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Conférence de carême avec Antoine Renard

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Dimanche 10 avril mars à la cathédrale Notre Dame de Paris sur le thème : « Le rôle de la famille dans la vie de la cité : confiance ou contradiction ? »

M. Jacques Arènes, psychanalyste – M. Antoine Renard, Président des Associations Familiales Catholiques
Conférence le dimanche à 16h30 suivi d’un débat à 17h15.

Les sources de contradictions et d’insatisfactions entre personne, famille et société sont nombreuses, car leurs liens et leurs attentes réciproques, toujours aussi forts, restent à dépassionner. Cette situation est-elle irrémédiable ? Non ! Lieu premier de la relation interpersonnelle, la famille dispose de tous les atouts pour être à la hauteur de sa vocation sociale. Ainsi, après avoir éclairci les aspirations légitimes qui se font jour, nous proposerons des pistes concrètes pour que, dans toutes les familles, "batte le cœur de la société".

 

« La famille cœur battant de la société »

Cellule fondamentale de la société, comme l'affirme encore la Charte Sociale Européenne, la famille est une institution antérieure à toutes les autres formes d'organisation sociale.

Lieu d'accueil de la vie, lieu des premiers pas dans la vie, elle est avec la jeunesse au centre de l'engagement de toute société pour l'avenir.

Premier lieu d'apprentissage de l'Amour, amour que l'on ressent, que l'on reçoit puis que l'on donne, amour qui nous apprend à vouloir et faire le bien de l'autre, la vie en famille nous enseigne la responsabilité que nous avons de celui ou celle qui nous apprivoise. Parce qu'elle est cette école de l'Amour, la famille est « le cœur battant de la société ».

La famille est en crise, Benoît XVI l'a dit explicitement ; la société aussi, tout le monde le voit. Peut-on trouver des remèdes à ces maux qui créent de la souffrance et freinent nos élans personnels et collectifs ? Que peut faire la société pour qu'elles jouent leur rôle dans la poursuite de l'aventure humaine et apportent leur contribution au bien commun ? Que peuvent faire les familles pour que la société trouve des raisons nouvelles de justifier la confiance dont leur vie a besoin ?

Telles sont les questions auxquelles cette réflexion va tenter de répondre, en partant de l'observation de quelques faits.

Tous les sondages l'attestent : la réussite de sa vie de famille est le vœu le plus cher, pas seulement des Français ou des Européens, mais de tous les jeunes, y compris dans les pays où on ne mange pas à sa faim. Ceci nous dit quelque chose de ce qui est au cœur de l'homme. Dans son aspiration légitime au bonheur, chacun y voit un avenir ouvert, une qualité de vie. Tous nous souhaitons « réussir » notre vie de couple d'abord, « accomplir » parfaitement notre mission de parent ensuite. Chacun entrevoit dans la vie de famille le creuset du bonheur et un accomplissement possible ; il y consacre un investissement initial fort et en exprime des attentes tout aussi fortes.

Mais, c'est le deuxième fait, les mariages de raison ou facilités voire arrangés entre familles ont vécu. Les liens familiaux sont désormais marqués par une valorisation du sentiment, une exigence et une quête d'authenticité, éléments qui colorent toute la vie des familles. Cette dimension se trouve par ailleurs légitimée par les sources de tension pesant sur les personnes et les familles, particulièrement dans les périodes de crise désormais récurrentes, où le sentiment est tellement absent et son espoir toujours frustré puisqu'il se heurte à la froideur de la logique : chômage, avenir incertain, difficulté à éduquer les enfants...

Or, troisième fait, dans le même temps, l'Etat, progressivement contesté dans son rôle d'autorité, a été conduit à asseoir sa légitimité, certes sur la démocratie et donc l'intérêt général, mais surtout sur sa capacité à établir un Etat de droit. Et c'est là que commencent le divorce ou la contradiction entre la famille et la société, puisque l'Etat ne sait pas établir un droit autrement que sur des réalités objectives ; il ne saurait le faire sur des réalités subjectives, et donc évidemment pas sur le sentiment. Il ne se sent pas autorisé à intervenir dans les affaires de sentiment, sauf si leur excès vient à troubler l'ordre public. Il est ainsi inexorablement conduit à reléguer les sentiments personnels dans ce qu'il est convenu d'appeler la sphère privée, y compris l'union des personnes, et la famille n'est alors plus comprise comme cellule de base de la société, mais comme cellule tout court sans lien structurel avec cette dernière, dès lors qu'elle-même revendique pour sa constitution la primauté du sentiment.

Enfin, quatrième fait, en tout cas pour nos pays d'Europe occidentale, l'exceptionnel développement économique des dernières décennies a produit des écarts de revenus considérables et croissants. Les pouvoirs publics ont été conduits à concentrer leur attention sur les situations de marginalisation ou d'exclusion et à mettre en œuvre une politique d'accompagnement social et d'assistance sans précédent. Dans une vision optimiste, on pourrait penser que, devant la montée des revendications individuelles, l'Etat a d'abord fait implicitement confiance aux familles, négligeant de plus en plus de leur exprimer cette confiance. Or, faute de confiance, rien ne peut tenir.

Face à ces constats, il ne s'agit pas de restaurer un ordre ancien, mais de trouver les fondements d'une coopération renouvelée entre famille et société, coopération ou complicité dont l'une et l'autre ont besoin pour permettre l'épanouissement des personnes dans le cadre d'enjeux collectifs. Trois domaines apparaissent essentiels : le couple, l'éducation, la solidarité. Essayons de voir pour chacun d'eux ce qui pourrait être fait.

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