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Préparer sa retraite aujourd’hui : les difficultés des familles

Pour les AFC, la réforme en cours des régimes de retraites complémentaires fait resurgir des inquiétudes sur la capacité à pérenniser la retraite par répartition en France. Elle révèle, en effet, les difficultés des familles, et en particulier des familles nombreuses, à croire qu'elles bénéficieront d'une retraite juste et décente. Une telle incertitude souligne la nécessité de lever les freins à la natalité qui est requise pour garantir la survie du système par répartition. En effet la France est entrée dans un cercle vicieux.

La baisse du rendement des retraites par répartition accroît le besoin d'épargne ! Celui-ci a été évalué pour la France, dans une étude publiée récemment par Aviva, à 7500 euros par an pour un actif de 50 ans, 5200 euros par an pour un actif de 40 ans et 3400 euros par an à 20 ans.

La comparaison avec le revenu net moyen en France de même que les études de l'INSEE sur l'épargne et le patrimoine des ménages et notamment l'examen de la variation du taux d'épargne en fonction de l'âge montrent l'ampleur de cet effort.

En définitive cet effort est hors d'atteinte quand les familles se montrent ouvertes à l'accueil des enfants, du fait
- de la réduction de leur épargne marginale conséquence de la présence des enfants et de l'investissement financier réalisé pour leur éducation ;
- des choix liés à l'accueil des enfants (investissement du temps professionnel dans l'éducation, réduction de la mobilité professionnelle, etc.) qui se répercutent négativement sur le niveau de salaire et donc le niveau de retraite, mais aussi sur la capacité à épargner.

En définitive, la menace sur leur niveau de retraite et leur incapacité à constituer des compléments de retraite par capitalisation, conduisent les couples à renoncer à accueillir tous les enfants qu'ils souhaitent et affaiblit toujours d'avantage les équilibres futurs de la retraite par répartition.

Dans un tel contexte, les réformes envisagées des régimes AGIRC et ARRCO sont de nature à donner un signal négatif supplémentaire. Elles mettent donc directement en péril le système qu'elles entendent sauvegarder. Et elles ajoutent à l‘injustice, l'incertitude réglementaire et financière.

De plus, les économies envisagées pèsent uniquement sur les familles nombreuses : on attend du plafonnement des compléments familiaux une économie de l'ordre de 200 millions d'euros pour les cadres. Cela représente une économie d'un peu moins de 300 euros par an au dépens de chacune des 600 000 personnes concernées alors que si l'on rapporte cette somme à l'ensemble des retraités, on arrive à un effort de moins de 20 euros.

On avance aussi que seuls les hauts revenus seraient concernés. Un rapide calcul montre qu'en plafonnant à 1000 euros le complément familial, correspondant à 10 % de bonification, le montant de la retraite complémentaire concerné se situe autour de 850 euros mensuels. C'est donc tous les retraités ayant droit à une bonification familiale et dont la retraite complémentaire serait supérieure à ce montant qui seront pénalisés.

Pour les AFC, le revenu des retraités modestes est un sujet important, mais qui ne doit pas être financé par les familles qui ont accepté de soutenir les régimes par répartition. Les AFC appellent au contraire à ce que l'on préserve le mécanisme de complément familial de l'AGIRC et surtout que l'on l'étende au-delà des cadres à l'ensemble des salariés. Car l'ensemble des familles en France doivent pouvoir accueillir les enfants qu'elles désirent et c'est d'elles toutes que dépend la pérennité du régime par répartition.
Enfin les AFC exigent que les équilibres financiers soient effectivement assurés et pensent que si un effort financier doit être consenti, c'est non aux seules familles nombreuses de le consentir à l'ensemble des retraités de l'assurer.


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