« Un vote pour quelle société ? »

Tel était le titre du document rédigé par le Conseil permanent de la Conférence des Evêques de France qui a été présenté le 3 octobre au matin par le Cardinal André Vingt-Trois, lors d'une conférence de presse.

En cette phase de préparation des élections législatives et présidentielles, la question de la légitimité de l'intervention de l'Eglise dans la vie publique - et un état laïc - ne peut être exclue. L'Eglise a-t-elle quelque chose à dire dans ce contexte ? « L'Eglise ne donne pas d'orientations, mais des éléments de réflexion », a précisé Mgr Vingt-Trois. Présentant la déclaration, le Cardinal s'est arrêté sur chacun des trois domaines qu'elle aborde comme garants de l'équilibre de la vie humaine et de la société. Tout d'abord, celui du développement des recherches scientifiques qui, dans ses objectifs louables et altruistes, peut remettre en cause « un certain équilibre de la vie humaine. » Ensuite, un contexte de « transformation et de mutation de la société » qui nécessite une prise en compte de la diversification croissante de la société française et qui amène dans notre société des personnes porteuses d'une autre histoire, d'autres croyances et racines. Enfin, a continué l'archevêque, dans une société de plus en plus individualiste, le bien commun est de plus en plus conçu comme la somme des intérêts particuliers.
Dans ce contexte, quels éléments de discernement proposer aux catholiques ? Car, a rappelé le président de la Conférence épiscopale, le vote « va infléchir un type de société », aussi faut-il se demander « vers quelle type de société voulons-nous aller ? » Une société protectionniste ou une société ouverte ? Si l'élection est « une option sur l'avenir », chacun est amené à réfléchir sur les grandes orientations et les références utiles et nécessaires à la vie sociale. L'Eglise de France souhaite, à cet égard, proposer un certain nombre de points d'attention particulière, des « balises sur le chemin ardu du choix » : la vie naissante, la famille, la jeunesse, les banlieues et cités, l'environnement, l'économie et la justice, la coopération internationale et l'immigration, le handicap, la fin de vie, le patrimoine et la culture, l'Europe et la laïcité. Explicitant l'importance de la famille, le Cardinal a rappelé combien « l'expérience de la famille est une expérience pédagogique par rapport à la manière de vivre en société» et, pour lui permettre de se déployer, la nécessité de développer l'accompagnement des parents dans leur responsabilité éducative. Le sujet familial est d'ailleurs l'occasion de voir que, lors des élections, « les enjeux économiques soient prédominants », au risque de négliger tout ce qui ne l'est pas. En somme, « c'est l'avenir de l'Homme qui est au centre de notre décision », a-t-il conclu, invitant chacun à prendre ses responsabilités.