Marchons Enfants ! Les infos

Marchons enfant 2019 bannière

Back Vous êtes ici : Société Questions de société Fin de vie Un avis attendu sur la fin de vie

Un avis attendu sur la fin de vie

comité d'ethique sur la fin de vieHier, lundi 1er juillet, le Comité National Consultatif d’Ethique (CCNE) a publié un avis concernant « Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir ».
Il a estimé que qu’une « légalisation » de l’euthanasie, appelée parfois ‘suicide assisté’, « n’est pas souhaitable » et ses membres ont exprimé « des réserves majeures et recommandent de ne pas modifier la loi actuelle, estimant qu’elle opère une distinction essentielle et utile entre « laisser mourir » et « faire mourir ». »

L’avis, au contraire, invite à améliorer l’existant avant d’innover. En particulier, le CCNE préconise de « passer d’une procédure collégiale à une délibération collective et interdisciplinaire », de « repenser la vocation et la valeur des directives anticipées », et de « réévaluer la pratique de la sédation en phase terminale ».

Le CCNE interpelle par ailleurs les français sur plusieurs points qu’il est intéressant de noter.

D’une part, dans un contexte européen où la tendance est à l’alignement de la législation française sur les législations de nos voisins européens, le CCNE, « à la lumière notamment des expériences étrangères, très difficile à stabiliser », souligne « les risques qui en découlent au regard de  l’exigence de solidarité et de fraternité qui est garante du vivre ensemble dans une société  marquée par de nombreuses fragilités individuelles et collectives et des carences  importantes dans le champ de la politique relative à la fin de vie. »

D‘autre part, il rappelle que le suicide est « l’aboutissement du désespoir de ne pas trouver de sens à sa vie » là où « notre société a d’abord le devoir de tendre  la main à ceux de ses citoyens qui ont besoin qu’on les aide à vivre, à surmonter une perte d’espoir et elle a toujours aspiré à mieux le faire. La notion d’assistance au suicide heurte donc a priori, dans la mesure où elle paraît signifier qu’à rebours de notre détermination à répondre à l’appel de ceux qui veulent attenter à leurs jours, l’on puisse regarder le suicide  comme une solution acceptable. Cette conception est traduite dans le droit pénal par l’infraction de non-assistance à personne en danger

Le CCNE insiste sur le risque de ‘déshumanisation’ que pourrait engendrer la reconnaissance de l’euthanasie, en instaurant un climat de méfiance dans « la relation du  malade avec son entourage, soignants en particulier. La confiance de fond en la bienfaisance pourrait être ébranlée. »

Enfin, l’avis souligne, avec sagesse, que  « la souffrance physique n’est pas le seul enjeu des demandes » du côté des patients, et que « l’entourage peut [...] projeter sur la personne malade ses propres angoisses ou ses difficultés à assurer un accompagnement. » L'accompagnement des personnes en fin de vie appelle en effet d'abord des actions de terrain et certainement pas de nouvelles lois qui instaureraient un « droit à mourir », la mort ne pouvant être en aucun cas une réponse à la souffrance. Les AFC ont souligné le nécessaire soutien à apporter au développement des soins palliatifs, aux dispositifs de soutien aux aidants familiaux ainsi qu'aux associations de bénévoles qui œuvrent dans les structures d'accueil de personnes en fin de vie, apportant aux familles un soutien précieux, même si encore insuffisamment répandu et reconnu. En outre, les soins palliatifs sont seuls à même d'apporter le soulagement psychologique et physique dont ont besoin les personnes en fin de vie et qu'à ce titre, il faut les concevoir comme une réponse globale, au-delà de l'émotion et de l'indignation suscitées par des réponses jugées insuffisantes à la souffrance des personnes concernées.


Dans le même sens que l’avis du CCNE et rejoignant ses constats et analyses, les AFC, en s'appuyant notamment sur leur expérience en tant qu'association agréée de représentation des usagers dans les établissements de santé, ont insisté et insistent encore pour rappeler l'importance de l'accompagnement des personnes en fin de vie et de la grande diversité des situations en la matière et, donc, des progrès à accomplir. Cette démarche est susceptible de faire sortir d'une perspective exclusivement technique. Ce sujet interpelle personnellement chacun et il invite à considérer la personne accompagnée dans sa globalité, à prendre en compte la dimension physique et morale, dans une société où la mort est « mise à distance ». Les récents débats ont également montré que la portée et la gravité des questions soulevées interrogent chaque citoyen sur la manière d'humaniser ses relations et d'envisager la solidarité.


Coup de cœur

PMA couv enjeux debats

Actualités des familles La Croix