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Demographie-conditions de vie

2012 : année du mariage ?

mariesL'Insee vient de publier les statistiques d'état civil sur les mariages en 2012.

L'étude révèle ainsi que, « en 2012, 245 930 mariages ont été enregistrés en France (hors Mayotte), dont 239 840 en France métropolitaine.

Après une baisse quasi-continue depuis 2000, le nombre de mariages augmente ainsi en 2012 (+ 3,8 %) après avoir fortement baissé en 2011 (− 5,9 %). Cette année-là, le nombre de mariages avait atteint son niveau le plus bas depuis le début du XXe siècle en dehors des années de guerre (1914-1918 et 1940-1944). Il est possible qu'une modification du droit fiscal [...] soit en partie à l'origine de la baisse importante des mariages en 2011 »

Sur le plan de l'âge du mariage, les évolutions antérieures ont, par contre, plutôt tendance à se confirmer : « En moyenne, les hommes qui se sont mariés pour la première fois en 2012 ont 33,3 ans et les femmes, 31,3 ans. Depuis 15 ans, ces âges au premier mariage ont progressé de trois années pour les deux conjoints, stabilisant l'écart d'âge moyen entre époux et épouses à deux années ».

Autre fait notable, dont on peut se demander s'il est à rapprocher de la perspective d'une modification substantielle du mariage perçue déjà par les couples dans les débats autour du « mariage pour tous », « la part des premiers mariages dans l'ensemble des mariages augmente en 2012, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, après cinq années de stabilité : elle est respectivement de 80,2 % et 81,3 % (contre 79,4 % et 80,6 % en 2011). Parmi les mariages enregistrés en 2012, 72 % des mariages sont célébrés entre deux célibataires, 9 % entre deux divorcés, 9 % entre un homme divorcé et une femme célibataire et 8 % entre une femme divorcée et un homme célibataire ». Certains ont-ils voulu se marier dans un cadre juridique encore porteur d'un sens partagé ? Cela semble plausible quand on remarque (au-delà des variations géographiques), par ailleurs, que « en 2012, 58 % des mariages sont célébrés entre juin et septembre. Le profil saisonnier des mariages est donc un peu moins marqué qu'en 2011 puisque la part célébrée entre juin et septembre était de 62%. En particulier la part des mariages célébrés en juillet passe d'environ 19 % en 2010 et 2011 à 13 % en 2012 (le 14 juillet tombant un samedi cette année-là) ».

Voilà des chiffres qui éclairent indirectement certaines des conséquences de la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples composés de personne de même sexe : ils montrent que ces effets étaient perçus par ceux qui s'apprêtaient à se marier, fût-ce intuitivement.

Logement et budget des ménages

Premier poste de dépenses devant l'alimentation et les transports, le logement demeure l'une des principales préoccupations des familles.

Une étude récente de l'INSEE montre un accroissement global du poids des dépenses de logement sur les vingt dernières années. Le logement[1] représente 18% de la dépense totale annuelle d'un ménage en 2005, contre 17% en 1985.

L'évolution de ces dépenses est variable selon le statut d'occupation du logement : la hausse est marquée surtout pour les locataires (25% contre 19%), tandis que les propriétaires voient ce poste stagner pour les accédants (22% contre 21%), voire même baisser, pour ceux dégagés des crédits d'achats (10 % contre 13%)

L'augmentation des dépenses de logement touche essentiellement les ménages les plus modestes et les moins de 25 ans. Contrairement aux idées reçues, elle serait davantage liée à la dégradation du niveau de vie des locataires qu'à la hausse des prix de l'immobilier.

La contrainte budgétaire liée au logement pour les ménages les plus modestes s'est accrue fortement (à hauteur de 40%) entre 1985 et 2005, notamment chez les ouvriers et les employés.

L'accession à la propriété permet d'améliorer la situation : un tiers des ménages sont propriétaires aujourd'hui contre seulement un quart il y a vingt ans.

L'étude constate néanmoins un « effet générationnel » qui rend plus difficile l'accès à la propriété aujourd'hui. L'âge moyen des propriétaires a nettement augmenté entre 1985 et 2005 : il est passé de 60 à 64 ans, contre 43 ans en moyenne pour les locataires et accédants.

Il s'agit pour la plupart de couples retraités ou en fin de vie active disposant d'une certaine aisance financière.

Sujet familial par excellence, le logement reste encore une lourde charge pour le budget des familles et en particulier des jeunes ménages. Les AFC restent donc attentives à cette question et s'efforcent de proposer des solutions pour alléger le coût du logement pour les familles. ll y a là aussi un champ d'action pour la politique familiale.

[1] L’étude inclut l’ensemble des dépenses liées au logement à savoir les dépenses d’investissement immobilier, les charges d’occupation du logement (eau, énergie), les frais d’assurance et les impôts.

1914-2014 : un siècle d’évolution de la pyramide des âges en France

logo inedBrève - Population et Sociétés N°509, mars 2014

L'Institut National des Etudes Démographiques vient de publier une étude analysant un siècle d'évolution de la pyramide des âges en France. L'illustration parfaite du vieillissement de notre population, compensé par un fort taux de natalité, qui donne lieu à une situation quasi unique parmi les pays développés.

De la fameuse « pyramide des âges » du 1er janvier 1914 - époque à laquelle les enfants et les jeunes étaient bien plus nombreux que les personnes âgées - nous sommes passées en 2014 à un gâteau, un « cup cake ». « Le nombre de naissances s'est maintenu à un niveau à peu près constant depuis la fin du baby boom il y a 40 ans » analyse Gilles Pison pour expliquer la forme de cette nouvelle pyramide des âges.

En France, l'indicateur de fécondité est encore de 1,97 enfant par femme en 2013. « Une situation unique au monde, souligne Gilles Pison, car la plupart des pays développés présentent aujourd'hui une pyramide des âges dont la base est devenue très étroite, comme celle de l'Allemagne qui s'apparente de plus en plus à un losange. »

Quel avenir alors pour la population française ? Pour Gilles Pison, « il faudra un demi-siècle pour que ce renflement disparaisse, le temps que les dernières générations de baby-boomers disparaissent. » D'ici une cinquantaine d'années, si l'espérance de vie continue à progresser et que la natalité se maintient, la représentation en âges de la population française pourrait retrouver la régularité qu'elle avait à la veille de la 1e guerre mondiale et adopter une forme très large de tour surmontée d'un petit dôme.

Les projections concernant l'évolution de la population et les éléments connus à propos du « désir d'enfant » trouvent ici toute leur pertinence. Ils appellent une attention particulière s'agissant des facteurs de nature à faciliter ou, au contraire, à freiner le choix posé par les familles.

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