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Pourquoi les Français ne fondent pas la famille qu’ils désirent ?

baby feetEn février, une étude sur le « désir d'enfant en France » réalisée conjointement par l'UNAF et la CNAF révèle que les Français aspirent à une famille nombreuse mais qu'il y a un « décalage entre désir et réalité ».

Pour 57% des sondés, avoir un couple stable est préalable à l'accueil d'un enfant ; de même, avoir un travail stable (43%) ou encore un logement adapté (60 %).

Parmi les principales raisons qui ont freiné la réalisation de la famille souhaitée, un logement inadapté (28%), le coût d'un enfant supplémentaire à élever (28%) et l'âge estimé trop avancé des parents en question (33%) arrivent en tête.

Enfin, 40% ont été influencés dans leur choix par la difficulté à concilier vie familiale et professionnelle d'une part et, d'autre part, parce que « les mesures de politique familiale ne permettent pas d'avoir le nombre d'enfants désiré » (56%).

Cette étude souligne les pistes d'actions pour soutenir et accompagner les familles à réaliser la famille à laquelle elles aspirent : accompagner les couples dans la durée, harmoniser la vie familiale et professionnelle et créer les conditions d'un vrai libre choix, rénover la politique familiale et faire reconnaître sa portée préventive, donner à chaque famille les moyens de subvenir à ses besoins par le travail, favoriser l'accès au logement.

Certaines mesures de politique familiale pourraient d'ores et déjà lever un certain nombre de freins évoqués par les familles sondées, comme préserver et développer l'utilisation du quotient familial, instaurer une progressivité du montant des allocations familiales, revaloriser le travail, réformer le congé parental...

Sur tous ces sujets, les AFC poursuivent des travaux depuis plusieurs années et œuvrent auprès des pouvoirs politiques, des partenaires économiques et sociaux en proposant des pistes concrètes et des leviers d'action possibles.

Une bonne nouvelle pour la famille : tous les Français et les Françaises (ou presque) veulent un enfant

Selon une étude de l’institut national d’études démographiques (Ined) publié le 12 février 2014 (Population & Sociétés, 508, février 2014), les personnes sans enfant et déclarant ne pas en vouloir sont relativement rares en France. Les auteurs estiment même que c’est « un choix de vie à contre-courant ». En effet, la part de Français déclarant ne pas vouloir d'enfant est  très faible : 6,3% des hommes et 4,3% des femmes. Lorsqu'ils sont en couple, les Français sont même encore moins nombreux à déclarer ne pas vouloir d'enfants : 3% pour les femmes et 5% pour les hommes. « Ces chiffres sont stable depuis 1995 et rappellent que l’arrivée d’un premier enfant fait toujours partie du parcours conjugal attendu par les couples eux-mêmes et par leur entourage », note l’Ined.

Après 35 ans, le souhait de ne pas être parent est très minoritaire pour les femmes comme pour les hommes en couple, indépendamment de leur milieu social : presque tous souhaitent devenir parent (ou le sont déjà), souligne l'étude.  En revanche, parmi les femmes n'étant pas en couple, ce sont les plus diplômées qui déclarent le plus souvent vouloir rester sans enfant. « Elles sont plus que les autres inscrites dans des parcours de vie sortant des schémas traditionnels de socialisation assignés aux femmes dès le plus jeune âge », indique l'Ined. A l'inverse, les hommes qui ne sont pas en couple sont moins nombreux à ne pas vouloir d'enfant lorsqu'ils sont très diplômés.

Quelles sont les raisons avancées pour « rester sans enfant » ? Les auteurs évoquent comme étant cités très fréquemment : « le fait d’être bien sans enfant, de vouloir rester libre, d’avoir d’autres priorités ». Ce souci de l’épanouissement personnel est d’autant plus mis en avant que le niveau de diplôme est élevé. Ces personnes « mettent en relief la tension entre deux valeurs de la société contemporaine : la liberté individuelle et la famille ». Les raisons économiques ou matérielles n’apparaissent que très loin derrière, y compris chez les plus jeunes.

Ces situations sont sans doute à mettre à regard des informations déjà disponibles (Deux ou trois enfants? Influence de la politique familiale et de quelques facteurs sociodémographiques) sur celles et ceux qui acceptent d’accueillir « un enfant de plus » qui éclairent aussi le rôle de la politique familiale.

Quel enseignement tirer d’une telle étude ? Il est frappant de constater que, à tous les âges, le désir de fonder une famille est fort. C’est bel et bien une aspiration générale pour nos contemporains, le couple étant bien aussi au fondement de la famille. Les raisons invoquées par les personnes souhaitant rester sans enfants illustrent aussi la nécessité d’un investissement en matière de conjugalité pour une meilleure compréhension de l’engagement de la liberté de la personne dans le couple et la famille et de l’épanouissement que chaque « engagé » y trouve…

66 millions de Français en 2014 : quelles perspectives ?

Selon les derniers chiffres de l’INSEE, jamais la France n’a compté autant d’habitants, malgré des taux de natalité et de fécondité en baisse.

Selon le bilan que vient de publier l’Institut national de la statistique (Insee), au 1er janvier 2014 la France-métropolitaine et Outre-Mer- comptait 66 millions d’habitants. Cependant, 280 000 de plus en un an (+ 0,4%) constitue la croissance la plus faible depuis l’an 2000.

En 2013, le taux de fécondité (hors Mayotte) a reculé à 1,99 enfant par femme contre 2,01 en 2012 et 2,03 en 2010, année où le nombre de naissances avait atteint un pic. Ce recul de naissance s’explique par la baisse du nombre de femmes en âge de procréer. La France reste cependant, avec l’Irlande, le pays le plus fécond d’Europe. L’âge moyen de l’accouchement est de 30,1 ans. Quant au taux de natalité, il est aujourd’hui au plus bas depuis la fin de la Première guerre mondiale.

Comme les années précédentes, la croissance de la population est principalement portée par le "solde naturel", c’est-à-dire l’excédent des naissances (810 000) sur les décès (572 000). Mais en 2013, cet excédent (238 000) est le plus bas enregistré depuis 2003 (année de la canicule), avec des naissances moins nombreuses et des décès en augmentation.

Le vieillissement de la population est plus rapide depuis 2011, année au cours de laquelle les premiers baby-boomers ont atteint 45 ans. Au 1er janvier 2014, la France comptait 18 % d’habitants âgés d’au moins 65 ans (+ 3,4 points en 20 ans). Les 75 ans et plus représentaient 9,1% de la population (+ 3 points en 20 ans). Le vieillissement des générations nombreuses du baby-boom (nées entre 1946 et 1974) devrait continuer d’augmenter le nombre de décès à l’avenir. L’espérance de vie, elle, a augmenté à 85 ans pour les femmes et 78,7 ans pour les hommes.

En 2013, l’augmentation des décès s’explique aussi par une mortalité très importante sur les quatre premiers mois, février et mars ayant été particulièrement froids et l’épidémie de grippe ayant duré 13 semaines.

Le "solde migratoire", soit l’excédent des entrées par rapport aux sorties du territoire, a pour sa part contribué de manière plus marginale à la croissance de la population.

L’exception française en matière démographique va-t-elle persister ? La question peut se poser au vu de ces chiffres et des annonces faites en matière de politique familiale qui en brouillent la lisibilité.

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