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Bioéthique : Etats généraux

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Episode 5 : Nous dormirons ensemble

Résumé : Le porno fait souvent l’éducation sexuelle des jeunes. Nous sommes alors loin du poème d’Aragon « Nous dormirons ensemble ». Amour, plaisir, sexualité.... comment articuler tout cela pour entrer dans une relation durable et épanouissante ?

Analyse de l'épisode

Le texte ci-dessous vous permet de construire une séance de réflexion avec les jeunes de l'âge concerné. Cette analyse s'adresse aux parents et éducateurs.

Omniprésente sur tous les supports visuels qui nous entourent, présentée comme une étape de croissance incontournable à caractère initiatique (« Tu l’as fait ? »), codifiée par les modèles véhiculés par l’industrie pornographique, encouragée par les visuels de l’Education Nationale, la sexualité, pour les adolescents de 2017, a perdu de son mystère en se dissociant du sentiment amoureux.

Le cœur bat encore, non sous l’effet des sentiments mais de la crainte de ne pas être assez performant et que cela se sache sur les réseaux sociaux. Le corps de l’autre pas plus que le sien propre ne gardent de secret : anatomie, physiologie et bons conseils ont contribué à assécher tout fantasme en montrant les corps sous toutes leurs coutures et dans toutes les positions.

Deux pré-requis persistent : le consentement mutuel qui tient lieu de réflexion éthique et la norme du sexe sûr pour se garder de la maladie ou de l’enfant. Hormis celles-ci, aucune norme n’existe, le seul message étant celui de la liberté absolue. En ce domaine, où l’adolescent se met à nu alors qu’il est si peu sûr de lui, on lui demande de tout choisir : orientation, pratiques et même identité sans que le chemin soit tracé pour le guider. Selon le mot d’un psychanalyste, nombre de jeunes ont « un psychisme en vrac » dans ce domaine.

Ce que cette vidéo veut montrer

La sexualité se confond faussement avec le sexe

Toute la personne, chaque cellule de son corps, est sexuée. Notre corps mais aussi notre psychisme, et même notre intelligence sont sexués. Pour des raisons d’idéologie égalitariste adossée aux études de Genre on tend à croire et à faire croire que seuls les caractères sexuels primaires et secondaires physiques seraient sexués. La « sexualité » n’engagerait alors « que » mon corps mais pas toute ma personne.

Mon corps m’appartient

Ce slogan des militants de l’avortement a contribué à désincarner la personne humaine : si mon corps m’appartient et que je peux le posséder et modeler à mon gré jusqu’à choisir son sexe, alors je le vois comme un objet en ma possession, objet qui est là pour 1) ma jouissance et 2) pour présenter une vitrine de moi-même. Mon corps m’appartiendrait comme un objet, alors même que j’accorde parfois plus d’attention à des objets du quotidien (mon portable, par exemple...) qu’à mon corps lui-même. Si mon corps m’appartient alors je pense que je peux le donner et le reprendre. Je peux consommer (avec son consentement) celui de l’autre, puis le lui rendre. Il n’y aurait pas de conséquence. Le sexe serait une saine hygiène physique.

La sexualité deviendrait de la consommation réciproque de sexe et rien d’autre. Les jeunes font l’expérience, (IVG, relation sexuelle sans lendemain, expérimentations sexuelles...), que ce qui touche leur corps touche toute leur personne alors même qu’on leur a enseigné le contraire. Ils découvrent, souvent douloureusement, que ce n’est pas : « mon corps ne m’appartient », mais plus justement : « mon corps, c’est moi ».

C’est par le corps que je me découvre différent et complémentaire de l’autre. Homme et femme sont comme les deux facettes d’une seule humanité. Et leur complémentarité, le sens de leurs corps faits pour le don, est comme écrit, inscrit dans leurs corps sexués. Le corps est cette part de moi-même qui manifeste à l’extérieur ce qui est à l’intérieur. Le corps est fait pour le don parce que toute la personne est faite pour le don d’elle-même. Cette signification du corps humain manque pourtant cruellement aux jeunes.

Deux normes s’opposent : la norme de la personne, que nous venons de décrire. Et la norme de l’objet. Si mon corps et le corps de l’autre sont pour notre seul plaisir alors le sens de notre corps change pour devenir un objet de plaisir.

Le plaisir est bon, il est pour la joie et l’amour du couple mais s’il n’est pas inscrit dans un don réciproque, il chosifie la personne. On essaye un objet mais on n’essaye pas une personne.

La pornographie et l’addiction qu’elle peut entrainer à développer sont l’aboutissement extrême de cette chosification. A contrario, le dégout peut saisir certains qui en viennent à se revendiquer du « no sex » ou de l’asexualité, courant qui se développe parmi les jeunes adultes.

Quel chemin pédagogique

- Une fois que l’on a pris conscience de ces deux chemins différents, il est important d’interroger les jeunes sur ce à quoi ils aspirent profondément à vivre ? qu’ils puissent formuler eux-mêmes avec leurs mots ce qu’ils désirent.
- Donner à voir ce que vit une femme/ un homme dans une relation amoureuse et sexuelle alors qu’ils sont engagés et donnés l’un envers l’autre :
• La femme se sentira plus belle, plus femme, plus désirable, épanouie. Révélée.
• L’homme se sentira plus incarné, plus connecté à lui-même. Il sort du rêve, du jeu et est ramené à l’essentiel, au présent, au réel.
- Ne pas cacher que le chemin du don de soi est un chemin qui demande des efforts. Mais c’est un chemin non seulement possible mais surtout magnifique, procurant infiniment plus de joies et de satisfactions au couple que le seul acte physique considéré isolément.
- La sexualité est « réussie » grâce au dialogue, à l’attention à l’autre, à la tendresse mutuelle. Ce n’est pas grâce à la sexualité réussie que l’entente du couple est bonne.... mais le contraire. L’harmonie sexuelle du couple tient à la qualité du don mutuel et non d’un accord physique plus ou moins technique. Les amoureux, les fiancés doivent parler, dialoguer, se dire l’un l’autre sur tous les sujets.....et ne pas laisser le langage des corps remplacer ce dialogue en profondeur.

Que dire de la sexualité ?

La sexualité est le summum de ce don vécu par le couple : je suis tout attentif à toi, à ce que tu ressens, à ta joie d’aimer et au plaisir vécu ensemble avec écoute, respect et délicatesse. Je peux me dénuder parce que je suis en complète confiance et je peux te toucher, me laisser toucher intimement parce que je suis sûr de toi. Je laisse monter en moi le désir sans relâcher mon attention pour toi. Je te reçois avec tout ce que tu es et je me donne à toi avec tout ce que je suis. Le don des corps dit le don des cœurs. Je me donne à toi avec toute l’attention, la tendresse et le respect que m’inspirent mon amour pour toi.

La relation sexuelle vécue ainsi sera épanouissante pour le couple dès lors qu’elle sera vécue dans la communion, quelle qu’en soit la « réussite » et même si elle ne répond pas à de soi-disant critères de performance ou techniques. Elle comblera les corps mais aussi les cœurs, faisant ainsi grandir l’amour du couple.

Ce que le jeune peut retirer de cette vidéo

- Comprendre le dilemme personne/objet avec ce que cela implique.
- Comprendre le sens du corps, fait pour le don de soi.
- Entendre avec des mots (et non des images....) ce qu’est la sexualité.

Rediffusion de la conférence

affiche conf chretiens et politique 2018 05 24

 

 

Coup de cœur

livre laetitia de calbiac

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