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Interview de Jean-Marie Andrès à l'occasion de la RMF 2018

logo rmf 2018 dublin 215x293Jean-Marie Andrès, président des Associations familiales catholiques (AFC) et partenaire de KTO, à l’occasion de la Rencontre Mondiale des Familles 2018, a répondu aux questions du KTOmag. Voici cette interview.

logo ktomag: La Rencontre mondiale des familles se tient tous les trois ans. Après Philadelphie, des familles de toute l’Irlande et du monde entier vont se retrouver à Dublin. Quel est l’intérêt de cette rencontre ?

jean marie andres rmf 2018Jean-Marie Andrès : Il s’agit, pour l’Église, d’une rencontre pour continuer à diffuser la Bonne Nouvelle de la famille. Pour les familles, et pour les associations qui se retrouvent là-bas, c’est l’occasion après trois ans de chemin, d’échanger. Sur ce qui a été tenté, ce qui a été accompli, ce qui a fonctionné, ou pas…
Et en définitive, il y a un côté sympathique de se dire qu’on n’est
pas seuls, de voir que d’autres familles autour du monde suivent et travaillent l’enseignement de l’Église.

 

KTOmag : Le contexte de bouleversements profonds de la société irlandaise et des scandales de pédophilie, à l’image des sociétés contemporaines, ne manifeste-t-il pas un rejet de la morale chrétienne ?

Jean-Marie Andrès : Les scandales de pédophilie, qui ne sont pas le propre de l’Église d’Irlande, montrent que l’enseignement de l’Église sur la personne, homme et femme, concerne toute personne et en particulier ceux qui font le choix du célibat.
Ces scandales rendent plus difficile l’enseignement de l’Église. Qui donc sont ces gens dévoyés qui dictent une morale exigeante et mènent une vie scandaleuse ? Dès lors le défi pour tous les chrétiens, pour l’Église, est de permettre à chacun de faire la part des choses. Dublin, c’est rassembler des familles qui vont témoigner de la beauté de cet enseignement de l’Église. Un contrepoison.
Mais il s’agit de montrer que les familles sont humbles et joyeusement au travail. Pour elles, vivre l’enseignement de l’Église est une attention au quotidien et non un enfermement dans un enseignement abstrait.

KTOmag : Le thème de cette rencontre 2018 est « L’Évangile de la famille, joie pour le monde ». Comment rendre audible et crédible
ce message dans nos sociétés contemporaines ? Quel témoignage les catholiques sont-ils invités à porter aujourd’hui ?

Jean-Marie Andrès : La joie est un des fruits de l’enseignement de l’Église. Une joie à offrir au monde. Mais pour accéder à la joie, il ne suffit pas de respecter des préceptes… La joie, c’est aussi celle d’un chemin, difficile puisqu’il s’agit de sortir de soi et d’aller vers l’autre, son conjoint.
Le chrétien n’est crédible que parce qu’il s’est mis en route. Et notre foi est d’abord celle du coeur qui travaille à quitter une posture d’obéissance, de crainte ou de conformité, pour aimer ce que nous essayons de vivre.
Car notre mystère est difficile. Un être humain créé homme et femme pour être heureux à deux, du fait même de la différence totale ! Une révélation et une croissance mutuelles, qui découlent de la conjugaison de tout ce qui est féminin chez l’une et masculin chez l’autre ! Car nous ne sommes pas d’abord deux pour la procréation, mais pour révéler l’autre et servir la Création dans son ensemble. C’est un mystère qu’on ne cesse d’approfondir.

Un exemple. Quand, au moment de la loi sur le mariage pour tous, nous avons dû choisir notre slogan, notre choix s’est porté sur la problématique de l’enfant qui a besoin de deux parents, père et mère. C’était juste, mais cela révélait qu’en matière de mariage, il nous est encore difficile d’avoir une expression claire, forte et convaincante avec tous. Nous catholiques, nous sommes encore trop souvent incapables de dire mieux que « c’est le bon Dieu qui l’a voulu comme ça », que l’on exprime d’ailleurs par « c’est la morale naturelle ». Un peu court.
Et il en va de même pour les nombreuses questions soulevées aujourd’hui dans le cadre de la révision des lois de bioéthique, quant à la place du corps, de l’étreinte, et de l’intention dans la paternité. Ces questions devront être pour nous autant d’occasions pour grandir et dialoguer avec le plus grand nombre.

KTOmag : De quoi les familles catholiques ont-elles besoin aujourd’hui ? Selon vous, quel message le pape François leur porte-t-il ?

Jean-Marie Andrès : Les familles catholiques ont besoin de pasteurs et de frères qui les accompagnent : pour approfondir un enseignement déjà très dense, notamment celui de Jean-Paul II, pour le « matérialiser », « l’incarner », dans notre vie. Pour savoir l’exprimer aux autres.
Or, une Église qui entoure, c’est une Église où les catholiques s’entourent mutuellement. Le pape François met l’accent sur une famille non pour elle-même, mais pour le monde. Il faut se méfier de la famille parfaite et égocentrée, celle du « restons entre nous… » La famille enseignée par Jésus Christ, passe par la famille au service : de l’autre, des autres, du monde, de la création. Une famille face au monde, en vérité et avec bienveillance. Ce sera pour elle une source de bienfaits irremplaçables : car chacun ne se révèle… qu’au contact des autres.


Source : logo ktomag n°412-413 Août 2018
Suivez la Rencontre Mondiale des Familles à Dublin surlogo kto1 avec les AFC

 

Coup de cœur

Couverture du livre de Pascale Morinière - Au secours mon bebe a grandi

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