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Réforme du marché de l’emploi : quel lien avec la politique familiale ?

L’avant-projet de loi qui doit être présenté demain en Conseil des ministres suite à l’accord sur l’emploi signé entre différents partenaires sociaux appelle à souligner l’importance du travail dans la politique familiale : ainsi que l’expliquait Antoine Renard dans sa conférence de Carême donné à Notre Dame de Paris en mars 2011, « chaque famille doit pouvoir percevoir des revenus dignes par le travail de ses membres, l’allocation ne venant qu’ensuite ».

 Le travail des AFC sur la reconstruction de la politique familiale a ainsi montré les liens étroits existant entre les principes fondateurs de la politique familiale et le travail : en termes de financement bien sûr, en termes de conception de la nature de l’aide financière ainsi apportée. Ces deux liens se sont distendus alors même que le travail demeure un facteur d’autonomie et de reconnaissance pour nos contemporains. C’est d’abord par lui que la famille doit subvenir à ses besoins et qu’elle aspire d’ailleurs à le faire comme en témoignent les difficultés humaines nées de l’expérience du chômage et, de façon positive, le fait que le plein-emploi puisse, dans certains pays, faire office d’unique, ou presque, politique familiale.

Ce lien entre travail et politique familiale n’est pas un obstacle à la bonne marche des entreprises, à leur compétitivité. Au contraire, la solidité de la vie familiale nourrit l’épanouissement au travail et réciproquement. Les mesures favorisant le libre-choix des parents en matière d’activité professionnelle sont essentielles : elles sont de la responsabilité des pouvoirs publics et de celle des employeurs. Aider à cette harmonisation c’est faciliter l’organisation matérielle des parents, faire en sorte que le travail ne soit pas un obstacle mais un facteur d’épanouissement. Par ailleurs, la politique familiale a également été un facteur d’attractivité salariale avant de devenir une charge et d’être accusée d’alourdir le coût du travail. Elle remplit, enfin, un rôle important en matière d’employabilité future par l’investissement des familles dans les études de leurs enfants tout autant qu’en leur donnant un cadre stable qui favorise le développement de personnes autonomes et responsables.

Resserrer le lien entre politique familiale et emploi, c’est, enfin, accepter d’ouvrir une réflexion sur le financement de la politique familiale : pour revenir à la clarté du fonctionnement originaire, un financement par le monde du travail et un financement par l’impôt pourraient être distingués. Les masses financières en jeu montrent que des possibilités réelles existent en la matière.

 Les AFC ont formulé des propositions en ce sens :

-       Revaloriser le travail (réduction du coût de la main d’œuvre, améliorer l’emploi des seniors…).

 -       Libérer les capacités de la France à susciter une croissance économique durable et créatrice d’emplois.

 -       Distinguer les modalités de financement des mesures de politique sociale de celles des mesures de politique familiale, les unes relevant de la solidarité nationale, les autres devant demeurer au niveau de la solidarité entre actifs, parmi les cotisations sociales. Une vigilance particulière est nécessaire dans le contexte actuel de l’examen de possibles relais de financement des mesures aujourd’hui financées par les charges sociales et salariales, Il en va de la pérennité de la solidarité horizontale.

 

Actualité La Croix