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Couple

A propos de la réforme du "statut du tiers"

Les AFC ont été sollicitées par le ministère de la Justice et le secrétariat d'Etat à la famille à propos de l'avant-projet de loi portant "statut du tiers". Dans sa réponse à Mesdames Dati et Morano, Antoine Renard a rappelé que ce texte illustre la complexité de situations auxquelles nombre de nos contemporains sont aujourd'hui confrontés, dans le cadre des recompositions familiales.

Les AFC partagent le souci de simplifier la vie quotidienne dans ce cadre. Pourtant, en l'état de cet avant-projet, il semble qu'il ne réponde pas complètement à ce but ni qu'une loi soit nécessaire pour l'atteindre. La loi de 2002 sur l'autorité parentale a déjà permis de régler un certain nombre de questions. Le texte en projet, par les modifications qu'il apporte, risque de produire davantage de complexité.

Les AFC ont tenu à souligner que la réalité des liens affectifs qui se nouent entre ces enfants et ces adultes ne paraît pas pouvoir être mise en doute, pas plus que la nécessité de les prendre en compte. Une loi, si elle s'avérait nécessaire, aurait le mérite de constater la complexité de ces situations, mais ne suffirait pas à les résoudre.

Pour autant, il n'est pas envisageable que ces liens affectifs fondent des droits en matière d'autorité parentale (article 7 du texte) : les sentiments ne fondent pas l'autorité parentale, pas plus qu'ils ne définissent la filiation et ne sauraient être promus avec l'objectivité nécessaire comme fondement d'un droit. Si une telle évolution était consacrée, elle ne pourrait que contribuer à embrouiller davantage des situations familiales dont les AFC ont pu mettre en avant certaines des conséquences négatives, des « coûts », pour la société et pour les personnes.

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Le mariage, c’est l’union d’un homme et d’une femme

Dans une déclaration commune, les responsables chrétiens, juif et musulmans de la région lyonnaise attirent l’attention sur l’institution du mariage comme repère fondateur de l’humanité.
La question se pose aujourd’hui de savoir si la loi peut autoriser le mariage de deux personnes du même sexe. Il ne s’agit pas là d’un simple débat de société, mais d’un choix majeur, sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Ce n’est pas un cadeau à faire aux générations futures.

Il y a déjà assez de souffrances occasionnées par la fragilité des liens familiaux, sans parler des maladies qui touchent nos proches et des deuils. Cette fragilisation est pour beaucoup dans la difficulté que rencontrent les adultes pour aider les jeunes à construire leur vie. Comment ceux-ci seront-ils capables d’acquérir une formation solide, d’affronter leur avenir avec confiance, d’honorer les obligations d’une profession et de construire dans l’équilibre leur propre famille, si l’on relativise l’institution du mariage ? Il est capital de ne pas brouiller ce repère fondateur de l’humanité.

Une institution aussi essentielle ne peut pas être soumise aux fluctuations des courants de pensée. Elle se situe bien au delà des différences religieuses ou des clivages idéologiques. À l’heure où tant d’enseignants constatent la difficulté croissante des jeunes issus de familles éclatées à suivre correctement leur scolarité, peut-on vraiment songer à un tel bouleversement dont les conséquences pourraient être dévastatrices ? L’expérience montre ce qu’il nous en coûte aujourd’hui d’avoir laissé saccager la nature. N’allons pas maintenant déstructurer l’humanité, qui est le coeur de toute la création !

Il y a mensonge à prétendre qu’il est indifférent pour un enfant de grandir ou non avec un père et une mère. Les récits fondateurs de l’humanité sont bâtis sur la différence et la complémentarité de l’homme et de la femme. Les croyants en voient l’attestation dans les récits de la création que leur transmet la Parole de Dieu : « Au commencement, Dieu créa l’homme et la femme ». Ils sont appelés à s’unir dans le mariage pour donner la vie et la faire grandir. Tel est le socle originel sur lequel sont fondées nos vies personnelles, nos familles et nos sociétés. N’oublions pas qu’il est fragile !

Lyon, le 6 février 2007

Cardinal Philippe BARBARIN, Archevêque de Lyon
Monsieur Azzedine GACI, Président du Conseil régional du culte musulman Rhône-Alpes
Père Athanase ISKOS, Prêtre de l’Église orthodoxe grecque
Monsieur Kamel KABTANE, Recteur de la Mosquée de Lyon
Révérend Chris MARTIN, Ministre de l’Église anglicane
Pasteur Jean-Frédéric PATRZYNSKI, de l’Église luthérienne
Monsieur Richard WERTENSCHLAG, Grand Rabbin de Lyon et de la région Rhône-Alpes
Pasteur John WILSON, de l’Église évangélique baptiste
Monseigneur Norvan ZAKARIAN, Évêque de l’Église arménienne apostolique
Source(s) : FPF;FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE;

De chair et de parole

coup de coeur

Xavier Lacroix, De chair et de parole. Fonder la famille, Paris, Bayard, 2007

Avec cet ouvrage, Xavier Lacroix poursuit sa réflexion de façon toujours stimulante. Il insiste sur la nécessité d'un discours d'ordre éthique sur la famille, d'une parole « qui appelle et ouvre un horizon ». Si cette parole est nécessaire c'est, rappelle-t-il d'emblée, que les liens familiaux ne sont pas des liens comme les autres : « ils sont le fruit d'une alliance de la chair et de la parole », des liens à instituer, des liens aujourd'hui fragilisés mais célébrés par nos contemporains.
Comme le montre l'auteur, « la réalisation d'une conjugalité aimante et durable, solidaire et personnalisante est une tâche éthique toujours devant nous, individuellement et collectivement ». On comprend alors qu'il conclue en expliquant que deux verbes sont à retenir pour une éthique familiale : demeurer et cheminer. Demeurer parce que la famille a besoin de solides fondations (le mariage, la différence des sexes, l'accueil de la vie comme don et l'appartenance à un plus grand corps). Cheminer parce que la famille ouvre un chemin de vie, une aventure, avec ses joies, ses peines aussi, un chemin dans lequel l'auteur voit un « exode », « chemin hors de » qui serait caractéristique de l'amour « qui est une sortie de soi, un décentrement ».

Le notaire n’est pas le juge

Communiqué de presse

Les AFC tiennent à rappeler que le divorce n’est pas un acte banal, même quand il est demandé par consentement mutuel.
Nicolas Sarkozy a lancé ce mercredi le grand chantier de la réforme de l'Etat en dévoilant près d'une centaine de mesures.

Parmi celles-ci la possible suppression du recours au juge pour les divorces par consentement mutuel afin de désengorger la justice et réduire le coût lié à cette séparation.

Pour les AFC, une telle réforme représenterait une régression importante en matière de protection du plus faible et affaiblirait considérablement la dimension institutionnelle du mariage.

Le notaire n’est ni le juge ni le maire. Remplacer un magistrat par un officier ministériel (agent du pouvoir exécutif auprès des juridictions) banaliserait certainement l’acte.

Le mariage, union d’un homme et d’une femme dans la durée, reposant sur leur engagement public, sert le bien commun et favorise la protection du plus faible au sein du couple. Simplifier d’avantage sa rupture reviendrait à affaiblir sa valeur.

Actualités des familles La Croix