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Demographie-conditions de vie

Logement et budget des ménages

Premier poste de dépenses devant l'alimentation et les transports, le logement demeure l'une des principales préoccupations des familles.

Une étude récente de l'INSEE montre un accroissement global du poids des dépenses de logement sur les vingt dernières années. Le logement[1] représente 18% de la dépense totale annuelle d'un ménage en 2005, contre 17% en 1985.

L'évolution de ces dépenses est variable selon le statut d'occupation du logement : la hausse est marquée surtout pour les locataires (25% contre 19%), tandis que les propriétaires voient ce poste stagner pour les accédants (22% contre 21%), voire même baisser, pour ceux dégagés des crédits d'achats (10 % contre 13%)

L'augmentation des dépenses de logement touche essentiellement les ménages les plus modestes et les moins de 25 ans. Contrairement aux idées reçues, elle serait davantage liée à la dégradation du niveau de vie des locataires qu'à la hausse des prix de l'immobilier.

La contrainte budgétaire liée au logement pour les ménages les plus modestes s'est accrue fortement (à hauteur de 40%) entre 1985 et 2005, notamment chez les ouvriers et les employés.

L'accession à la propriété permet d'améliorer la situation : un tiers des ménages sont propriétaires aujourd'hui contre seulement un quart il y a vingt ans.

L'étude constate néanmoins un « effet générationnel » qui rend plus difficile l'accès à la propriété aujourd'hui. L'âge moyen des propriétaires a nettement augmenté entre 1985 et 2005 : il est passé de 60 à 64 ans, contre 43 ans en moyenne pour les locataires et accédants.

Il s'agit pour la plupart de couples retraités ou en fin de vie active disposant d'une certaine aisance financière.

Sujet familial par excellence, le logement reste encore une lourde charge pour le budget des familles et en particulier des jeunes ménages. Les AFC restent donc attentives à cette question et s'efforcent de proposer des solutions pour alléger le coût du logement pour les familles. ll y a là aussi un champ d'action pour la politique familiale.

[1] L’étude inclut l’ensemble des dépenses liées au logement à savoir les dépenses d’investissement immobilier, les charges d’occupation du logement (eau, énergie), les frais d’assurance et les impôts.

1914-2014 : un siècle d’évolution de la pyramide des âges en France

logo inedBrève - Population et Sociétés N°509, mars 2014

L'Institut National des Etudes Démographiques vient de publier une étude analysant un siècle d'évolution de la pyramide des âges en France. L'illustration parfaite du vieillissement de notre population, compensé par un fort taux de natalité, qui donne lieu à une situation quasi unique parmi les pays développés.

De la fameuse « pyramide des âges » du 1er janvier 1914 - époque à laquelle les enfants et les jeunes étaient bien plus nombreux que les personnes âgées - nous sommes passées en 2014 à un gâteau, un « cup cake ». « Le nombre de naissances s'est maintenu à un niveau à peu près constant depuis la fin du baby boom il y a 40 ans » analyse Gilles Pison pour expliquer la forme de cette nouvelle pyramide des âges.

En France, l'indicateur de fécondité est encore de 1,97 enfant par femme en 2013. « Une situation unique au monde, souligne Gilles Pison, car la plupart des pays développés présentent aujourd'hui une pyramide des âges dont la base est devenue très étroite, comme celle de l'Allemagne qui s'apparente de plus en plus à un losange. »

Quel avenir alors pour la population française ? Pour Gilles Pison, « il faudra un demi-siècle pour que ce renflement disparaisse, le temps que les dernières générations de baby-boomers disparaissent. » D'ici une cinquantaine d'années, si l'espérance de vie continue à progresser et que la natalité se maintient, la représentation en âges de la population française pourrait retrouver la régularité qu'elle avait à la veille de la 1e guerre mondiale et adopter une forme très large de tour surmontée d'un petit dôme.

Les projections concernant l'évolution de la population et les éléments connus à propos du « désir d'enfant » trouvent ici toute leur pertinence. Ils appellent une attention particulière s'agissant des facteurs de nature à faciliter ou, au contraire, à freiner le choix posé par les familles.

Pourquoi les Français ne fondent pas la famille qu’ils désirent ?

baby feetEn février, une étude sur le « désir d'enfant en France » réalisée conjointement par l'UNAF et la CNAF révèle que les Français aspirent à une famille nombreuse mais qu'il y a un « décalage entre désir et réalité ».

Pour 57% des sondés, avoir un couple stable est préalable à l'accueil d'un enfant ; de même, avoir un travail stable (43%) ou encore un logement adapté (60 %).

Parmi les principales raisons qui ont freiné la réalisation de la famille souhaitée, un logement inadapté (28%), le coût d'un enfant supplémentaire à élever (28%) et l'âge estimé trop avancé des parents en question (33%) arrivent en tête.

Enfin, 40% ont été influencés dans leur choix par la difficulté à concilier vie familiale et professionnelle d'une part et, d'autre part, parce que « les mesures de politique familiale ne permettent pas d'avoir le nombre d'enfants désiré » (56%).

Cette étude souligne les pistes d'actions pour soutenir et accompagner les familles à réaliser la famille à laquelle elles aspirent : accompagner les couples dans la durée, harmoniser la vie familiale et professionnelle et créer les conditions d'un vrai libre choix, rénover la politique familiale et faire reconnaître sa portée préventive, donner à chaque famille les moyens de subvenir à ses besoins par le travail, favoriser l'accès au logement.

Certaines mesures de politique familiale pourraient d'ores et déjà lever un certain nombre de freins évoqués par les familles sondées, comme préserver et développer l'utilisation du quotient familial, instaurer une progressivité du montant des allocations familiales, revaloriser le travail, réformer le congé parental...

Sur tous ces sujets, les AFC poursuivent des travaux depuis plusieurs années et œuvrent auprès des pouvoirs politiques, des partenaires économiques et sociaux en proposant des pistes concrètes et des leviers d'action possibles.

Actualité La Croix