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Le Centre d’Analyse Stratégique prescrit la contraception pour les mineurs

Une récente note du Centre d'Analyse Stratégiqueconclut d'emblée sur la nécessité d'améliorer l'accès des jeunes à la contraception puisque que « la première maternité intervient à 28 ans, soit plus de 10 ans en moyenne après le premier rapport sexuel [...]. Les premiers rapports inaugurent donc de plus en plus une période de « jeunesse sexuelle » durant laquelle la contraception est indispensable » (autre façon de parler de la dissociation entre fécondité et sexualité !). Corollaire, l'existence d'une norme contraceptive suivant les termes mêmes des auteurs qui ne font que la naturaliser au final, on peut lire que « l'utilisation importante de la contraception n'a pas permis de diminuer le recours à l'IVG dont le nombre se stabilise ».

Ces auteurs mettent en évidence certaines des influences culturelles actuelles sur les représentations que les jeunes peuvent avoir de la sexualité et sur leurs pratiques. Parmi elles, notamment, la pornographie dont les conséquences seraient d'engendrer une peur de la sexualité des mineurs et d'inciter à un retour des interdits moraux.

Pour autant, ils ne voient pas les liens existant entre ces influences, ces constats et la façon dont ils nourrissent et se nourrissent de la très large diffusion de la contraception en France (90,2% des femmes âgées de 15 à 49 ans sous contraception). C'est que la perspective est ici - et partant la vision de la sexualité - principalement technique et sanitaire : « Il convient d'agir spécifiquement en faveur des jeunes (15-25 ans), pour plusieurs raisons. En premier lieu, il est démontré que la fertilité dans ces tranches d'âge est très importante : les rapports non protégés font donc peser un risque plus lourd de grossesses non désirées. Deuxièmement, un jeune âge à la première grossesse est statistiquement un facteur de risque répété à l'IVG. Troisièmement, les conséquences psychologiques et sociales de ces grossesses peuvent être durablement préjudiciables. Enfin, intervenir dès les premières années de la sexualité permet d'espérer des effets d'apprentissage des bonnes pratiques contraceptives et in fine une gestion optimale de la fécondité tout au long de la vie ».

Si les exemples étrangers sont regardés avec intérêt, par exemple la Suisse ou les Pays-Bas, parce qu'ils diffusent au sein de la sphère éducative une information de qualité sur la sexualité (à l'opposé de « programmes de prévention fondés sur la dramatisation et la culpabilisation » qui domineraient dans les pays anglo-saxons), cette information se limite à la contraception et semble bien court-circuiter les parents et le dialogue avec eux ou, en tout cas, ne vise pas à favoriser leur investissement sur ces sujets, pas plus que celui d'autres éducateurs au profit des « prescripteurs ». Cet objectif qui semble répondre à l'analyse faite de certaines situations de conflit parents-enfants, entend assurer une autonomie des jeunes filles par rapport à leurs parents sans pour autant, loin s'en faut, se donner les moyens de répondre efficacement aux causes de la situation en question, ni d'ailleurs, chiffrer précisément la diversité des cas de grossesses chez les mineures, ce qui aurait sans doute montrer que, dans de nombreux cas, ni la contraception, ni l'avortement ne sont la réponse.

Au final, les propositions formulées vont dans le même sens que les campagnes menées par les pouvoirs publics sur ces sujets depuis de nombreuses années (« insister sur la sensibilisation des jeunes hommes et associer la prévention des IST et l'information sur la contraception en promouvant la double protection [...] notamment dans les campagnes de communication », « assurer aux mineurs la confidentialité et la gratuité des modes de contraception féminine et des consultations médicales nécessaires par un système de tiers payant, non notifié aux parents »...).

La parution de cette note, les sérieuses réserves qu'inspirent l'analyse qui y développée et les propositions qui en découlent sont l'occasion de rappeler que le recours à l'IVG prend naissance dans des conceptions erronées de la sexualité et donc que seule une véritable éducation à l'Amour constitue le levier susceptible de faire régresser l'avortement.

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