine génétique, charge de la responsabilité de la guérison pour les enfants médicament...).
B- Accepter une prise de risque qui sera assumée par des individus n'ayant pas pris part à la décision (l'enfant, la société...), ou encore par des personnes fragiles (mère porteuse, donneur de gamètes... en quête de revenus, d'un moyen de compenser une blessure personnelle...).
C- Prendre des risques pour la société et pour des individus, pour bien souvent de simples « promesses » de thérapeutique et de progrès de la science.
Par conséquent pour les Français le combat contre la souffrance ne peut justifier :
• la perspective d'une possible nouvelle souffrance causée à d'autres,
• la « mise en risque » d'autrui,
• ou encore la suppression, même à l'état embryonnaire, de l'autre, même souffrant, diminué ou blessé.
Ce ne sont, en tout état de cause, ni des réponses, ni des solutions à la souffrance.
Les 7 principes bioéthiques imprescriptibles
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02 Déc 2009
- Publié le mercredi 2 décembre 2009 10:31
2. Tout l'humain est là dès le premier instant : cela peut permettre d'aborder sous un autre angle la question de la singularité : c'est cet enfant-là et pas un autre
3. La vie est plus grande que toute blessure/toute vie vaut la peine d'être vécue : la grandeur humaine ne vient pas de l'ampleur des facultés de l'homme : tous les hommes sont égaux en dignité. On peut même affirmer qu'il n'y a pas de grands hommes. Penser le contraire conduirait à hiérarchiser les humains et nécessairement en adoptant mille critères possibles (intelligence, beauté, couleur de peau, utilité, force...), en introduisant mille ségrégations subjectives et instantanées (pour défricher la savane mieux vaut ne garder que les hommes forts et se débarrasser des poètes... En même temps, de l'autre côté de la planète, on préfèrera les créatifs qui permettent de fabuleux chiffres d'affaire de la création dans les media...). La grandeur de l'homme vient de ce qu'il est unique et en même temps de sa contribution spécifique à la marche de la nature, de la société et à la relation entre les hommes (relations interpersonnelles et relations sociales). Autant de caractéristiques qui demeurent quelle que soit la situation de la personne : handicap, fin de vie, maladie psychique...
4. La vie d'un individu, même encore imperceptible et essentiellement en devenir, ne peut être le prix à payer pour la guérison d'autrui.
5. La paternité ou la maternité ne se réalisent de manière harmonieuse que dans un contexte exigeant : l'étreinte physique, la complémentarité physique, la « mise en commun » des patrimoines génétiques respectifs, la qualité affective, et l'engagement réciproque. La réalité ne peut être ni subordonnée ni changée grâce à l'opinion, à l'imaginaire ou au désir (on parle alors d'envie)
6. La souffrance est une réalité inacceptable que ni la mort, ni un mal imposé à un autre, ne peuvent soulager. La présence attentive et confiante auprès des personnes qui souffrent peut les soutenir dans l'épreuve, présence qui reconnaît ce qu'elles vivent, ce qu'elles supportent sans chercher à expliquer, donner sens, penser, simplement en « soutenant »
7. Dans la souffrance, les choix des personnes et des familles sont difficiles : ils méritent un accompagnement et beaucoup de délicatesse en tenant compte notamment des aspirations des personnes et des familles
A redécouvrir : la dignité humaine à tous les instants et dans toutes les conditions
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02 Déc 2009
- Publié le mercredi 2 décembre 2009 10:33
1. L'embryon a tout déjà en lui : oui parfois la maladie, mais aussi le reste, tout son potentiel à tenir sa place au milieu de tous ; pas mieux ni moins bien que moi.
2. L'embryon est unique, et sa singularité le rend irremplaçable ; pouvons-nous décider pour l'humanité entière de nous passer d'un être qui ne pourra jamais être remplacé ? Pouvons-nous nous passer soit de Beethoven soit nous passer de cette personne en apparence sans intérêt, comme vous et moi, mais qui tient sa place économique, affective, sociale, comme personne, comme vous et moi.
3. En définitive, les diagnostics préimplantatoire ou intra utérin, ne savent pas tout nous dire... Au moment où l'on écarte un embryon du droit de vivre, il y a donc d'une part le peu que je sais de lui (il serait malade) et d'autre part, surtout, tout ce que je ne sais pas de lui et qui, pourtant, me suggérerait - comment ne pas en être sûr ! - de lui donner les mêmes chances qu'aux autres.
4. Et en même temps, combien de « bien portants » sont incapables de bonheur... Alors pourquoi les uns et pas les autres ? D'ailleurs, la loi peut-elle définir le bonheur et ses limites ?
« La qualité d'une société ou d'une civilisation se mesure au respect qu'elle manifeste envers les plus faibles de ses membres. Une société techniquement parfaite, dans laquelle seuls sont admis les membres pleinement productifs, devrait être considérée comme radicalement indigne de l'homme, pervertie par une sorte de discrimination non moins condamnable que la discrimination raciale. La personne handicapée est l'un d'entre nous, participe à notre humanité même »
(Jean-Paul II - Ombres et Lumière "Jean-Paul II et les personnes handicapées").
La souffrance est inacceptable, cependant elle n’interdit pas l’accès à l’amour et au bonheur
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02 Déc 2009
- Publié le mercredi 2 décembre 2009 10:37
ni même de la garder « à distance » ou de la regarder de loin parce qu'on ne pourrait pas agir si ce n'est se trouver réduit à « prendre en pitié ».
Oui la stérilité, le handicap, la maladie, la dégénérescence, la douleur... bref la souffrance est insoutenable.
Elle n'est en rien « utile », au sens où l'expérience que la personne en ferait apprendrait, en tant que telle, quelque chose.
Sous des formes plus ou moins criantes, ce sont autant d'atteintes à l'individu, à ses proches et à la société. Chacun de nous souffre de voir souffrir.
Ces atteintes, physiques ou psychologiques, comportent toujours une dimension psychique qui peut démultiplier, à des degrés inimaginables,
la souffrance ressentie par la personne : la différence, qui apparaît parfois insoutenable ;la conscience cruelle de la voie sans issue ou du poids pour les autres ;la difficulté chaque jour plus évidente d'être avec les autres ; les obstacles insurmontables à comprendre et donc à contribuer à la construction de la société, du monde ; le découragement, voire la culpabilité, de ne pouvoir porter secours à celui qui en a pourtant tant besoin...
La souffrance n'interdit pas l'accès à l'amour et au bonheur : l'essentiel reste à portée du cœur. Des millions de témoignages montrent qu'il ne faut pas être un héros pour accéder à l'amour et au bonheur au sein même du handicap, de la stérilité, de la maladie, de la dégénérescence. Même si ces témoignages décrivent des situations qui peuvent paraître hors d'atteinte à ceux qui se disent « biens portants ».
« Il faut certainement faire tout ce qui est possible pour atténuer la souffrance : empêcher, dans la mesure où cela est possible,
la souffrance des innocents; calmer les douleurs; aider à surmonter les souffrances psychiques.
Autant de devoirs aussi bien de la justice que de l'amour qui rentrent dans les exigences fondamentales de l'existence chrétienne et de toute vie vraiment humaine. Dans la lutte contre la douleur physique, on a réussi à faire de grands progrès; la souffrance des innocents et aussi les souffrances psychiques ont plutôt augmenté au cours des dernières décennies.
Oui, nous devons tout faire pour surmonter la souffrance, mais l'éliminer complètement du monde n'est pas dans nos possibilités - simplement parce que nous ne pouvons pas nous extraire de notre finitude et parce qu'aucun de nous n'est en mesure d'éliminer le pouvoir du mal, de la faute, qui - nous le voyons - est continuellement source de souffrance. Dieu seul pourrait le réaliser:
seul un Dieu qui entre personnellement dans l'histoire en se faisant homme et qui y souffre »
(Benoît XVI, Spe Salvi, 36).
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