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L'Éthique varie au gré des modes et des majorités !

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Bertrand et Gaëlle Lionel-Marie, avocats tous les deux et responsables nationaux du secteur bioéthique de la CNAFC, ont participé aux États généraux de la bioéthique. Ils appellent désormais à une forte mobilisation des adhérents AFC pour peser auprès de leurs élus, particulièrement contre l’extension de la PMA et l’euthanasie.


Quel bilan faites-vous des États généraux de la bioéthique ?

Bertrand Lionel-Marie – Nous nous posons la question du lien entre les diverses conférences et le projet de loi à venir. Dans quelle mesure les questions légitimes posées par les citoyens peuvent-elles avoir un impact réel sur ce projet ? Bien malin qui sait répondre à cela ! Il ne faut être ni trop naïf, ni trop pessimiste. Au fond, peu de sujets mobilisent : lorsque vous consultez le site des États généraux, seuls les débats sur l’extension de la PMA et la fin de vie rencontrent un petit succès.

Gaëlle Lionel-Marie – Il y a eu très peu de participants. Pour l’essentiel, il s’agit de chrétiens et de militants LGBT pour l’extension de la PMA et de l’Association au Droit à Mourir dans la Dignité (ADMD) pour la fin de vie. Sur les autres sujets, seuls les chrétiens (beaucoup de jeunes) semblent s’y intéresser ou, en tout cas, sont présents à une large majorité aux conférences données en Île-de-France. Certains s’interrogent sur l’intérêt de débattre aujourd’hui de sujets dont on ne sait pas encore s’ils figureront dans le projet de loi... Le CCNE va rendre son rapport en mai alors que des conférences seront encore organisées par des espaces de réflexion éthique fin juin.

Pourquoi y a-t-il eu aussi peu de participation aux États généraux ?

B. L.-M. – Les Français sont d’abord préoccupés par leur environnement immédiat : sécurité, chômage, pouvoir d’achat, éducation. Certains sujets peuvent, en outre, apparaître comme présupposant une culture technique ou une formation particulière. Enfin, s’agissant de l’extension de la PMA, beaucoup pensent l’affaire d’ores et déjà réglée, compte tenu des déclarations du Président. Sur les autres sujets, tout aussi importants, ils n’imaginent pas pouvoir peser.

Va-t-on vers une reconnaissance de l’extension de la PMA aux personnes seules et aux couples homosexuels ?

B. L.-M. – Le CCNE est favorable à l’extension de la PMA tout en ayant relevé des « points de butée » qui auraient, en toute logique, dû le conduire à maintenir le statu quo ! De plus, il posait deux conditions à cette extension, qui à ce jour ne sont pas levées : l’existence d’études sérieuses sur le devenir des enfants élevés sans père et le maintien de la gratuité du don de gamètes. Or, la France faisant déjà face à une pénurie de sperme (de tiers donneurs), l’extension de la PMA risque fort de remettre en cause ce principe fondamental de gratuité et de consacrer, ainsi, une logique de marché… Dans un avis du 24 novembre 2005, le CCNE avait considéré que « l’ouverture de la PMA à l’homoparentalité ou aux personnes seules ouvrirait de fait ce recours à toute personne qui en exprimerait le désir et constituerait peut-être un excès d’intérêt individuel sur l’intérêt collectif. La médecine serait convoquée pour satisfaire uniquement un droit individuel à l’enfant. » L’avis de 2017 est différent. L’éthique varie au gré des modes et des majorités !

G. L.-M. – Si l’extension de la PMA était une promesse d’E. Macron faite au seul mouvement LGBT, et non un engagement de campagne, le Président a dit qu’il s’appuierait sur l’avis du CCNE pour ouvrir ou non cette extension. Puisque cet avis est positif, je ne vois pas pourquoi il reviendrait en arrière alors même que cette extension signerait la fin du caractère nécessairement thérapeutique de la PMA, ce qui est très lourd de conséquences... En cela, les débats sont un peu biaisés.

Qu’en est-il d’une possible évolution de la loi sur la fin de vie ?

B. L.-M. – Dans le cas de l’euthanasie, nous ne sommes pas dans la même situation. La loi Claeys-Léonetti est très récente (2016) et a ouvert de nouveaux droits au bénéfice des personnes en fin de vie tout en posant, d’ailleurs, des questions éthiques. Elle est aujourd’hui tout juste en train d’être mise en œuvre. Il serait absurde de la remettre en cause maintenant alors même qu’on n’est pas en mesure de l’évaluer ! C’est ce que pense le ministre de la santé. Pour l’instant, la présidence n’a pas encore statué sur ce sujet.
Ces deux sujets, l’extension de la PMA et l’euthanasie, sont considérés comme des demandes « sociétales », ce qui est discutable : ces demandes proviennent au premier chef de militants et de leurs relais. La société, dans son ensemble, n’appelle pas une évolution de la loi Claeys-Léonetti, ni même une extension de la PMA.

Quelle doit être l’attitude des adhérents AFC ?

G. L.-M. – Dès maintenant, il faut rencontrer ses élus jusqu’en 2019. Il va falloir se mobiliser à l’été et à la rentrée scolaire, car c’est à ce moment-là que les propositions de loi vont arriver. Après ça va être le travail des lobbys, énormément d’argent sera en jeu pour certaines lois. C’est pourquoi nous devons peser à notre tour. Mais comme le dit Mère Teresa, « Dieu ne m’a pas donné un ministère de succès, il m’a juste donné un ministère de miséricorde » : même si on l’espère, on n’est pas là pour remporter une victoire, mais pour faire notre devoir.

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Les AFC agissent pour la Quête pour la mère et l'enfant

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Dimanche 27 mai 2018, les associations qui accueillent et aident les nombreuses mères ou futures mères en détresse en France vont bénéficier de la générosité de nombreux donateurs. Date symbolique, la Quête pour la mère et l’enfant se déroule chaque année durant le week-end de la Fête des mères, pour rappeler à celles qui se sentent oubliées qu’elles ne sont pas seules.

Depuis la première Quête en 1970, chaque année, sous l’égide de l’UNAF, de nombreuses AFC se mobilisent. En 2017, elle a permis de récolter près de 167 000 euros pour la cause de ces femmes en difficulté. Grâce à elle, les associations bénéficiaires peuvent agir concrètement et quotidiennement auprès des mères ou futures mères en difficulté. Chacune ayant une vocation bien précise, au niveau national ou bien local.

Pour la collecte 2018, elles seront une vingtaine à recevoir ces dons et à continuer ainsi d’œuvrer pour les mères ou futures mères en détresse. Elles en sont extrêmement reconnaissantes, car non seulement ces associations gagnent en visibilité et en reconnaissance, mais elles en voient les fruits au quotidien : des femmes qui se reconstruisent et des enfants qui trouvent un véritable épanouissement dans un foyer. Cette quête fait office de thermomètre. Elle récolte les impressions de la population, leur réaction favorable, hostile ou indifférente. Sous les porches des églises ou sur les marchés et autres lieux publics, l’objectif est d’aller à la rencontre, de nouer de véritables contacts avec un public qui n’est pas forcément sensibilisé aux difficultés des mères en détresse, de l’informer que des associations existent. La quête publique permet de donner un aspect concret à la culture de vie et d’apporter une aide réelle.
C’est un véritable service de proximité. Actuellement, près d’une quarantaine de fédérations AFC quêtent chaque année. L’objectif est de doubler ce chiffre d’ici quelques années.
Enfin notons le désintéressement des AFC mobilisées pour quêter au profit d’une cause qu’elles soutiennent sans condition, et récoltant des fonds pour d’autres associations qu’elles-mêmes.

Don de congés à un collègue : comment ça marche ?

enfant maladeLe don de jours de repos permet à un salarié de renoncer à certains congés pour les offrir à un collègue. Le collègue en question bénéficie alors d’une rémunération pendant son absence.

Peuvent bénéficier d’un don de jours de repos :
1. les salariés dont un enfant est gravement malade et qui ont besoin de s’absenter pour être à ses côtés.
2. désormais, comme adopté dans la loi du 13 février 2018, les salariés proches aidants de personnes en perte d'autonomie ou en situation de handicap.

Ce don est anonyme, et sans contrepartie.

Les journées de repos susceptibles d’être données sont : les RTT, les journées offertes par l'entreprise, les jours de récupération, les congés payés (seulement les journées non-prises au-delà de la quatrième semaine de congés pour un enfant malade, au-delà du 24ème jour de congé pour des personnes en perte d'autonomie ou handicap).

Ce dispositif vient compléter le droit du travail existant et les congés autorisés pour raisons familiales
En savoir plus (sur le site de legifrance)

Toit + Moi, un site pour mettre en relation étudiants et seniors

toit plus moiAfin de prévenir l’isolement des retraités, la Cnav (Assurance retraite) et ses partenaires ont développé une plateforme numérique qui met en relation des retraités, disposant d’une chambre libre, avec des jeunes Erasmus à la recherche d’un logement, chacun s’engageant à une bienveillance mutuelle, à des échanges à l’occasion de repas ou de sorties, par exemple.

Pour les seniors, ce dispositif permet une présence rassurante et une ouverture à une autre culture. Pour les jeunes, il supprime un frein à la mobilité en simplifiant l’accès au logement dans le pays d’accueil.

Il n’y aura pas d’engagement monétaire ou d’obligation de présence, uniquement une participation aux charges courantes (électricité, eau, internet, etc.) dans la limite de 150 euros mensuels. Un référent associatif accompagnera systématiquement le binôme.

Sur le 1er trimestre 2018, début du déploiement, les retraités intéressés devront résider à Bordeaux, Paris ou Lille, dans le prolongement d’une première expérimentation réussie lancée à Bordeaux en septembre 2017.
Voir le site Toit + Moi

Les AFC ont évoqué d’autres propositions intergénérationnelles de logement personnes âgées et jeunes comme www.ensemble2generations.fr, dans le N°169 (janv-fév 2017) de La Vie des AFC

Journée de la femme : entretien avec Marianne Durano

Mariane Durano twitterA l’occasion de la Journée de la Femme, Marianne Durano, auteure de Mon corps ne vous appartient pas et de Nos limites. Pour une écologie intégrale, a accepté de répondre aux questions des AFC sur le rôle et la place de la femme dans la société, et sur sa vision du féminisme.

Pourquoi rappelez-vous sans cesse aux femmes que leur corps leur appartient ?

Je pense qu’aujourd’hui on voit l’émergence d’un nouveau type d’aliénation : celui du corps de la femme. Les femmes sont soumises aux techniques qui viennent les exproprier de leurs corps. La contraception n’est rien d’autre qu’une mise sous contrôle, une mise sous – grande – dépendance du corps médical, où le médecin saurait mieux que la femme comment elle doit gérer son corps, sa sexualité... finalement, son couple, sa vie de famille, sa vie tout court.

Alors que précisément c’est la femme qui sait ! Son corps lui appartient : son corps, c’est elle, et c’est elle qui est la mieux placée pour le sentir, le comprendre, le vivre. Expropriation de son corps également par le marché inouï de la procréation face auquel il faut clamer la dignité du corps de la femme. Le corps de la femme n’est ni à louer, ni à vendre. Le corps n’appartient pas aux laboratoires pharmaceutiques : « je suis mon corps ».

« Mon corps m’appartient ». Le titre de votre ouvrage reprend le slogan des « féministes » pro contraception et qui, au nom de ce même leitmotiv, justifient « leur droit, leur liberté, leur choix » clamé dans les campagnes annuelles de contraception, de manière totalement opposée à vos affirmations.

C’est une ineptie totale ! Au nom du « mon corps m’appartient », il est parfaitement contradictoire de prôner la contraception qui précisément me désapproprie entièrement de mon corps de femme. Je suis pour une liberté de choix, ce qui implique une réelle information. Information aujourd’hui non proposée... car la société, à commencer par le corps médical, n’en est plus capable. Mais il faut rendre justice aux médecins qui ne sont eux-mêmes plus formés. Les gynécologues apprennent à maitriser le corps de la femme, à mettre en place des techniques qui mettent en sommeil le cycle de la femme. On en arrive à une situation aberrante où les gynécologues ne connaissent plus le cycle féminin. Lorsque j’ai fait part à quelques médecins de mon désir d’adopter un mode de contraception naturelle, les plus sarcastiques m’ont répondu « A dans 9 mois ! », et la meilleure réponse que l’on m’ait faite est « Je respecte mais en revanche je ne vais pas pouvoir vous aider car je ne suis pas compétent en la matière ».

Quelle est la reconnaissance sociale de la femme aujourd’hui ?

La reconnaissance sociale passe uniquement par la carrière. On valorise la working girl. Jusqu’à 25 ans, je fais mes études (les meilleures possibles, carrière oblige !). Entre 25 et 30 ans, alors que c’est la période où la femme est la plus féconde, il faut faire ses preuves professionnelles pour lancer sa carrière. Et entre 30 et 40 ans, alors que la femme est la plus disposée dans son corps pour la maternité, elle doit gravir les échelons professionnels. Tout cela va clairement à l’encontre de la nature, du cycle féminin. La reconnaissance sociale oblige donc les femmes à un déni de leur corps. Ma conviction profonde est qu’il faut revaloriser la maternité, la vie familiale (qui inclut les hommes !) et qui vont à l’encontre d’une société marchande. J’appelle à une révolution culturelle. Je suis très touchée – et frappée - par les photos de Jade Beall qui a célébré le corps de la femme après qu’il ait donné la vie. Cette photographe a pris une série de photos de femmes après leurs accouchements : ces corps sont beaux car uniques.

Quelle est votre vision du féminisme ?

Les femmes ont besoin des hommes pour leur sexualité et leur vie de famille. Mais ce besoin se heurte à une société technico-marchande où la technique les émancipe de la nature. Le vrai féminisme, c’est de revaloriser la vie, la femme, dans ce qu’elles ont de non-marchand.

Crédit Photo : Compte Twitter de Mariane Durano https://twitter.com/marianne_durano

Retrouvez Mon corps ne vous appartient pas et Nos limites. Pour une écologie intégrale sur le site de la Procure.

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