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[Témoignage] Harcèlement à l’école

Fotolia 89372195 XSL’école, c’est « ce lieu clos - utopie - construite pour accueillir élèves et moyens de la formation, se veut sécurisé, juste (grâce à un système) de sanctions et de récompenses ; et où l’on veut des égaux (classe d’âge). pour croître dans la paix » nous rappelle le philosophe Jean-Noël Dumont.

Tu parles ! Dans ce lieu utopique, 10 % des enfants sont victimes de harcèlement ! Ces chiffres ne cessent d’augmenter, de quoi préoccuper parents et enseignants ; même les médias s’emparent du sujet. Chouette ! Si on s’en préoccupe aujourd’hui, demain on s’en occupe !

Mais qu’est-ce que le harcèlement ?

Selon la revue de l’APEL, en 2016: « Il s’agit d’une action qui se répète régulièrement (pas forcément tous les jours), où les forces sont inégalement réparties (un individu face à un groupe, un costaud face à un plus chétif...) imposant un rapport dominant-dominé, le tout accompagné d’une volonté délibérée de nuire. Les jeunes qui vivent de réelles situations de harcèlement sont enfermés dans une relation d’emprise, sans échappatoire possible. »

Quand j’ai enfin appris – 6 mois d’enfermement, de silence, de honte - que ma fille, petite nouvelle en 6ème, a connu une situation semblable, parce qu’elle ne s’habillait pas « comme il faut », mon sang n’a fait qu’un tour ! Je me suis précipitée sur la jolie petite collégienne à couettes qui multipliait dérisions et insultes.

Attention aux réactions impulsives

En 3, 4 questions j’ai repéré son point faible - la peur du quand dira-t-on - et la question a été réglée sur le champ quand j’ai lu dans son regard la réponse à ma proposition : « serais-tu d’accord pour que je répète à toutes les personnes de l’école que ce tu dis à ma fille vient bien de toi ? »

Avec le recul, j’ai regretté ma réaction !

Ça aurait pu ne pas fonctionner du tout, ce qui aurait augmenté l’angoisse de mon enfant et la mienne ! Imaginez donc ! « Mes propres parents sont impuissants pour arrêter ça ! » Et dans mon cas, j’ai perdu une amie parce que cette petite diablesse était la fille...d’une très bonne copine !

J’en ai tiré les conclusions suivantes.

Il aurait été plus sage de tenir compte :

1 - de mon état émotionnel,
2 - du personnel encadrant de l’école, concerné au premier chef par ces attitudes qui se doit de développer les compétences ad hoc pour le combattre,
3 - du fait qu’on se trouve, en fait, face à deux victimes ; on oublie un peu trop facilement que le « bourreau » agit ainsi en raison de problèmes qui peuvent être graves, qu’il ne parvient pas à surmonter !

Donc patience ! La situation demande un peu de temps, beaucoup de maitrise de soi, énormément de compassion !

Des pistes pour avancer

Toutefois quelques pistes peuvent vous aider, vous parents, pour prévenir et guérir chez vos enfants les méfaits du harcèlement. Des pistes qu’on découvre en Chantier-Éducation d’ailleurs, vous savez ces groupes de partage entre parents !

1. Instaurer un climat d’écoute entre vous et vos enfants : les petits enfants doivent tout pouvoir vous dire et en tant que parents je dois tout pouvoir entendre. Je prête mes deux oreilles et je donne du temps !
2. Enseigner l’horreur du mensonge : ennemi n°1 de la confiance.
3. Construire la relation aux autres : créer des amitiés, des liens avec d’autres adultes aussi (grands-parents...)
4. Etablir de bonnes communications, à commencer par le communication non-verbale : regarder dans les yeux, bien campé sur ses pieds ; mettre des mots sur ses émotions, les partager... Apprendre à dire des oui fermes, des non résolus.
5. Cultiver son assurance et son estime de soi : toute vie est sacrée. Repérer les qualités de ses enfants, les encourager en leur confiant des responsabilités.
6. Apprendre l’autonomie, la culture du jardin secret : elles permettent de faire grandir la confiance et le respect mutuel. Elles développent un esprit d’indépendance, d’une juste distance par rapport aux autres, utile notamment en cas de relation pesante, voire nuisible.
7. Acquérir une vision positive de la vie : savourer consciemment ce qui est donné de beau à voir, à entendre, à goûter chaque jour....
8. Relativiser ce qui ressemble à une forme de toute-puissance de son adversaire. Se dire : j’ai affaire à des personnes dans l’épreuve, blessées, malades.
9. Garder sa place et discerner avec prudence : l’empathie n’est pas la prise en charge ; la peur et la honte n’est pas le refus de l’influence ; ne pas refuser la responsabilité des actes et des paroles à leur auteur.
10. Enfin expliquer la racine du mal : l’enfant qui harcèle est enfermé dans un cercle vicieux : il dépend de sa victime pour jouir de façon illusoire en ce qu’il croit être sa force.

Et si nous allions jusqu’au bout ? A lui aussi, donnons de bonnes raisons d’aimer sa propre vie !

Béatrice, Chantier-Éducation du Vaucluse, maman d’une petite fille qui « ne s’habillait pas comme il faut » avec le site PetitPouce.fr

Voir aussi l'article Harcèlement scolaire : le déceler et le combattre

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