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Eduquer au quotidien

La cuisine ou comment passer du temps en famille

Fotolia cuisine avecenfantUne question a été posée aux participants d’un Chantiers-Éducation du Nord de la France : qu'est-ce qui se vit en famille dans votre cuisine ? En compilant quelques réponses, on se rend vite compte que la cuisine est un centre névralgique de la maisonnée, un lieu où passer un temps de qualité avec ses enfants, une chance de recevoir leurs confidences, de nombreuses occasions de transmettre des gestes et des valeurs. Bref, vous vous demander comment vous rendre disponible et passer du bon temps en famille ? Voici quelques éléments de réponses.

Témoignage d’Annick, mère et grand-mère

La cuisine est le lieu privilégié pour se parler sans se regarder, un peu comme dans la voiture d'ailleurs. Quand je cuisinais, mes enfants étaient là, à côté, à dessiner, écouter des cassettes, faire de la pâte à modeler... bref, tout près de moi. Ils avaient besoin de cette proximité, de cette relation... et c’est plus facile de se confier pendant que maman épluche, cuisine, lave la vaisselle...

Mais la cuisine c’est aussi le lieu qui rassemble, grâce aux repas quotidiens. La salle à manger est utilisée principalement le dimanche midi ou pour des occasions festives, ou quand nous sommes trop nombreux pour manger dans la cuisine...

Se rassembler aux repas fait partie des bons moments, bruyant certes, mais c'est l'unité de la famille qui se construit à travers ses 3 rendez-vous quotidiens. C’est un lieu et un moment où l’on apprend les règles de respect de l'autre : attendre que le dernier soit servi pour commencer à manger, servir de l'eau aux autres avant de se servir soi, se servir dans les plats raisonnablement pour que tous aient en quantité égale, s'écouter, partager sa journée, ses projets, ses idées...

Pour que chaque repas soit un bon moment en famille, l'idéal est de faire un bon plat, ou un bon dessert régulièrement... au diable les kilos ! Le chemin du cœur passe aussi par l'estomac !

Témoignage de Marina, mère de 4 enfants de 9 à 17 ans

Cette question m’a fait sourire, vu la taille de ma cuisine ! Une grande pièce qui est le cœur de notre maison et de notre vie de famille, mais pas forcément pour les préparations de repas car j’ai horreur de cuisiner !

C’est donc la pièce principale chez nous : les principaux moments où nous sommes tous les 6 se passent là ! La plupart du temps ma fille de 17 ans passe ses weekends enfermée dans sa chambre et ne descend que pour les repas !! Si on doit discuter avec elle, c’est en privé dans sa chambre car elle a horreur de parler devant les petits !

Pour les trois autres, les devoirs, les remontrances, les engueulades se font dans la cuisine ! On y vit aussi énormément de bons moments, surtout lors des repas avec les amis qui peuvent s’y tenir vu la taille de la pièce !

Témoignage de Stéphanie, mère de 3 enfants de 1 à 6 an

La cuisine est à la fois le cœur de la maison mais aussi du foyer. C'est la pièce où nous passons le plus de temps en famille ! Pendant que je cuisine ou que je fais la vaisselle, les enfants sont avec moi et jouent (pâte à modeler, dessin...), on peut même se demander parfois à quoi sert la salle de jeux, la cuisine en est devenue une annexe !
C'est aussi dans la cuisine que j'organise les "activités manuelles" salissantes avec les enfants : préparation d'un gâteau, peinture, Sablimage, etc.... l'occasion d'un tête à tête avec un enfant en particulier, chacun son tour ou parfois tous ensemble.
Quand les enfants ont besoin de me parler (ou qu’ils se sont disputés et arrivent en larmes...) ils savent où me trouver, idem pour Julien, mon mari, quand il rentre du travail.

Nous prenons tous nos repas dans la cuisine, c'est à la fois l'occasion de passer un bon moment ensemble, d'apprendre.... (Comment tenir ses couverts, mettre une serviette.... Bref les bases !), et de confier des petites missions qui renforcent la confiance en soi de mes petits (ranger leur assiette/couverts/verre dans le lave-vaisselle, apporter un "plat qui casse" à table). C'est aussi l'occasion pour chacun de raconter sa journée, de communiquer, de se poser et de faire attention aux autres, par exemple les grands frères s'extasient devant leur petite sœur de 15 mois qui parvient à tenir sa cuillère toute seule.

Les repas festifs se prennent dans la salle à manger mais il n'est pas rare, quand nous recevons de la famille ou des amis proches, de manger dans la cuisine afin que je puisse participer aux conversations et en général tout le monde met la main à la pâte pour gérer le repas ! C'est un peu la conséquence de la "mode" des cuisines ouvertes, cela renforce la convivialité et les échanges.

Retrouvez également notre dossier sur la cuisine en famille

Apprendre à donner

fête des pèresQuand on a annoncé à tante Prudence - qui n'avait jamais eu d'enfant - qu'elle avait enfin une place dans une maison de retraite, je suis venue l'aider à trier ses affaires avant qu'elle ne quitte définitivement son appartement.
Je me souviendrai toujours de son immense armoire auvergnate qui trônait dans l’entrée. Elle était remplie de petits et grands trésors accumulés depuis des lustres et qui retraçaient l'histoire de toute une vie.

Chaque étagère indiquait son contenu par une minuscule étiquette comblée d'une écriture fine et pointue à l'encre noire à demi effacée. Ainsi, tout en bas, la soigneuse calligraphie tremblotante résumait : « Petits cadeaux à offrir pour les petites occasions ».
Au-dessus, de la même plume appliquée, on lisait « Beaux cadeaux à offrir pour les naissances, les baptêmes, les fêtes ».
Sur l'étagère du milieu, à portée de main, on déchiffrait aisément les pleins et déliés dessinées avec délicatesse : « Très beaux cadeaux à offrir pour les mariages ».
Et tout en haut, je reconnu le même perfectionnisme : « Trop beaux cadeaux : à ne jamais donner !!!! »... Pour une très vieille dame sans héritier, qui ne montait plus sur les escabeaux depuis bien longtemps et qui avait bien perdu 30cm de sa belle stature, oh ! Combien c'était compréhensible !

Cette armoire à cadeaux à fait surgir en moi plein de questions ! Moi qui ai des enfants à élever, comment je construis l’armoire à cadeaux de chacun d’entre eux ? Est-ce que j'éveille leur cœur à la vie qui se fête autour d'eux ? Est-ce que j'aiguise leur volonté, leur intelligence à se donner les moyens de concrétiser leur solidarité ? Comment ouvrir les verrous de l’inépuisable et inconditionnelle générosité dont chaque cœur humain est capable ? Qu’est ce qui empêche de nous hisser tout en haut de l'armoire ?

En attendant de trouver les réponses, j'ai gardé l'idée : entreposer des cadeaux d'avance, ça permet de gagner du temps et de s'habiller le cœur !

Béatrice, Chantier-Éducation du Vaucluse

[Témoignage] Harcèlement à l’école

Fotolia 89372195 XSL’école, c’est « ce lieu clos - utopie - construite pour accueillir élèves et moyens de la formation, se veut sécurisé, juste (grâce à un système) de sanctions et de récompenses ; et où l’on veut des égaux (classe d’âge). pour croître dans la paix » nous rappelle le philosophe Jean-Noël Dumont.

Tu parles ! Dans ce lieu utopique, 10 % des enfants sont victimes de harcèlement ! Ces chiffres ne cessent d’augmenter, de quoi préoccuper parents et enseignants ; même les médias s’emparent du sujet. Chouette ! Si on s’en préoccupe aujourd’hui, demain on s’en occupe !

Mais qu’est-ce que le harcèlement ?

Selon la revue de l’APEL, en 2016: « Il s’agit d’une action qui se répète régulièrement (pas forcément tous les jours), où les forces sont inégalement réparties (un individu face à un groupe, un costaud face à un plus chétif...) imposant un rapport dominant-dominé, le tout accompagné d’une volonté délibérée de nuire. Les jeunes qui vivent de réelles situations de harcèlement sont enfermés dans une relation d’emprise, sans échappatoire possible. »

Quand j’ai enfin appris – 6 mois d’enfermement, de silence, de honte - que ma fille, petite nouvelle en 6ème, a connu une situation semblable, parce qu’elle ne s’habillait pas « comme il faut », mon sang n’a fait qu’un tour ! Je me suis précipitée sur la jolie petite collégienne à couettes qui multipliait dérisions et insultes.

Attention aux réactions impulsives

En 3, 4 questions j’ai repéré son point faible - la peur du quand dira-t-on - et la question a été réglée sur le champ quand j’ai lu dans son regard la réponse à ma proposition : « serais-tu d’accord pour que je répète à toutes les personnes de l’école que ce tu dis à ma fille vient bien de toi ? »

Avec le recul, j’ai regretté ma réaction !

Ça aurait pu ne pas fonctionner du tout, ce qui aurait augmenté l’angoisse de mon enfant et la mienne ! Imaginez donc ! « Mes propres parents sont impuissants pour arrêter ça ! » Et dans mon cas, j’ai perdu une amie parce que cette petite diablesse était la fille...d’une très bonne copine !

J’en ai tiré les conclusions suivantes.

Il aurait été plus sage de tenir compte :

1 - de mon état émotionnel,
2 - du personnel encadrant de l’école, concerné au premier chef par ces attitudes qui se doit de développer les compétences ad hoc pour le combattre,
3 - du fait qu’on se trouve, en fait, face à deux victimes ; on oublie un peu trop facilement que le « bourreau » agit ainsi en raison de problèmes qui peuvent être graves, qu’il ne parvient pas à surmonter !

Donc patience ! La situation demande un peu de temps, beaucoup de maitrise de soi, énormément de compassion !

Des pistes pour avancer

Toutefois quelques pistes peuvent vous aider, vous parents, pour prévenir et guérir chez vos enfants les méfaits du harcèlement. Des pistes qu’on découvre en Chantier-Éducation d’ailleurs, vous savez ces groupes de partage entre parents !

1. Instaurer un climat d’écoute entre vous et vos enfants : les petits enfants doivent tout pouvoir vous dire et en tant que parents je dois tout pouvoir entendre. Je prête mes deux oreilles et je donne du temps !
2. Enseigner l’horreur du mensonge : ennemi n°1 de la confiance.
3. Construire la relation aux autres : créer des amitiés, des liens avec d’autres adultes aussi (grands-parents...)
4. Etablir de bonnes communications, à commencer par le communication non-verbale : regarder dans les yeux, bien campé sur ses pieds ; mettre des mots sur ses émotions, les partager... Apprendre à dire des oui fermes, des non résolus.
5. Cultiver son assurance et son estime de soi : toute vie est sacrée. Repérer les qualités de ses enfants, les encourager en leur confiant des responsabilités.
6. Apprendre l’autonomie, la culture du jardin secret : elles permettent de faire grandir la confiance et le respect mutuel. Elles développent un esprit d’indépendance, d’une juste distance par rapport aux autres, utile notamment en cas de relation pesante, voire nuisible.
7. Acquérir une vision positive de la vie : savourer consciemment ce qui est donné de beau à voir, à entendre, à goûter chaque jour....
8. Relativiser ce qui ressemble à une forme de toute-puissance de son adversaire. Se dire : j’ai affaire à des personnes dans l’épreuve, blessées, malades.
9. Garder sa place et discerner avec prudence : l’empathie n’est pas la prise en charge ; la peur et la honte n’est pas le refus de l’influence ; ne pas refuser la responsabilité des actes et des paroles à leur auteur.
10. Enfin expliquer la racine du mal : l’enfant qui harcèle est enfermé dans un cercle vicieux : il dépend de sa victime pour jouir de façon illusoire en ce qu’il croit être sa force.

Et si nous allions jusqu’au bout ? A lui aussi, donnons de bonnes raisons d’aimer sa propre vie !

Béatrice, Chantier-Éducation du Vaucluse, maman d’une petite fille qui « ne s’habillait pas comme il faut » avec le site PetitPouce.fr

Voir aussi l'article Harcèlement scolaire : le déceler et le combattre

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