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Eduquer au quotidien

Éducation financière : une affaire de famille !

Les enfants et l’argent, voici un vaste sujet qui allie éducation et consommation. De la petite souris au budget étudiant, les parents sont confrontés à la question de l’éducation à l’argent. Pour les y aider le numéro de La Vie des AFC de mars-avril 2016 interroge Christophe Bernes, Chef de projets Éducation-Formation de l’Institut National de la Consommation. Celui-ci éclaire les lecteurs la nécessité d’éduquer les enfants à la consommation. Pour illustrer ses propos il propose deux cas pratiques : le premier téléphone portable et les dépenses de loisirs. Retrouvez ces exemples concrets qui vous aideront à aiguiller vos enfants en quête d’autonomie.

stockvault iphone with headset112169Le premier téléphone portable

Le premier téléphone portable d’un enfant est un grand pas vers l’autonomie. Assurez-vous que votre enfant peut assumer cette responsabilité et que vous êtes prêts ensemble à accepter les incidences financières avant de signer un contrat.

Imposez un usage raisonnable

Si vous croyez que votre enfant est prêt à avoir un téléphone portable, assurez-vous ensemble que vous comprenez ce que vous acceptez avant de signer un contrat. Prenez-le temps de comparer attentivement les divers forfaits avec lui. Discutez des coûts réels de l’utilisation d’un téléphone portable. Vous ne sauriez jamais trop insister sur le respect des conditions du forfait !
Il est très facile de se laisser emporter par la messagerie sms, les téléchargements, la transmission de photos, les appels, la navigation sur Internet et l’achat de services (applications, sonneries, etc.). Ces utilisations peuvent se traduire par des centaines d’euros en frais supplémentaires lorsque le forfait est limité.

Examinez la facture mensuelle

Chaque mois, à l’arrivée de la facture du téléphone portable de votre enfant, asseyez-vous avec lui pour la comparer au forfait original. Examinez la facture option par option.
Y-a-t-il des surprises? Votre enfant a-t-il respecté le budget établi ? Sinon, demandez-lui ce qu’il compte faire à l’avenir et comment il prévoit de payer les frais supplémentaires.
Si l’opérateur de téléphonie semble avoir fait une erreur, communiquez immédiatement avec lui pour corriger la situation.

Conseils

- Vérifiez les frais ajoutés – Examinez attentivement les frais ajoutés à la facture du téléphone portable. Assurez-vous de distinguer les appels, les messages sms, les téléchargements de musique, l’utilisation du Web et les frais éventuels de transmission de photos (mms). Les caractéristiques additionnelles sont intégrées aux appareils pour une raison évidente : faire en sorte que vous utilisiez plus de temps et donc que vous dépensiez plus d’argent.
- Comparez les forfaits – Choisissez les services que vous voulez pour votre forfait portable et vérifiez auprès de tous les fournisseurs du marché. N’acceptez pas la première offre! Vous pouvez souvent obtenir des tarifs très réduits si vous faites preuve de patience et de détermination. N’oubliez pas de tenir compte du coût du téléphone portable lui-même. Un appareil « gratuit » ou à prix réduit peut exiger que vous signiez un contrat de deux ans.
- Soyez un signataire actif – Les enfants ont besoin d’un signataire majeur pour obtenir un téléphone portable. Lorsque vous signez le contrat, vous acceptez la responsabilité à l’égard de tout problème de paiement. Rappelez-vous que juste après avoir signé pour un forfait, il est difficile de vous en défaire rapidement sans payer une pénalité importante.

Les dépenses de loisirs

Être responsable à l’égard de l’argent ne signifie pas que l’enfant ne peut pas s’amuser. Il existe de nombreuses façons de passer des bons moments avec ses amis tout en continuant d’apprendre à gérer judicieusement ses finances personnelles.

Soirée de cinéma

Encouragez votre enfant à organiser une soirée de cinéma à la maison avec quelques amis. Un peu de planification, et voilà une solution de rechange agréable à une sortie au cinéma.
Aidez votre enfant à comparer les coûts.

Par exemple :

Quatre amis vont au cinéma et achètent :
- des places : 36€
- du maïs soufflé 20€
- des boissons 12€
Total 68€

Quatre amis regardent un film à la maison et payent :
- la location du film (téléchargement payant ou vidéo à la demande) 5€
- du maïs à éclater et éclateur de maïs (que vous l’un d’entre eux a peut-être déjà chez lui) 20€
- une ou plusieurs bouteille de jus ou de soda 5€
Total 30€

Si tous contribuent aux achats, ils peuvent obtenir un film, du maïs soufflé, un éclateur de maïs et des boissons à un coût considérablement moindre que s’ils étaient allés au cinéma. De plus, l’éclateur de maïs demeurera à la maison pour que les enfants économisent encore plus d’argent la prochaine fois!

Conseils

- Résister à la pression des pairs – Il est important d’expliquer à votre enfant qu’il ne doit pas toujours imiter ses amis qui dépensent leur argent en activités, gâteries ou babioles. Il devrait toujours s’arrêter et tenir compte des articles qu’il ne pourra peut-être pas s’offrir s’il dépense son argent sur un coup de tête ou simplement pour être « branché ».

- Se méfier des stratagèmes de marketing – Bon nombre d’entreprises ont recours à la pression des pairs et à la conformité pour commercialiser leurs produits auprès des jeunes. Il est important de rappeler souvent à votre enfant qu’il s’agit de techniques qui n’ont qu’un seul but – vendre des produits! Avant de faire un achat, vous devriez discuter avec votre enfant des raisons qui motivent cet achat et déterminer s’il s’agit d’un besoin réel.

Pédagojeux, Noël et jeux vidéo

Fotolia jeux videosLa période des fêtes est souvent l'occasion pour les enfants de souhaiter un jeu vidéo pour Noël … et pour les parents de se demander comment leur faire plaisir. Ce temps de préparatifs est l’occasion de rappeler quelques conseils avant de choisir un jeu vidéo pour son enfant.

  1. Avant de choisir, se poser les questions : ce jeu correspond-il à son âge, sa sensibilité, ses goûts et aux valeurs familiales ?
  2. Avant d’acheter, s’informer que le jeu soit adapté à son enfant notamment en vérifiant la signalétique PEGI qui indique l’âge à partir duquel le jeu peut être joué (3, 7, 12, 16 et 18), en fonction de la présence éventuelle de contenus sensibles dans le jeu (violence, grossièreté, sexe…). Attention, les pictogrammes d’âge n’indiquent en aucun cas la difficulté du jeu.
  3. Avant d’offrir le jeu, fixer des règles claires avec les enfants sur le temps et les moments consacrés à ce loisir… et s’y tenir.
  4. Avant de jouer, rappeler aux plus grands de ne pas laisser jouer les plus jeunes à des jeux inadaptés, ni jouer devant eux.
  5. Partager et dialoguer en famille en jouant ensemble : c’est une bonne occasion pour s’amuser, encore mieux se connaître et transmettre les règles.

Retrouvez ces conseils sur le site Pedagojeux

Rentrée des Chantiers-Éducation : être et paraître

dessin chantiers table petit

Depuis plus de 20 ans, les Chantiers-Éducation, créés au sein des AFC,

répondent à ce besoin des pères et mères dans leur mission de premiers et de principaux éducateurs de leurs enfants.

Ouverts à tous, les « Chantiers » sont un lieu d'écoute, d'échange et de partage sur les questions éducatives.

Ils permettent ainsi aux parents d'enrichir leurs expériences quotidiennes d'éducation et de prendre confiance dans leur capacité à éduquer leurs enfants, non pas avec des solutions toutes faites mais en se posant les bonnes questions pour trouver des solutions adaptées pour chacun de leurs enfants.

En 2015, le thème de l'année est « Être et paraître ». Nous vous livrons ici le contenu des conférences données à l'occasion des Assises des Chantiers-Éducation sur ce thème.

 


 

L'être et le paraître

Notes de la conférence de Jean-Noël Dumont, agrégé de philosophie

Quand je regarde autour de moi, je vois que le monde vivant est essentiellement déployé dans la parure. Cette parure nous place dans une démarche de signes. Ces signes sont des artifices, c'est à dire des produits, des inventions qui ont déplacés des données brutes, des dissimulations.

Tous, nous avançons masqués.

Cet artifice nous met dans la confiance ou dans le soupçon. Cette question se pose dans le cadre de l’éducation : nos enfants se cachent derrière des personnages qu’ils reçoivent, qu’ils investissent. Pourtant on pourrait penser ne pas en avoir recours en famille. Mais la nudité est impossible.

Il existe trois chemins :

  • Le désir de vérité nous fait percevoir, espère que ce qui est vrai est l’identité. On voit que les choses qui cachent ce qu’elles manifestent. Il faut passer de ce qui est précaire à ce qui est identique à soi : distinction entre l’être et le paraître et l’être et le devenir.
  • Le désir de liberté, d’autonomie. Le monde de l’apparence est celui où le sujet est sous le regard de l’autre: il essaye de se conformer au regard de l’autre.
  • Chercher l’amour. Que voulons-nous? Nous voudrions une rencontre où nous puissions nous avouer. Aimer c’est pouvoir dire je veux que tu sois selon St Augustin.

L’innocence nous est donc impossible. Nous ne pouvons pas lever les apparences.

  • La parure est inévitable et gratuite. Le vivant ne peut subsister que s’il se pare.
  • Le paraître cache et manifeste. La parure est aussi pour faire honneur à ce qu’elle cache. Elle n’est pas la dissimulation de ce qui est honteux. Elle est l’honneur rendu à ce qui a du prix.
  • La parure nous inscrit et nous distingue. Elle nous inscrit dans une classe sociale, dans une situation professionnelle. Si nous n’étions pas habillés pareil, le groupe serait en danger, si nous étions tous habillés pareil, le groupe serait aussi en danger. Si nous choisissons tel vêtement, c’est pour susciter le désir d’être reconnu, désiré.

Nous pouvons vivre de trois manières.

  • Le sérieux naïf s’identifie à ses fonctions, ses titres, ses vêtements. Il est exposé à notre regard sans distance. Il n’a pas perçu la relativité des signes. Il se sentira agressé pour la moindre critique.
  • L’ironiste. Il ne reste que dans un jeu d’interprétation. Il se présente comme une énigme. On ne sait jamais à qui on a à faire. Le séducteur est ironique.
  • Celui qui pratique l’humour. L’humour est la forme concrète de la liberté. Il assume les apparences sans les disqualifier.

Notre humanité est dans cette dualité nécessaire de l’être et le paraître. Cette oscillation nous propose 2 voies de sorties : la confiance en quittant la naïveté et le soupçon et l’agir: le seul moment où on pense que l’être et le paraître ne font qu’un c’est dans l’agir. Nous avons besoin de produire. Cela permet de relativiser l’enjeu de l’être et le paraître.


Si on veut aider les jeunes à grandir, la question du paraître se pose de plus en plus tôt : dès le primaire.

Notes de la conférence du Père Philippe Verdin, conseiller ecclésiastique de la CNAFC.

Comment aider ces jeunes ?

Je vous propose deux  manières :

  • Développer une contre-culture en découvrant d’autres postures que celle d’être esclave de la société de consommation.
  • Imprégner la culture dans laquelle on est.

Ces deux postures sont à maintenir ensemble : apprendre à être clairvoyant, à être capable de deviner les autres sans tenir compte du paraître, découvrir l’être.

Le grand défi est de paraître ce que l’on est. La tentation est de paraître ce que nous ne sommes pas, de donner une autre image de nous-mêmes. Le paraître dit quelque chose de notre intérieur.

Comment être naturel ?

Comment réussir à transformer notre regard, notre cœur pour voir au-delà de l’apparence, à percer les apparences ?
Du point de vue de la foi, c’est le propre de Dieu de connaître l’être. C’est le choix de Samuel quand il a dû choisir un roi chez les fils de Jessé. Dans Isaïe, un rejeton sortira de la souche de Jessé. « Il ne jugera pas selon son apparence. Et lui-même ne devra pas être jugé selon son apparence. »

Aujourd’hui nous ne sommes plus dans une culture de la voix, mais dans une culture de l’image. L’ouïe est un sens plus lent que la vue. Et pourtant, Dieu utilise les deux. Devant Moïse, il utilise l’image du buisson ardent, puis il parle. La tentation du peuple juif est d’en rester à l’image. On veut des idoles qu’on peut voir et toucher. « Heureux celui qui croit sans avoir vu. » Quand nous serons au ciel, nous verrons Dieu tel qu’il est. La vision sera parfaite au ciel.

Être c’est participer à la vie de Dieu « Je suis » se révèle Dieu à Moïse. Exister en étant libre, en étant soi-même, faire la vérité sur ce que nous sommes. Et ensuite paraître ce que nous sommes.
L’étape suivante est être ce que Dieu désire, dans la beauté de ce que Dieu veut que nous soyons.

Si Dieu veut que nous révélions notre être au contact de sa parole, il faut être perméable à Dieu. Tendre son oreille : Dieu nous parle tout le temps. Dieu nous parle aussi par le ressenti, par ce que nous éprouvons. Il faut se déposséder de ses masques pour que Dieu puisse aller jusqu‘à nous.

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Coup de cœur

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