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Logement : une charge croissante pour les familles (30 ans d’évolution des dépenses de logement des locataires du parc social et du parc privé)

parc immo DRESS juill2014La part du revenu consacré au logement a fortement augmenté en France, selon la dernière étude de la Drees (Ministère de la Santé). Au cours des trente dernières années, elle est passée pour les locataires de 17 % en 1984 à 24 % en 2006.

L'augmentation a été particulièrement marquée dans le secteur privé. En effet, entre 1984 et 2006, les loyers dans le parc privé ont crû nettement plus rapidement que dans le parc social. Mais la hausse plus rapide des loyers dans le parc privé a été, toujours selon cette étude, en partie compensée par un creusement des écarts de revenus entre locataires des parcs privé et social.

Depuis 30 ans, les caractéristiques des locataires du parc social se sont largement modifiées : 40 % des habitants du parc social en 2006 appartiennent aux 25 % des personnes les plus modestes alors qu'ils n'étaient que 16 % en 1973. Ce recentrage du parc social sur des ménages moins aisés s'explique par une modification des dispositions légales et réglementaires régissant l'accès et le maintien dans les logements sociaux, mais également par des évolutions sociales et économiques, notamment la hausse du chômage et du nombre de familles monoparentales. Les familles monoparentales, particulièrement représentées dans le parc social, ont des taux d'effort beaucoup plus élevés qu'un couple avec enfants, et atteignent 31,8 % pour le parc privé et 23,6 % pour le parc social, chiffres qui illustrent à nouveau les coûts du « non-mariage ».

L'étude constate aussi un écart grandissant de revenu entre les locataires et les propriétaires. Les premiers ont vu leurs revenus relatifs progresser moins vite que ceux du reste de la population.

Ces chiffres illustrent les difficultés auxquelles les familles sont aujourd'hui confrontées en matière de logement. La charge que représente ce dernier ne faiblit pas et exerce une pression sur le niveau des salaires quand la recherche d'un logement plus abordable conduit à l'éloignement du lieu de travail et à une harmonisation entre vie familiale et vie professionnelle plus difficile. Il y a là un enjeu politique majeur pour lever les incertitudes que rencontrent les familles.

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Les familles nombreuses plus touchées par la pauvreté ?

L'étude INSEE références parue au mois de juillet fait ressortir plusieurs éléments sur les familles nombreuses, et l'incidence de la composition familiale sur le revenu et patrimoine des ménages :

  • s'agissant de l'épargne, les familles avec plus de deux enfants épargnent moins que les autres. La différence avec les ménages sans enfants devient vraiment significative à partir de 2 enfants.

Si on prend en compte les biens durables, un tiers des familles nombreuses (plus de 3 enfants) n'ont pas épargné en 2009 ;

  • s'agissant du risque de pauvreté , d'une part, le seul fait de vivre en couple éloigne de la pauvreté (moins de 10% des individus vivant en couple sont pauvres, contre 14% dans la population totale) d'autre part la naissance d'un enfant l'année précédente diminue le risque de pauvreté (-1,35 points). L'arrivée d'un enfant a à priori plusieurs effets en sens opposés : si, d'un côté, elle représente un coût supplémentaire pour le ménage, elle s'accompagne de l'autre côté d'une hausse du revenu disponible, via des prestations sociales, une diminution des impôts directs (quotient familial pour l'impôt sur le revenu, abattements pour la taxe d'habitation), et coïncide souvent avec un surcroît de revenus d'activités. L'effet revenu l'emporte donc sur l'effet charge.

A contrario, le risque de pauvreté est accru l'année d'un divorce ou d'une séparation du couple (+ 3,84 points). Il s'ensuit un taux de pauvreté très élevé des mères isolées (28 % pour les actives, 68 % pour les inactives)

  • sur la pauvreté des enfants : en 2011, 19, 5% des moins de 18 ans sont pauvres contre 14% pour la population globale. Le risque de pauvreté augmente avec la taille de la fratrie (à partir du 3ème enfant) : ainsi la proportion d'enfants pauvres passe de 21,9 % pour ceux qui vivent avec deux frères et sœurs, à 53,2% à partir de quatre frères et sœurs.

Pour les AFC, ces chiffres éclairent à niveau de revenu égal, les différences de niveaux de vie entre familles avec enfants et familles sans enfants, accentuées par la taille des fratries, qui justifient leur prise en compte par des mesures de politique familiale. Ils traduisent également la nécessité de prévenir les situations de ruptures familiales, qui constituent le principal facteur de pauvreté.

2012 : année du mariage ?

mariesL'Insee vient de publier les statistiques d'état civil sur les mariages en 2012.

L'étude révèle ainsi que, « en 2012, 245 930 mariages ont été enregistrés en France (hors Mayotte), dont 239 840 en France métropolitaine.

Après une baisse quasi-continue depuis 2000, le nombre de mariages augmente ainsi en 2012 (+ 3,8 %) après avoir fortement baissé en 2011 (− 5,9 %). Cette année-là, le nombre de mariages avait atteint son niveau le plus bas depuis le début du XXe siècle en dehors des années de guerre (1914-1918 et 1940-1944). Il est possible qu'une modification du droit fiscal [...] soit en partie à l'origine de la baisse importante des mariages en 2011 »

Sur le plan de l'âge du mariage, les évolutions antérieures ont, par contre, plutôt tendance à se confirmer : « En moyenne, les hommes qui se sont mariés pour la première fois en 2012 ont 33,3 ans et les femmes, 31,3 ans. Depuis 15 ans, ces âges au premier mariage ont progressé de trois années pour les deux conjoints, stabilisant l'écart d'âge moyen entre époux et épouses à deux années ».

Autre fait notable, dont on peut se demander s'il est à rapprocher de la perspective d'une modification substantielle du mariage perçue déjà par les couples dans les débats autour du « mariage pour tous », « la part des premiers mariages dans l'ensemble des mariages augmente en 2012, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, après cinq années de stabilité : elle est respectivement de 80,2 % et 81,3 % (contre 79,4 % et 80,6 % en 2011). Parmi les mariages enregistrés en 2012, 72 % des mariages sont célébrés entre deux célibataires, 9 % entre deux divorcés, 9 % entre un homme divorcé et une femme célibataire et 8 % entre une femme divorcée et un homme célibataire ». Certains ont-ils voulu se marier dans un cadre juridique encore porteur d'un sens partagé ? Cela semble plausible quand on remarque (au-delà des variations géographiques), par ailleurs, que « en 2012, 58 % des mariages sont célébrés entre juin et septembre. Le profil saisonnier des mariages est donc un peu moins marqué qu'en 2011 puisque la part célébrée entre juin et septembre était de 62%. En particulier la part des mariages célébrés en juillet passe d'environ 19 % en 2010 et 2011 à 13 % en 2012 (le 14 juillet tombant un samedi cette année-là) ».

Voilà des chiffres qui éclairent indirectement certaines des conséquences de la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples composés de personne de même sexe : ils montrent que ces effets étaient perçus par ceux qui s'apprêtaient à se marier, fût-ce intuitivement.

Actualité La Croix