Réformer les retraites pour rendre sa lisibilité à la politique familiale

La réforme des retraites illustre et la dimension préventive de la politique familiale et la nécessité, pour rendre cette dernière encore plus légitime, d'identifier les « vrais besoins » des familles.

Pour les AFC, la difficile pérennité du système par répartition est le symptôme d'une difficulté plus profonde que celle induite par l'allongement de la durée de vie et la quantité de travail disponible. Elle tient à une problématique démographique qui pose la question de trouver les moyens les plus à même de permettre aux couples d'accueillir le nombre d'enfants qu'ils souhaitent en faisant en sorte que les freins éventuels en la matière soient levés.

Parmi ces freins, on trouve bien sûr la conciliation vie familiale/vie professionnelle, le manque de confiance dans l'avenir du fait du divorce, des craintes économiques ou de la peur du chômage pour soi, ses propres enfants... Mais les couples doutent de leur capacité à bénéficier d'une retraite suffisante et de la pérennité du système par répartition, et plus largement de celle de la politique familiale.

Ces doutes peuvent les amener à chercher des sources de retraites complémentaires, notamment par voie de capitalisation. Or justement, plus les familles se montrent ouvertes à l'accueil des enfants, plus elles rencontrent des difficultés en la matière, plus leur capacité d'épargne est faible. Certains couples ont ainsi pu renoncer à accueillir un enfant supplémentaire et affaibli les équilibres futurs de la retraite par répartition.

Ce constat posé, l'objectif pour les AFC est d'assurer la pérennité et l'équilibre du système en combattant les handicaps des familles avec enfant. Elles font pour cela un ensemble cohérent de propositions :
- maintien des droits familiaux qui répondent aux problématiques spécifiques de cessation ou d'interruption d'activité professionnelle pour s'occuper des enfants ;
- mise en œuvre d'un système qui compense la moindre capacité - à revenu constant - des familles à épargner ;
- maintien d'une fiscalité familialisée ;
- en cas de réversion, un système assurant un revenu disponible du survivant correspondant au 2/3 des revenus antérieurs du couple avec une attention particulière sur la situation des jeunes veufs(-ves) ayant charge de famille ;
- favoriser l'emploi des seniors et repousser l'âge de départ à la retraite pour tenir compte de la capacité réelle actuelle à travailler.