A la Une

  • Pause
  • Previous
  • Next
1/6

Argumentaires bioéthiques

tags bioéthique

Dossiers

Episode 3 : J'ai rendez-vous avec moi-même

 

Résumé : Dans un monde sur-connecté à l’extérieur, il devient difficile de creuser son intériorité et de se connaitre soi-même. Quelques clés pour se reconnecter à son être profond.

Analyse de l'épisode

Le texte ci-dessous vous permet de construire une séance de réflexion avec les jeunes de l'âge concerné. Cette analyse s'adresse aux parents et éducateurs.

Ce que cette vidéo donne à voir

Devenir adulte, c’est devenir capable « d’autonomie » c’est-à-dire se prendre en charge, être responsable de soi, de sa vie. Devenir capable de faire des choix libres et de les assumer. Particulièrement choisir et s’engager avec son conjoint . Pour cela, l’adolescent doit passer de la dépendance parentale de l’enfance à la capacité à être maitre de lui-même. C’est un long chemin et une longue mue. L’humain est, de tous les vivants, celui qui met le plus de temps à accéder physiologiquement (et par conséquent psychologiquement, socialement...) à l’âge adulte. Pour « mener sa barque seul » et devenir maitre à bord il doit devenir capable de penser, de discerner, de choisir et de s’engager par lui-même. Cela passe par le développement de sa vie intérieure.

Le jeune prend peu à peu conscience qu’il n’est pas seulement un corps, des émotions, ni même une intelligence mais qu’au centre de lui-même existe une instance inviolable (la conscience, l’âme, le cœur profond....) qui lui permet des choix libres, gratuits et totalement assumés. C’est cette instance qui lui permet de se connaitre et de dire « je » de manière pleine et entière : « je crois », « je suis », « je choisis », « je m’engage »...

Comment rencontrer l’autre et se donner sans d’abord se connaitre soi-même, homme ou femme, et avoir développé sa liberté intérieure ?
Nous montrerons deux voies qui permettent de développer son intériorité : le silence et la rencontre.

Le silence

C’est sans doute la voie la plus difficile à pratiquer aujourd’hui. Nous sommes entourés de musique, de bruit, de « pollution sonore ». Il nous est difficile de rester dans un silence qui est devenu si inhabituel qu’il nous angoisse. La société de la distraction permanente ne nous laisse jamais en repos et nous en sommes complices en appuyant de manière réflexe le bouton de la radio, de notre lecteur de musique, de notre ordinateur, de notre téléphone. Chaque magasin a son « ambiance sonore », les salles d’attente des médecins, les gares sont sonorisées et il devient difficile de trouver un restaurant sans musique de fond. Peu de lieux offrent le luxe d’un vrai silence sans bruit de moteur ou de circulation. Ce bruit et cette distraction sonores nous aident à oublier notre finitude et l’ennui que nous pourrions éprouver à rester seuls avec nous-mêmes. Nous sommes « éclatés », hors de nous-mêmes en permanence. Il est devenu extrêmement difficile pour un jeune de faire une véritable expérience de silence prolongé et –partant- d’intériorité.

Il y a donc urgence !! Comment se poser des questions, les laisser murir et se dénouer si l’on ne peut jamais être à l’écoute de son cœur profond ? Comment se connaitre soi-même sans silence ? Comment devenir réellement soi-même ?

Les jeunes ressentent de grands désirs, mais comment simplement les nommer, les reconnaitre sans un silence pour « rentrer en soi-même ? ». Quel est mon désir profond ? Mes émotions me donnent des informations mais elles sont insuffisantes pour savoir si ce désir constitue un chemin de bonheur. Ce qu’on sent ne suffit pas. La sincérité ne suffit pas. Que me dit ma conscience ? Il faut laisser résonner cela dans le silence.

Pour certains jeunes aujourd’hui, « ne pas avoir de portable », c’est rester libre. Combien de minutes peuvent s’écouler en silence sans appuyer de manière réflexe sur son portable ?

L’orientation scolaire, professionnelle peuvent être aussi une occasion de mieux se connaitre soi-même par l’effort d’introspection et de reconnaissance de ses talents auxquelles elles obligent.

La rencontre

Se connaitre soi-même passe par la rencontre avec l’autre. La vraie rencontre, c’est celle qui conduit à prendre conscience de l’existence de l’autre, (avec ses idées, son caractère qui lui sont propres et qui méritent un intérêt, une attention, une ouverture nouvelles) à chercher à le comprendre et à le reconnaître digne d’un intérêt plus grand que l’intérêt que je me porte à moi-même. Cette démarche de « sortir de soi » est un effort avant de devenir un besoin. Seul l’autre, avec le miroir qu’il me tend me permet de reconnaitre mes talents et mes faiblesses. L’autre m’empêche de me prendre pour un absolu, pour une référence. Je ne suis pas « tout ». Particulièrement dans l’expérience de la sexualité, je suis obligé de reconnaitre que je ne suis pas le tout de l’humanité puisque je n’en suis jamais que le représentant d’une moitié.

Les jeunes ont quelquefois un grand désir d’aventures, de bout du monde, d’humanitaire, d’exotisme et de découvertes. . Ce qu’ils cherchent au bout du monde, ils ne le savent pas mais c’est bien souvent d’abord de se trouver et se connaître soi-même. Ces aventures permettent de pousser les murs, d’exprimer un désir de générosité et de s’éprouver soi-même.

Elles ne seront fécondes que si de vraies rencontres peuvent se nouer, permettant de découvrir que quelle que soit la culture « un homme est un homme est un homme... » et que ce qui nous unit –notre commune humanité- est bien plus large que ce qui diffère. Ces aventures peuvent être très décevantes si elles restent à la surface dans une stigmatisation de l’autre : « ils » sont incapables de se développer, de se prendre en charge etc... parce qu’on n’a pas reconnu sa propre faiblesse à changer le monde ou à en être le sauveur et qu’on n’a pas été capable de passer de « je vais faire » à « je vais être avec ». Cette aventure peut se vivre près de chez soi avec les plus pauvres, malades, handicapés. Mais si lointaines soient ces aventures, c’est nous-mêmes et pas un autre que nous emmenons au bout du monde avec nos faiblesses et nos limites. Le jeune reviendra muri de ces expériences, sortes de passage initiatique, de prise de distance qui lui permettront d’achever de quitter ses parents et de choisir sa vie.

Rencontrer l’autre nécessite une aptitude au silence pour ne pas meubler tout l’espace qui nous sépare de l’autre avec « moi-je » et laisser de la place à celui qui est en face. Rencontrer l’autre me sort de moi-même, organisé autour de mon propre nombril, me sort de mon milieu et de ses limites pour élargir mon regard et mon cœur. La rencontre me décentre de moi tout en « élargissant les piquets de ma tente ». Je perds quelques illusions sur moi, j’arrête de me raconter des histoires et je gagne en humanité.

Ce que le jeune peut retirer de cette vidéo

- L’importance de travailler à creuser son intériorité et de se connaitre comme préalable à la rencontre
- La valeur du silence, la nécessité d’en faire un choix délibéré en débranchant tout ce qui distrait.
- Quelles ont été pour le jeune de vraies rencontres comme celle de Marion et son amie ?
- Faire prendre conscience des zones de l’être (cf web-série 2). Nous sommes corps, cœur, cerveau et conscience, les 4 « C ».

 

Mobilisation

MPLV 2018 bd

Coup de coeur

boutique orfevre 2018

Les derniers tweets

Les AFC sur Facebook

Actualités des familles La Croix