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Dossier de l'été : quelle image la culture ambiante donne-t-elle de la sexualité ?

stockvault-coupleLe monde contemporain promeut une image réductrice de la sexualité. Le message prédominant semble être que, en matière sexuelle, tout se réduit à la consommation, au plaisir et à la performance. Cette tendance est d'autant plus forte qu'elle se manifeste parallèlement à la célébration de la liberté individuelle conçue comme une totale permissivité. Cette célébration fait une présentation fallacieuse du plaisir qui serait interdit.

Ainsi, les représentations contemporaines de la sexualité déroutent fréquemment l'intime. C'est comme s'il existait des formules pour vivre une relation sexuelle satisfaisante et qu'il fallait les apprendre par cœur, sous peine de « disqualification ». Par ailleurs en mettant en avant non la relation mais le plaisir, non l'être humain mais son seul corps, ces représentations placent le soi avant l'autre et proposent une relation d'intérêts individuels momentanément convergents sans prendre en compte l'être humain tel qu'il est.

La sexualité, celle dont on discute dans la presse-magazine ou dans de nombreuses émissions télévisées, se limite la plupart du temps à une série de recettes et de pourcentages : on en parle comme de n'importe quelle autre activité, quelque chose que l'on peut apprendre et gérer. A titre d'exemple, en décembre 2001, dans Jeune et Jolie, l'article à la une était : « Le petit guide des préliminaires ». Le témoignage personnel, en général renforcé par des discours d'« experts », devient une sorte d'abécédaire de la « sexualité épanouie ».

Le rôle des sentiments, la valeur de la relation entre un homme et une femme n'ont pas complètement disparu aujourd'hui des films, des livres, ... Reste que, médiatiquement, des messages omniprésents usent de la sensualité comme moyen d'accroche ; le sexe s'exhibe : l'imaginaire sexuel contemporain s'inscrit dans un climat de transparence et de banalisation qui affiche des attitudes sexuellement suggestives sinon agressives et qui fait abstraction de l'amour, de la tendresse et plus généralement de l'affectivité et de la relation. Le corps est un support publicitaire. Il est facile de croiser tous les jours, sur les murs des villes ou dans les couloirs du métro, les lèvres pourpres d'une femme évoquant le plaisir (Dior Addict), le bas du dos d'un homme sur lequel se pose la main d'une femme (Pour une femme de Caron), une femme se pressant contre le torse d'un homme dont on ne voit pas le visage (Gucci Envy)...

Au final, la dissociation entre le corps et l'esprit, entre l'amour et le sexuel ne fait que s'accentuer avec d'un côté l'idéalisation de l'amour et, de l'autre, le culte du corps support de liberté et de plaisir individuels.

La diffusion du sexe et de la pornographie en quelques chiffres
Pour ne s'intéresser qu'à Internet, qui est devenu une source d'information centrale, environ 70 % du contenu du web concernent le sexe ou sont liés au sexe ; en 2004, le nombre de pages pornographiques sur le Web était estimé à 260 millions, 1800 fois plus que 5 ans plus tôt ! L'industrie du divertissement pour adultes génère plus de 10 % de tout le trafic Internet mondial ; 25 % de la recherche en ligne concernent des sites à contenu pornographique.

S'agissant des jeunes, R. Poulin et A. Laprade constatent que « l'âge de la première consommation de porno est de 12 ans pour les filles et de 13 ans pour les garçons. Mais les jeunes ont pris connaissance de l'existence du porno à 10 ans pour les filles et à 12,5 ans pour les garçons ».

Source : R. Poulin et A. Laprade « Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes », mars 2006

Une enquête européenne réalisée auprès de 16000 jeunes âgés de 14 à 19 ans a révélé que 71 % des garçons et 40 % des filles avaient vu un film pornographique dans l'année.

 Cet article est extrait de la brochure « 12 questions à se poser avant de parler de la sexualité»

 

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