Dossier de l'été : La vie en groupe des adolescents : que faire ?

L'adolescent a besoin d'exprimer son affectivité, particulièrement forte à son âge. Cela le conduit, surtout le garçon, à vivre avec certains de ses pairs. Ils l'aident aussi à calmer l'insécurité qu'il peut ressentir à cet âge. Les adolescents peuvent, en outre, chercher dans ces groupes un moyen de trouver d'autres références que celles que leurs parents leur offrent. Mais, de façon moins positive, le groupe peut servir de refuge, de moyen de fuir, de refuser le réel.

L'appartenance à un groupe a souvent comme manifestation la plus visible un conformisme dans l'habillement, ... Là n'est pourtant pas le point le plus sensible, l'aspect qui doit retenir le plus l'attention des parents et des éducateurs.

En effet, le groupe peut s'avérer nuisible parce que peuvent s'y nouer des relations de manipulation, de soumission, ... parce qu'il joue un rôle en matière de transgression du fait des dynamiques qui s'y développent (émulation, défis de passage à l'acte, ...). Se joue ici un des mécanismes de l'apprentissage à l'adolescence : l'appropriation de la norme qui, au départ, est extérieure, voire rejetée. Cette appropriation peut passer par des essais pour toucher les limites mais avec, bien sûr, des souffrances possibles, des impasses, ...

Le besoin de différenciation peut cependant trouver à se réaliser dans des groupes à objectifs pédagogiques forts, avec adultes référents : théâtre, scoutisme, sport... Pour les parents, il est même nécessaire de donner aux jeunes l'occasion d'aller vers l'extérieur, même s'il faut pour cela surmonter une réticence naturelle à proposer d'autres groupes, d'autres références pour répondre au besoin d'autonomisation du jeune et lui éviter autant que possible de ressentir le besoin de transgresser.

Parallèlement, il est important que les parents soient au courant de ce que vivent leurs enfants, manifestent de l'intérêt pour les personnes avec lesquelles ils sont en relation. Mais sans être intrusif ou inquisiteur. L'interdit peut être contreproductif : il faut au contraire manifester de la confiance, donner de l'information sans tricherie, des réponses explicites aux arguments des autres jeunes : pas de jugement sur les personnes, mais des avis sur leurs points de vue, sur leurs actes. Il ne s'agit jamais de se taire, mais de montrer les limites. Alors, l'éducation pourra aider l'enfant à vivre dans ce monde.

Cet article est extrait de la brochure « 12 questions à se poser avant de parler de la sexualité»