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Demographie-conditions de vie

Le retard scolaire à l'entrée en 6ème : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés

L'INSEE vient de publier une étude sur le retard scolaire.

Le redoublement est un problème auquel de nombreuses familles sont confrontés chaque année.
Le retard scolaire concerne 12,3% des élèves lors du passage en sixième. Un résultat qui varie en fonction de la situation géographique. Le taux de redoublement en primaire est plus « fréquent dans les territoires les plus défavorisés ».

L'académie de Paris est la moins touchée par le redoublement en primaire avec un taux de seulement 9,4%. Laquelle arrive juste devant celle de Rennes (10%) et celle de Grenoble (10,4%). En bas de classement en France métropolitaine, on retrouve l'académie de Lille qui enregistre un taux de 14,8%. Dans les DOM, 18% des élèves sont en retard scolaire, avec une proportion très élevée pour la Guyane, 33%.

L'INSEE identifie les causes de ces différences. Si l'environnement géographique influe, « La probabilité d'être en retard pour un élève varie fortement selon ses caractéristiques socio-démographiques (sexe, nationalité...) et celle de sa famille (profession des parents) ». On pourrait creuser ici aussi le poids de l'instabilité familiale qui peut renforcer, on le sait, celui des variables mentionnées dans cette étude.

Dans cette étude, on apprend également que les garçons redoublent plus que les filles. Ces derniers sont 13,6% à avoir accusé une année de retard durant leur cycle primaire. Quant aux filles, elles ne sont que 11%.

Autre critère pris en compte : la nationalité. « Les écart sont très marqués entre les élèves de nationalité française (11,8%) et ceux de nationalité étrangère (32,4%) », « près du tiers de ces derniers commencent avec un retard d'au moins un an le cycle secondaire ».

En savoir plus sur le site de l'INSEE

Logement : une charge croissante pour les familles (30 ans d’évolution des dépenses de logement des locataires du parc social et du parc privé)

parc immo DRESS juill2014La part du revenu consacré au logement a fortement augmenté en France, selon la dernière étude de la Drees (Ministère de la Santé). Au cours des trente dernières années, elle est passée pour les locataires de 17 % en 1984 à 24 % en 2006.

L'augmentation a été particulièrement marquée dans le secteur privé. En effet, entre 1984 et 2006, les loyers dans le parc privé ont crû nettement plus rapidement que dans le parc social. Mais la hausse plus rapide des loyers dans le parc privé a été, toujours selon cette étude, en partie compensée par un creusement des écarts de revenus entre locataires des parcs privé et social.

Depuis 30 ans, les caractéristiques des locataires du parc social se sont largement modifiées : 40 % des habitants du parc social en 2006 appartiennent aux 25 % des personnes les plus modestes alors qu'ils n'étaient que 16 % en 1973. Ce recentrage du parc social sur des ménages moins aisés s'explique par une modification des dispositions légales et réglementaires régissant l'accès et le maintien dans les logements sociaux, mais également par des évolutions sociales et économiques, notamment la hausse du chômage et du nombre de familles monoparentales. Les familles monoparentales, particulièrement représentées dans le parc social, ont des taux d'effort beaucoup plus élevés qu'un couple avec enfants, et atteignent 31,8 % pour le parc privé et 23,6 % pour le parc social, chiffres qui illustrent à nouveau les coûts du « non-mariage ».

L'étude constate aussi un écart grandissant de revenu entre les locataires et les propriétaires. Les premiers ont vu leurs revenus relatifs progresser moins vite que ceux du reste de la population.

Ces chiffres illustrent les difficultés auxquelles les familles sont aujourd'hui confrontées en matière de logement. La charge que représente ce dernier ne faiblit pas et exerce une pression sur le niveau des salaires quand la recherche d'un logement plus abordable conduit à l'éloignement du lieu de travail et à une harmonisation entre vie familiale et vie professionnelle plus difficile. Il y a là un enjeu politique majeur pour lever les incertitudes que rencontrent les familles.

En savoir plus sur le site de la DRESS

Les familles nombreuses plus touchées par la pauvreté ?

L'étude INSEE références parue au mois de juillet fait ressortir plusieurs éléments sur les familles nombreuses, et l'incidence de la composition familiale sur le revenu et patrimoine des ménages :

  • s'agissant de l'épargne, les familles avec plus de deux enfants épargnent moins que les autres. La différence avec les ménages sans enfants devient vraiment significative à partir de 2 enfants.

Si on prend en compte les biens durables, un tiers des familles nombreuses (plus de 3 enfants) n'ont pas épargné en 2009 ;

  • s'agissant du risque de pauvreté , d'une part, le seul fait de vivre en couple éloigne de la pauvreté (moins de 10% des individus vivant en couple sont pauvres, contre 14% dans la population totale) d'autre part la naissance d'un enfant l'année précédente diminue le risque de pauvreté (-1,35 points). L'arrivée d'un enfant a à priori plusieurs effets en sens opposés : si, d'un côté, elle représente un coût supplémentaire pour le ménage, elle s'accompagne de l'autre côté d'une hausse du revenu disponible, via des prestations sociales, une diminution des impôts directs (quotient familial pour l'impôt sur le revenu, abattements pour la taxe d'habitation), et coïncide souvent avec un surcroît de revenus d'activités. L'effet revenu l'emporte donc sur l'effet charge.

A contrario, le risque de pauvreté est accru l'année d'un divorce ou d'une séparation du couple (+ 3,84 points). Il s'ensuit un taux de pauvreté très élevé des mères isolées (28 % pour les actives, 68 % pour les inactives)

  • sur la pauvreté des enfants : en 2011, 19, 5% des moins de 18 ans sont pauvres contre 14% pour la population globale. Le risque de pauvreté augmente avec la taille de la fratrie (à partir du 3ème enfant) : ainsi la proportion d'enfants pauvres passe de 21,9 % pour ceux qui vivent avec deux frères et sœurs, à 53,2% à partir de quatre frères et sœurs.

Pour les AFC, ces chiffres éclairent à niveau de revenu égal, les différences de niveaux de vie entre familles avec enfants et familles sans enfants, accentuées par la taille des fratries, qui justifient leur prise en compte par des mesures de politique familiale. Ils traduisent également la nécessité de prévenir les situations de ruptures familiales, qui constituent le principal facteur de pauvreté.

Actualités des familles La Croix