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Bioéthique

L'écologie de l'homme, c'est tout d'abord le respect de la vie de la conception à la mort naturelle, l'affirmation de la dignité intrinsèque liée à la nature de l'homme et non à ses performances, l'affirmation de son intégrité physique (le corps ne peut donner lieu à des transactions commerciales), le respect de la complémentarité entre l'homme et la femme, la dignité de ses conditions de vie.

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Le transhumanisme : rêve ou catharsis ?

Le transhumanisme est un sujet qui agite de plus en plus l’opinion. Il inquiète certains, en fait rêver d’autres. Les progrès de la science nous font espérer arriver à l’immortalité dès cette terre.
Peurs irraisonnées, espoirs insensés, l’humanité oscille toujours entre les deux. Il semblerait que nous ne puissions vivre sans émotions fortes, sans terreurs qui nous permettent d’exprimer les angoisses qui nous habitent, sans l’illusion de s’imaginer pouvoir maîtriser pleinement notre vie et notre mort.

Fotolia transhumanisme

Aux sources du transhumanisme : l'humanisme

Dans le mot transhumanisme, il y a :

  • le préfixe trans- qui a le sens de « au-delà », « à travers » et qui marque le passage ou le changement
  • le mot humanisme qui recouvre « toute théorie ou doctrine qui prend pour fin la personne humaine et son épanouissement » (Le Petit Robert)

Le projet humaniste a été source de progrès pour l’homme, en le plaçant au sommet de la création, supérieur à tous les autres vivants, en maîtrisant la nature de plus en plus grâce à la science.
« La pensée judéo-chrétienne a démystifié la nature. Sans cesser de l’admirer pour sa splendeur et son immensité, elle ne lui a plus attribué de caractère divin. De cette manière, notre engagement envers elle est davantage mis en exergue. » (Laudato Si, N° 78)

L’homme devient moins dépendant de la nature. L’irrigation a remplacé les rogations. Cette maîtrise de la nature, y compris de la nature humaine, fait parfois oublier à l’homme qu’il reste une créature et lui fait espérer un progrès matériel sans limite.
« L’humanisme s’émancipe de la transcendance pour s’attacher seulement à ce qui est d’ordre humain. L’humanisme met l’homme au centre du monde. » (Documents Episcopat N°9/2013)
Dans cette domination, l’homme en vient parfois à « ne tolérer rien ni personne au-dessus de lui » (Rémi BRAGUE).

Penser un nouvel homme devenu l'oeuvre de lui-même

Dans cette orientation, le transhumanisme, tel que ses promoteurs nous le proposent, semble vouloir s’affranchir définitivement de toute transcendance. Il suggère une nouvelle étape pour l’humanité qui permettrait à l’homme de transcender sa finitude. « La science n’a plus alors comme finalité la réparation d’un homme fragile, mais elle a comme objectif de le modifier dans sa nature même… Les transhumanistes veulent penser un nouvel homme devenu l’œuvre de lui-même, l’outil et l’agent de sa propre transformation. » (Documents Episcopat) Ce désir est révélateur à la fois de la souffrance de l’homme et de son aspiration à devenir plus grand, à devenir plus grand que Dieu.

Le courant transhumaniste veut « penser la transformation de l’homme par les techniques comme une évolution qui positiverait les questions humaines en évitant tout ce qui peut être indésirable comme, par exemple, la maladie, mais aussi la tristesse. » (D.E.)

Ce courant transhumaniste n’est pas nouveau. On l’a vu apparaître il y a 50 ans, avec le progrès des techniques qui permettent d’améliorer la santé de l’homme, la connaissance de son fonctionnement et la miniaturisation des techniques.

A ses débuts, le transhumanisme n’augmentait pas l’homme, il le réparait, il lui proposait des prothèses de plus en plus performantes. C’est par exemple le cas d’un bras articulé qui permet de serrer très fort, peut-être plus fort qu’un bras de chair, d’une implantation de cœur artificiel…

Il prend aujourd’hui une autre dimension, car il veut changer les règles de la vie. Ce qui était un passage obligé, on pourrait dire dans l’ordre naturel des choses, devient une option : pour faire naître un enfant, il fallait la rencontre charnelle d’un homme et d’une femme et un temps de gestation à l’intérieur de l’utérus de la mère. Aujourd’hui, par la fécondation in vitro, cette rencontre n’est plus indispensable et l’on peut même faire porter l’enfant par une autre femme que la mère. Par ailleurs certains rêvent d’un utérus artificiel pour éviter à la femme d’être enceinte.

Le transhumanisme a donc pour ambition de repenser la création en l’améliorant, une création qui serait mal pensée par le Créateur, auquel il n’adhère pas.

Vouloir supprimer la souffrance : une utopie ?

On a tout lieu de se réjouir que les progrès scientifiques permettent de vivre mieux. La souffrance n’est pas un bien et c’est à l’honneur de l’homme de vouloir la supprimer.
Mais vouloir penser un homme nouveau, meilleur dans sa nature même, devenu œuvre de lui-même, peut sembler illusoire. Le courant transhumaniste semble oublier que l’homme ne part pas de rien. Dans sa folie démiurgique, il n’accepte pas que cette vie, qu’il veut modifier, soit une vie reçue, d’abord de ses parents, et initialement du Créateur.

La technique peut-elle apaiser toute souffrance ? Elle peut calmer un mal de tête, améliorer la vue par une opération de la cataracte, augmenter la résistance physique par une meilleure alimentation… Mais n’y a-t-il pas au plus profond de l’homme une aspiration qui n’est jamais apaisé ? Cette quête spirituelle est-elle le produit de nos gênes, de nos enzymes, de notre environnement ?
N’est-il pas utopique de vouloir supprimer toute souffrance, toute tristesse ? Pourrons-nous encore ressentir de la joie, si nous ne connaissons plus la tristesse ? S’il n’y a plus de maladie, comment saurons-nous que nous sommes en bonne santé ?
Ne créerait-on pas un monde sans sentiments, sans affection, sans amour ? Nous constatons combien nos faiblesses, que nous n’aimons pourtant pas, sont créatrices de relations. Nous allons vers les autres, parce qu’ils ont besoin de nous et que nous avons besoin d’eux. Cela crée des échanges entre les hommes.
Irait-on jusqu’à remplacer un organe sain par un organe plus performant ? L’homme est une construction très délicate, à manipuler avec précaution. C’est une mécanique de précision. En touchant à une fonction, on risque de déséquilibrer durablement l’ensemble.

La manipulation sur une personne pour en faire une autre est une volonté de maîtrise prométhéenne sur la vie. L’homme ne veut plus se recevoir, mais il veut se construire lui-même.
L’humanité a connu des progrès fantastiques depuis un siècle et nous nous en réjouissons. Nous pouvons voyager rapidement, nous n’avons plus à faire la vaisselle… Nous ne voudrions pas revenir en arrière. Nous espérons même que ces progrès continueront.

Mais pouvons-nous pour autant dire que l’homme est plus heureux ? Deux notions sont à distinguer pour bien comprendre les choses : celle du bonheur qui est reliée à une quête spirituelle et celle d’être content, qui est reliée à la satisfaction d’un désir temporel.

Notre désir est souvent changeant, mais ce n’est pas forcément négatif, car cela nous pousse en avant. L’homme est dans une quête incessante d’amélioration. En cela il ne fait que répondre au désir du Créateur : « Remplissez la terre et soumettez-la. »

En forçant le trait, on pourrait dire que l’on crée des angoisses sur les populations autour d’un sujet qui n’existe pas.
Les chercheurs nous font rêver, parce qu’ils rêvent eux-mêmes. Il y a une excitation, dans la recherche, à trouver quelque chose d’original. Il y a aussi, très puissant, le désir, conscient ou non, de la transgression. On oublie parfois que c’est l’homme sur lequel on travaille.

Le transhumanisme : à quelles fins ? par quels moyens ?

Imaginons l’avenir de l’homme aux mains des transhumanistes, du moins tels qu’on nous les présente aujourd’hui :

  • L’homme deviendra-t-il un mélange d’électronique et de biologie, un être électrobiogénique, comme un logiciel que l’on améliorera sans cesse par de nouvelles versions ? Subira-t-il l’obsolescence de toute innovation technique ? Faudra-t-il donc le modifier en permanence pour suivre les progrès ? Il sera alors périmé avant même d’exister.
  • Les améliorations recherchées, le seront-elles en fonction de besoins : l’homme deviendra-t-il un outil adapté à telle production sociale ?
  • Certains scientifiques nous font envisager pour bientôt un homme immortel. S’il devient immortel, continuera-t-il à avoir des enfants ? A quel stade de son évolution s’arrêtera-t-il ? La mort nous fait peur, mais souhaitons-nous vraiment que notre vie terrestre ne s’arrête jamais ? Que ferions-nous de cette vie, où nous n’aurions plus de désirs, plus d’affects, plus rien à faire puisque nous serions éternellement jeunes, beaux, en forme, auto-suffisants ? Cela deviendrait vite insupportable et nous demanderions à mourir.

Le transhumanisme, est-ce vouloir franchir l’interdit formel de tendre la main vers l’arbre de Vie, l’arbre de l’immortalité ?
Si le transhumanisme s’imagine que le bonheur réside seulement dans la maîtrise, la puissance, est-il encore humain ? L’homme n’est pas un extrême, c’est un équilibre.
Enfin, on ne peut négliger l’aspect financier de la question. Transformer l’homme, si on y arrive, sera réservé à quelques personnes très privilégiées. Avons-nous vraiment envie de ce monde-là : des hommes superpuissants qui domineront une armée d’esclaves ?

Sans refuser le progrès, en y contribuant même dans la mesure de nos moyens, rêvons aussi de nous accepter tels que nous sommes, qui que nous soyons. C’est sans doute le plus difficile, mais ce rêve-là est à la portée de tous.

La vie est un don reçu. Nous semblons souvent insatisfaits de ce cadeau, au lieu de nous en émerveiller. Ce sentiment de frustration nous entrave pour donner à notre tour notre vie aux autres, pour leur bonheur et notre propre bonheur.

Nous laissons le dernier mot au Pape François :
« Nous ne pouvons pas avoir une spiritualité qui oublie le Dieu tout-puissant et créateur. Autrement, nous finirions par adorer d’autres pouvoirs du monde, ou bien nous prendrions la place du Seigneur au point de prétendre piétiner la réalité créée par lui, sans connaître de limite. La meilleure manière de mettre l’être humain à sa place, et de mettre fin à ses prétentions d’être un dominateur absolu de la terre, c’est de proposer la figure d’un Père créateur et unique maître du monde, parce qu’autrement l’être humain aura toujours tendance à vouloir imposer à la réalité ses propres lois et intérêts. » (N° 75 Laudato si)
« Pour la tradition judéo-chrétienne, dire création, c’est signifier plus que nature, parce qu’il y a un rapport avec un projet de l’amour de Dieu dans lequel chaque créature a une valeur et une signification. La nature s’entend d’habitude comme un système qui s’analyse, se comprend et se gère, mais la création peut seulement être comprise comme un don qui surgit de la main ouverte du Père de tous, comme une réalité illuminée par l’amour qui nous appelle à une communion universelle. » (N° 76 Laudato Si)

Souhaitons aux transhumanistes de s’inspirer de cette encyclique, afin de remettre l’homme à sa juste place de créature !

Si le transhumanisme se libérait de son rêve de puissance, de sa volonté d’être supérieur à Dieu, afin de rendre service à toute l’humanité, il pourra alors être d’un grand bénéfice pour elle, à condition toutefois de respecter la liberté de chaque homme.
N’est-ce pas le transhumanisme auquel nous aspirons ?

Famille et écologie intégrale

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Campagne « IVG, c’est mon droit » : n’a t-on rien d’autre pour répondre aux femmes ?

stockvault femme enceinteCommuniqué de presse

« Nous avons conçu cette campagne pour dire aux femmes qu’elles peuvent décider librement de ce qu’elles font de leur corps. Et il est important de le rappeler, de le réaffirmer. »

C’est ainsi que Marisol Touraine résume l’objectif de la nouvelle campagne du Gouverment « IVG, c'est mon droit » lancée lundi dernier, 28 septembre.

Quand le corps et la vie d’autrui sont en jeu, il est indécent de proposer aux femmes de « décider librement de ce qu’elles font de leur corps ».
Car si la loi ouvre le droit à l'avortement, la conscience de chacun rappelle avec obstination que l'avortement porte atteinte à l'enfant. La Loi Veil elle-même se voulait être une réponse à des cas extrêmes et aussi rares que possibles.
Ni la femme, ni son partenaire, ni leurs familles ne peuvent l'ignorer.
Donner un droit ne donne pas une liberté.

Cette campagne s’inscrit dans le prolongement du vote de la suppression du délai de réflexion obligatoire demandé aux femmes avant d’avorter.
C'est pour faire taire cette conscience que nous assistons à une multiplication de mesures et de publicité pro-actives, militantes et idéologiques, qui veut faire de l’avortement un progrès à imposer à toutes les consciences, une fierté.
Cette immixtion de l'État dans les consciences inquiète les AFC.

Enfin, les AFC s’étonnent de la persistance du nombre élevé d’avortements en dépit de la multiplication des campagnes dites de « prévention » et de contraception (9 françaises sur 10 ont un moyen contraceptif). Les méthodes promues ne seraient-elles pas efficaces ? Au bout de 40 ans, le temps n’est-il pas venu de reprendre cette question de la « grossesse non-souhaitée » et de chercher d’autres moyens de prévention que le « tout contraceptif » et d’autres réponses que l’IVG quasi systématique ?

Les AFC appellent avec insistance à une action politique de prévention, d'accompagnement, d'éducation et qui offre des alternatives afin de mettre tout en œuvre pour éviter le drame de l'avortement, qui arrête la vie d'un enfant à naître et blesse profondément la femme - sa mère - qui y recourt.

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