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Retraites : Majorations familiales et régimes complémentaires

L'avenir des majorations familiales des régimes complémentaires de retraite ( ARRCO et AGIRC ) est actuellement débattu. Les partenaires sociaux (syndicats et patronat) sont les acteurs de ce débat où les associations familiales doivent faire entendre leur voix.
Après plusieurs démarches au printemps dernier, la CNAFC, attentive à l'actualité, a adressé un courrier aux partenaires sociaux le 14 octobre 2008. Les AFC prennent ainsi position en faveur des familles et notamment des familles nombreuses en insistant sur l'importance des « droits familiaux » des retraites pour les familles ayant fait le choix d'avoir plusieurs enfants et d'avoir consacré du temps à leur éducation.


Madame, Monsieur,

Quelle place est accordée aux familles dans le projet de diminution des majorations familiales des régimes complémentaires ? Veut-on réellement concilier vie familiale et vie professionnelle ou au contraire diminuer la liberté des femmes de s'occuper elles-mêmes de leurs enfants ? Ces questions sont au cœur des préoccupations des adhérents des Associations Familiales Catholiques et de toutes les familles. Aussi, le projet de diminution des majorations familiales des régimes complémentaires interpelle particulièrement notre attention.

La famille est la cellule de base de la société, le lieu où commence l'éducation, où s'apprend et se vit la solidarité. Face au vieillissement de la population et les nombreux défis auxquels la société est confrontée, aucune structure sociale ne peut la remplacer. Mais, pour remplir cette mission, la famille a besoin de conditions favorables, dont la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Les majorations familiales contribuent, notamment pour les familles nombreuses, à compléter les retraites de manière significative. En effet, de nombreux parents ont des carrières professionnelles périodiquement interrompues en raison des naissances. Il s'agit en l'occurrence surtout des mères de familles qui sont plus nombreuses à travailler à temps partiel et à interrompre leur activité professionnelle pour s'occuper des enfants. Le temps comptabilisé pour le calcul de leur retraite se trouve ainsi diminué et l'on constate que les retraites des femmes étaient inférieures à 38 % à celles des hommes en 2004. En 2005 9 femmes sur 10 ont bénéficié des « avantages familiaux » lors de leur départ à la retraite. Une mesure qui irait à l'encontre de l'égalité entre les hommes et les femmes sur le plan de la rémunération ne manquerait pas d'être perçue comme discriminatoire.

Convaincus de l'importance de la présence des parents auprès de leurs enfants et de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale et soucieux des conditions de vie des familles, je tenais à vous faire part de notre vive inquiétude par rapport à la proposition de revoir à la baisse les majorations familiales. Nous n'insisterons jamais assez sur l'impact d'une telle mesure sur les conditions de vie des familles et par là la capacité de notre société de faire face aux défis actuels.

Des interrogations pèsent sur la pérennité du système de retraites en France. Les AFC sont disposées à participer aux réflexions en la matière, convaincues que des solutions durables sont possibles qui ne se fassent pas au détriment des familles. Elles ont fait des propositions que je me permets de vous envoyer, en vous assurant de notre disponibilité pour vous rencontrer pour vous les présenter.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Antoine Renard

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