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Episode 2 : Touché mais pas coulé

Résumé : Rares sont ceux qui ne passent par des échecs, qu’il s’agisse d’échecs amoureux ou dans d’autres domaines. Il faut alors découvrir que l’on ne se réduit pas à son échec et que le véritable enjeu est dans la capacité à rebondir après cette expérience.

Analyse de l'épisode

Le texte ci-dessous vous permet de construire une séance de réflexion avec les jeunes de l'âge concerné. Cette analyse s'adresse aux parents et éducateurs.

Ce que cette vidéo donne à voir

Qu’il s’agisse de l’échec du couple parental ou des siens propres, rares sont les 16-20 ans qui n’aient pas une expérience de l’échec amoureux. 3 enfants de moins de 18 ans sur 10 ne vivent plus avec leurs deux parents. Ce chiffre est plus important, bien sûr, pour les enfants de 16 à 18 ans. http://www.insee.fr/fr/statistiques/1281054

L’expérience de l’échec

Les jeunes qui vivent leur premier chagrin d’amour peuvent rencontrer leur premier véritable échec personnel à un âge relativement jeune alors qu’ils ne sont pas psychologiquement préparés ni armés. Ils peuvent vivre une véritable remise en cause de toute leur personne avec un écroulement intérieur et une dévalorisation de tout ce qu’ils sont. Leurs parents ne sont bien souvent ni disponibles, ni peut-être capables de prendre la mesure de ce que vit leur enfant. Les parents ont souvent trouvé naturelle cette histoire d’amour débutante et n’ont pas non plus accompagné dans le murissement de l’éveil sentimental et sexuel. Le passage au collège a été, pour de nombreux pré-adolescents, le feu vert d’entrée dans la vie amoureuse et, après les années tumultueuses au collège, ils arrivent à l’âge lycée avec le poids d’un ou plusieurs échecs. Leur attitude peut alors bien souvent être de dire « Je ne m’engagerai plus affectivement, c’est trop risqué. Les garçons sont tous... Les filles sont toutes.... ». Ils sont alors comme vieillis prématurément, désabusés, un peu cyniques et certains vont même plutôt enchainer les sexfriends et les « plans culs » qui ne les engagent pas affectivement.

Que dit l’échec ?

L’échec cause une souffrance, il fait mal. La souffrance est d’autant plus grande que l’émotionnel est pris en défaut, sans préparation ni capacité d’analyse rationnelle ; elle est grande aussi et surtout lorsque le jeune n’a pas été habitué à la remise en cause, à accepter la frustration ou la contrariété. Ou encore quand le regard est faussé par une subjectivité alimentée par un imaginaire débridé et solitaire. Le garçon est sans doute plus sensible à l’échec scolaire ou professionnel, la fille à l’échec relationnel ou amoureux. Le poids du passé fait que leur vie amoureuse peut être laborieuse parce qu'ils ont depuis longtemps perdu confiance en eux ainsi qu’une minimale et légitime estime de soi.

Le risque de l’échec est inévitable pour rester dans la vie. Si on reste spectateur, on n’est pas dans la vie. L’échec est un risque à prendre. C’est d’ailleurs un axe pour valoriser cette expérience négative : si j’accepte de prendre des risques, je suis courageux alors même que je me trouve nul.

Il ne faut donc pas craindre l’échec, et ne pas s’imaginer qu’on va « traverser la vie comme une fleur », aller de succès en succès, avec facilité et comme dans un rêve. L’échec est l’expérience vivante qui m’aide à recaler ma vision théorique sur le réel. La vie scolaire française a tendance à diaboliser l’échec, à la différence des systèmes anglo-saxons qui encouragent chacun à faire l’expérience de « sortir de soi » et valorise tout résultat, que l’objectif soit atteint ou non.

Que faire de l’échec ?

D’abord reconnaitre la souffrance, la béance éprouvée soudainement, le sentiment de « partir en vrille ». Accueillir sa détresse, la nommer, la dire. Il y a une normalité du sentiment de désespoir, peut-être de honte et de solitude.... mais dans lequel il ne faut pas s’engluer et rester.

Le facteur temps est important : il y a comme une interruption du temps (l’avenir se ferme) mais le temps permet aussi de prendre le temps de pleurer, de laisser couler les jours pour mieux tourner la page.

Revisiter la souffrance plutôt que la mettre de côté. Cela demande une remise en cause personnelle, également douloureuse, mais c’est la condition pour avancer sans répéter les échecs. A l’issue de ce chemin de deuil, il faut être capable de tirer des leçons, d’analyser, de réajuster ses choix, ses modes de vie, peut-être son rapport aux autres. Il peut être nécessaire d’être accompagné à travers toutes ces étapes pour être apte à reconnaitre que l’on n’ « est » pas son échec ni celui de ses parents. On pourra alors vivre une autre histoire qui ne sera pas un pansement sur la peine de cœur précédente.

A un âge jeune, l’échec est souvent lié à une erreur du début. On a pris un chemin trop escarpé sans prendre le temps de poser les fondations. Il va falloir apprendre à écouter plus que mes émotions, à ne pas me laisser emporter par l’amour du sentiment amoureux qui a tout occulté de l’autre.

On peut aussi apprendre à voir le versant constructif de l’échec : Il est aussi des échecs qui sont en fait des « réorientations par essai / erreur », et qui apparaissent a posteriori des événements salutaires puisqu’ils permettent de quitter une voie sans issue et de marcher vers une perspective positive. Ces échecs sont alors vus par la suite comme providentiels et libérateurs.

L’échec sera d’autant mieux digéré que le jeune :
- aura pu relever la tête de lui-même.
- aura acquis la certitude que sa construction personnelle n’est finalement pas achevée, et doit encore parcourir du chemin (exemples, modèles de vie, discussions, capacité d’analyse et de dialogue... .
- aura dans son entourage une personne compréhensive susceptible de reconnaître sa souffrance auprès de qui il pourra s’épancher oralement (ou même par écrit) et qui pourra l’aider à mettre des mots sur les maux et à donner du sens.
- Pourra à nouveau s’inscrire dans le présent en goutant l’instant présent plutôt qu’en regrettant le passé ou un avenir qui n’a pas pu être.
- aura dans son entourage une personne qui l’entraînera vers les sommets, la joie, le don de soi, l’admiration de la création ou l’émerveillement devant un talent...
- aura l’occasion de rire de lui-même, de faire l’expérience qu’il n’est pas le plus malheureux, de mettre un terme à sa détresse ;
- aura une capacité à pratiquer une relecture de sa vie sous l’angle de sa composante spirituelle.

Les étapes sont les suivantes :
1) Stupeur, sidération
2) Révolte, peine, pleurs, douleurs, mots
3) Acceptation, accueil, se reprendre
4) Décentrement de soi
5) Relecture, donner du sens, comprendre pour réajuster
6) Revivre en ayant grandi

Et l’échec de nos parents ?

L’enfant s’est senti responsable de cet échec avec le sentiment que c’est lui-même qui se séparait (en deux...) Comment réussir là où mes parents ont échoué ? Serai-je « obligé » de divorcer comme mes parents ? Puis-je m’autoriser à être plus heureux qu’eux ? Le jeune doit comprendre qu’être heureux ou réussir lui-même ne blessera pas ses parents et qu’il n’y a pas comme une fatalité, une prédestination ou une hérédité de l’échec du couple. Il est libre de choisir son chemin de vie affective

Ce que le jeune peut retirer de cette vidéo

- Comprendre la « mécanique », les différentes étapes des échecs.
- L’échec est douloureux quand on le vit, mais en prenant du recul il peut paraître davantage supportable, voire même positif à terme : c’est cette prise de recul qu’il faut savoir négocier (l’entrevoir, être en mesure de la vivre, l’accueillir et la vivre avec simplicité.)
- Ouvrir une espérance, un avenir : rien n’est fichu, rien n’est écrit d’avance, tu as raison de vouloir croire au bonheur.
- De l’échec nait une personne nouvelle, plus forte, plus résolue, qui identifie mieux la voie à prendre : Il y a des chemins pour construire son bonheur qu’il faut connaitre pour ne pas répéter ses erreurs. (Ils seront détaillés dans la vidéo « l’attente »)

 

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