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Conférence Chrétiens et Politique

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Episode 6 : Le temps de l'attente

 

Résumé : Que faire de ce temps d’attente et de recherche de son alter ego ?

Analyse de l'épisode

Le texte ci-dessous vous permet de construire une séance de réflexion avec les jeunes de l'âge concerné. Cette analyse s'adresse aux parents et éducateurs.

Le mythe du prince (ou de la princesse) qui viendra un jour continue de vivre dans l’imaginaire de chacun donnant à chaque enfant, puis ado et jeune de croire qu’il y a une personne faite pour lui (ou pour elle) et que la vie se doit de satisfaire ce rêve. Ce mythe est, pour nous chrétiens, la trace vivante de la parole de Dieu « Il n’est pas bon pour l’Homme d’être seul, je veux lui faire une aide qui lui soit accordée » Gn 2,18. Il continue de tracer sa marque malgré les échecs, les fausses pistes ou les désillusions. La jeunesse est plus particulièrement le temps de cette attente, de cet espoir et de cette recherche.

Ce que cette vidéo veut montrer

Un couple sur deux se sépare en France, 2 sur 3 en région Parisienne et pourtant 97% des Français continuent de mettre la famille comme la toute première de leurs valeurs. Il y a donc, malgré les échecs, une aspiration à ce pour quoi chacun est « fait » profondément : vivre en couple et en famille. C’est cela qui donne sens à la vie et qui justifie notre condition humaine sexuée qui révèle plus profondément l’appel à la fécondité de chaque parcours de vie.

Pourquoi l’attente ?

Après 16-17 ans, après le bac, les choses évoluent mais c’est un peu le brouillard. On ne sait pas vraiment ni ce qu’on attend ni quoi mettre en œuvre pour. On passe très progressivement de l’espoir lointain à une attente plus concrète : études en vue d’un métier, plus large autonomie vis-à-vis de la famille, accès à la majorité, vie amoureuse... C’est une période où on se met à avancer visiblement. Le mot « attente » semble rendre compte de quelque chose de passif alors que c’est un temps d’attente active. L’enjeu est de transformer l’attente en « bâtir l’édifice de sa vie » en s’étant fixé un objectif, ou un idéal de vie : celui qui nous motive pour être utile et acteur pour soi et parmi les autres.

Il porte en lui-même une dimension qu’il faut déjà acquérir : Ce mot « attente » rappelle que nous nous inscrivons dans le temps. Ce temps –qui peut sembler long- est normal et nécessaire. Il va à l’encontre du « tout-tout-de-suite » auquel les jeunes sont constamment exposés et contrecarre l’envie frénétique de « prendre-consommer » pour ne pas avoir à différer ce à quoi on aspire, quitte à ne pas combler toutes les attentes (on revoit au rabais).

Mais on ne va pas attendre « pour rien » ni remplir ce qui serait « vide » par des choses qui vont encore moins donner de sens. L’enjeu est bien de « tracer sa route ».
Les plus impatients peuvent parfois être les parents qui peuvent revivre leur jeunesse à travers leurs enfants et souhaiter que toutes les « cases » (études, métier, couple) soit remplies. Ils savent que leur jeune depuis quelques années ne peut être comblé uniquement par l’amour parental et lui souhaitent donc de trouver l’âme sœur afin de bâtir son couple et sa famille à son tour. Le jeune peut souffrir de ce type d’attente, voire de pression parentale, parfois même non dite.

Les fausses pistes

L’attente peut se confondre avec la multiplication des expériences. Cela part de la fausse idée que pour rencontrer l’autre, il faut « essayer ». Le temps long, non borné est source d’angoisse à l’époque du temps instantané. Il suscite une peur du vide. On ne peut envisager d’être seul, de montrer que l’on est différent en n’étant pas « avec ». On pourrait inspirer de la pitié, être pris pour un « bolos ».

Les jeux sexuels aident à attendre. Il n’y a pas d’engagement du cœur. On teste des expériences de toutes sortes dans des « plans –cul ». Finalement, on se contente de peu en vivant au jour le jour. Il n’y a pas de question au-delà de l’horizon du quotidien. Pas de perspective, celle du couple et de la famille dont on rêve dans un avenir lointain n’étant pas du tout reliée avec ce que l’on vit ici et maintenant.

Pour beaucoup de jeunes, c’est le « désert » autour d’eux, on ne leur a pas transmis grand-chose, ou on a eu peur d’interférer, de ne pas le laisser développer leur personnalité. Ils ont peu d’exemples qui aident à grandir et on ne leur propose pas grand-chose hors de la consommation et de la jouissance. L’ambiance du monde occidental déresponsabilise les jeunes concernant la conséquence des actes sexuels, que cela soit sur le plan de la souffrance sentimentale ou celui de la conception d’un enfant. C’est encore accentué dans les milieux où on n’est pas obligé de travailler jeune et où les parents cautionnent.

Tout cela s’enracine dans un grand individualisme et une fausse conception de la liberté :
- L’individualisme car l’éducation, l’idéal, les mots d’ordre de la société poussent à l’indépendance : « n’avoir besoin de personne », « être autonome ». Jeunes garçons et filles ne voient plus ce qui leur manque, ce que l’autre sexe pourrait leur apporter, et réciproquement.
- Une fausse conception de la liberté, comprise comme avoir toujours le choix, non pour choisir mais pour rester dans cette potentialité. L’engagement apparait comme contraire à la liberté.
- L’instrumentalisation du corps pour suivre le diktat du plaisir dans le mimétisme.

Les enjeux de cette période : tracer un chemin cohérent en restant ouvert

Le jeune doit accepter de faire lui-même un bout de chemin pour murir, grandir, se poser des questions, savoir qui il est et à quoi il aspire, se former pour connaitre les clés pour réussir. C’est le temps où il peut multiplier les échanges et les rencontres pour mieux se connaitre. Ayant davantage d’autonomie et, le plus souvent pas encore de responsabilité professionnelle ou familiale, il est disponible pour s’engager de nombreuses manières, dans le monde sportif, militant, artistique, caritatif, éducatif, pour voyager, donner de son temps etc.... toutes occasions d’ouvrir plus large son champ de vision sur les autres, sur le monde et construire et approfondir des amitiés pour la vie.

L’enjeu est aussi d’évoluer en douceur vers la prise de responsabilités et de ne pas rester un éternel étudiant vivant en « coloc », suspendu à son profil, à son réseau et à sa « vie sociale ».

L’enjeu enfin est de choisir des lieux de vie où il ne reste pas seul, où il peut être reconnu comme une belle personne, être reconnu dans ses choix personnels aussi. Des lieux où faire grandir l’estime de soi grâce à des personnes qui l’estiment.

Accepter de ne pas savoir quel sera l’avenir, mais ne pas s’inquiéter, se faire confiance (nous sommes dignes d’être aimés) et faire confiance à la vie. Avancer sans savoir quel sera le terme. Accepter le « jeûne » affectif pour être tout disponible à la rencontre –en particulier avec cet « alter ego » que j’espère. Avoir ainsi de la place, paisiblement, pour accueillir. A défaut, se mettre en couple trop tôt ne permet plus de « voir », d’être attentif à celui qui serait pour moi. A 17-18 ans, c’est trop tôt. Il est préférable d’attendre. Il est toujours possible de consentir –ou pas- au sentiment amoureux. Des couples formés tôt, qui ne se sont jamais séparés ont beaucoup de mal à poser un choix libre l’un pour l’autre. A contrario, en étant trop tôt et toujours à deux, ils shuntent ce temps qui pourrait être consacré à construire de solides amitiés.

Ce que le jeune peut retirer de cette vidéo

- La différence entre le « tout-tout-de suite » et l’inscription dans le temps long de l’attente et les fruits qui en découlent.
- La nécessité de vivre ce temps avec des amis, de ne pas être seul.
- La nécessité d’entrer dans un chemin de construction, d’attente active, de « tracer sa route ».

 

Conférence

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Coup de cœur

livre laetitia de calbiac

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