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Vie affective et sexuelle

Campagne d'information sur la contraception : quelles alternatives ?

Communiqué de presse
L'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé (INPES) lance aujourd'hui, mercredi 26 septembre, une campagne d'information sur la contraception, destinée particulièrement aux adolescents.

 
En lançant cette campagne, l'INPES pointe une nouvelle fois le paradoxe français : non-recul du nombre de grossesses " non-prévues " alors que " la France est l'un des pays les plus avancés en Europe en ce qui concerne la contraception". 91% des femmes en âge de procréer ont une contraception.

 
Les Associations Familiales Catholiques (AFC) tiennent à rappeler que le moyen proposé ne permettra pas de résoudre le problème soulevé.

En effet, l'enjeu de la question est d'abord éducatif. Il ne se résume pas à prévenir les MST et à verrouiller la fécondité. Il s'agit de développer une véritable éducation affective et sexuelle, seule à même de remédier de manière durable au " problème du manque d'adéquation entre le contraceptif et la vie affective et sexuelle " souligné par l'INPES.

Par ailleurs, plutôt que de mettre toutes nos adolescentes sous contraceptifs, il serait utile d'étudier les populations de jeunes filles qui démarrent une grossesse, d'identifier des facteurs de risque et de lutter contre ceux-ci.

D'autre part, pour les AFC, la cause principale du nombre élevé de grossesses chez les mineures réside dans les visions limitées et incomplètes de la sexualité qui circulent aujourd'hui dans la société. Pour beaucoup d'adolescents, en effet, la pornographie tient lieu de référence en matière de sexualité. Cette dimension est soulignée de façon récurrente maintenant par de nombreux rapports officiels.
 
Pour les AFC, développer une véritable éducation affective et sexuelle de leurs enfants doit aller de pair avec le souci d'aider les parents à accomplir leur rôle de premiers éducateurs de leurs enfants dans ce domaine aussi, plutôt que de les démissionner d'office en proposant un accès libre, anonyme, gratuit à la contraception pour les mineures.  

Le sommet de la contraception

Le mercredi 11 juillet dernier se tenait à Londres un sommet international sur le planning familial consacré à l'accès à la contraception dans le monde.

De nombreux gouvernements et ONG, en partenariat avec l'Agence des Nations Unies pour la Population (UNFA) ont estimé que le contrôle des naissances relevait, particulièrement dans les pays en voie de développement, d'une « urgence humanitaire », selon les termes de Philippe Lévêque, directeur général de CARE France, au même titre que l'aide alimentaire.

Le choix de la seule pratique contraceptive peut-elle entraver l'ampleur des difficultés évoquées lors de cette rencontre ?

Ces situations montrent la nécessité de mettre en œuvre de véritables moyens pour prendre en compte la « souffrance » des femmes enceintes et en difficulté, et y apporter une réponse effective et éducative, en faisant des propositions plus larges pour le développement d'une culture de vie dans ces pays. L'enjeu de la question à laquelle est censé répondre ce sommet est bel et bien éducatif. Il ne consiste pas d'abord, comme le suggèrent les participants de résumer la sexualité à prévenir les MST et à verrouiller la fécondité. Il s'agit de développer une véritable éducation affective et sexuelle. Parallèlement, les AFC appellent à un soutien déterminé pour le développement des dispositifs d'aide aux mères en difficultés.

Rencontre avec la députée UMP, Bérengère Poletti

Le 17 janvier dernier, nous avons été reçus à l'Assemblée Nationale par la députée UMP Bérengère Poletti, auteur, en novembre dernier, d'une proposition de loi visant à rendre la rendre la délivrance de la contraception anonyme et gratuite pour les mineures.

Notre propos a été de lui montrer que si, en théorie et au plan individuel, la contraception s'oppose à la mise en route d'une grossesse, en pratique et au plan collectif les statistiques montrent que plus on ajoute des verrous contraceptifs sur la fécondité, plus le recours à l'IVG est fréquent. "La diffusion massive de la contraception n'a pas fait reculer l'IVG" (rapport de l'IGAS de 2009). Tout se passe comme si les personnes étaient d'autant moins prêtes à accueillir une grossesse innatendue que la contraception, par sa diffusion massive, semble un verrou parfaitement fiable.

Nous avons présenté à Madame Poletti le travail des Chantiers-Éducation et notre brochure "12 questions" sur la sexualité et lui avons suggéré une piste de travail : plutôt que de mettre toutes nos adolescentes sous contraceptifs, il serait utile d'étudier les populations de jeunes filles qui démarrent une grossesse, identifier des facteurs de risque et lutter contre ceux-ci. A l'issue de notre entretien, Madame Poletti nous a remerciés pour notre action pour les familles et encouragés à continuer. Elle a posé une question écrite au Ministre de la Santé pour relayer notre piste de travail.

Quelques chiffres :

La France détient le record mondial de recours aux contraceptifs, tous moyens confondus

2/3 des femmes demandant une IVG ont un moyen contraceptif.

14, 7 IVG pour 1000 femmes entre 15 et 49 ans

4,7 IVG pour 1000 ados en 2001, 6 pour 1000 en 2007

La pilule du lendemain est distribuée depuis 1999. 1,2 millions de boites en 2008.

18000 grossesses démarrent chez les mineures. Le chiffre est stable. 40% conduisaient à une IVG il y a 30 ans, 70% en 2006.



Hypersexualisation des jeunes filles : mythe ou réalité ?

Le 5 mars dernier, la sénatrice Chantal Jouanno a rendu pubilc un rapport parlementaire intitulé Contre l'hypersexualisation, un nouveau combat pour l'égalité. Un rapport qui se penche sur le phénomène grandissant, et alarmant, de « l'hypersexualisation » des enfants, notamment des jeunes filles, entendue comme « sexualisation de leurs expressions, postures ou codes vestimentaires, jugés trop précoces » durant la période pré-pubère, soit jusqu'à 12 ans. Une étude riche, documentée et très interpellante.

Le premier constat, surprenant, que souligne le rapport est « l'absence de conscience », que ce soit de la part des parents comme de celle des professionnels de la petite enfance, « que les codes de la pornographie ont envahi notre quotidien » dans lequel « la notion d'hypersexualisation renvoie » alors « à la norme sociale de la sexualité acceptable ». L'hypersexualisation y est fortement liée à la banalisation de la pornographie et à l'hyperérotisation.

Le rapport s'inquiète tout autant « que notre société ne soit pas davantage interpellée par cette « effraction » du sexe à tout va » alors que ce phénomène la « touche en profondeur ». L'hypersexualisation engendre des « dégâts irréversibles dans 80% des cas » chez les enfants et les adolescents, « interroge la relation des jeunes à la sexualité et à leur corps », et perturbent leur « identité sexuée ».

L'analyse menée établit constamment un lien entre l'hypersexualisation et une vision limitée et incomplète de la sexualité des jeunes. Sexualité et actes sexuels dissociés d'une relation affective et de tout sentiment, « représentation génitale et irréaliste de la sexualité », « vision inappropriées de la sexualité », « image déformée la sexualité », sont autant d'expressions qui parsèment ledit rapport du début à la fin, évoquées à la fois comme causes et comme conséquences.

Les AFC se félicitent qu'un tel travail de fond, appuyé par l'expérience et l'avis de nombreux experts et professionnels, ait été entamé. En outre, elles encouragent les recommandations énoncées pour remédier à cette réalité de l'hypersexualisation. Rappelant l'intérêt supérieur de l'enfant, elles préconisent, entre autres, l'importance de la formation et de l'éducation, ainsi que la place centrale des parents comme premiers éducateurs de leurs enfants, et de la famille. En matière d'éducation et de formation, elles insistent notamment sur l'urgence de « développer l'éducation à la sexualité en milieu scolaire comme une composante essentielle de la construction de la personne et de l'éducation du citoyen ». Une éducation à la sexualité envisagée non seulement comme « des connaissances biologiques » mais intégrant « tout autant, sinon plus, une réflexion sur les dimensions psychologiques, affectives, sociales, culturelles et éthiques. » Une affirmation ambitieuse qui fait écho à l'une des propositions répétée des AFC en matière d'écologie humaine et qui invite à développer une véritable éducation affective et sexuelle loin des conceptions hédonistes et hygiénistes, qui sont principalement diffusées dans la société, comme le souligne le rapport de Madame Jouanno à de nombreuses reprises.

Par ailleurs, ce document met en lumière que l'hypersexualisation n'est pas sans lien avec « une société aux valeurs familiales fragilisées ». A ce titre, elle « re-missionne » les parents dont elle rappelle le rôle « central [...] en tant que premiers éducateurs des enfants dans la sensibilisation au phénomène de l'hypersexualisation. » Pour cette raison, « ils sont les premiers juges de ce qui est « convenable » pour leurs enfants », insiste-t-elle. Concernant l'importance de la famille comme prévention, Madame Jouanno n'hésite pas à rappeler que cette dernière est « un cadre de références dans le fonctionnement social de tout groupe humain », un cadre « porté par les parents qui définissent les règles de vie, les normes, les codes à suivre » et qui doit « fournir un espace d'épanouissement personnel ». Cette revalorisation du rôle des parents et de la famille implique, en parallèle, de soutenir les parents dans leur mission, en particulier dans un domaine souvent jugé sensible. Un objectif auquel souhaite répondre le ministère de la Famille qui a lancé le 17 novembre dernier sa Politique Nationale de Soutien à la Parentalité à dessein. Un objectif également fondamental que les AFC ont toujours mis au cœur de leur mission. « Les familles doivent réinvestir ce champ de responsabilité. Nous sommes les meilleurs parents de nos enfants, ayant pour eux un amour fondateur de relations [...] Les familles ne sont pas démobilisées, elles sont désemparées ; chaque famille doit se ré-emparer du sujet, dans une pleine conscience de ses capacités. Elle doit notamment choisir les autres acteurs, écoles, mouvements... qui influencent le développement des enfants et veiller à leur complémentarité, en discernant ce qui convient à chacun », affirmait Antoine Renard, président de la CNAFC, lors de sa conférence de carême donnée à Notre-Dame de Paris en 2011.

Evoquant, enfin, le rôle des professionnels de la santé et des associations familiales dans la prise de conscience – récente – de ce phénomène d' « hypersexualisation », Chantal Jouanno entend s'appuyer encore largement sur ces derniers pour poursuivre et mener à bien les dispositions et recommandations décidées. Elle entend y associer, de même, des associations de consommateurs et divers organes de régulation. En tant qu'association familiale et de consommateurs, et au vu des travaux de réflexion qu'elles mènent depuis de nombreuses années en matière d'éducation affective et sexuelle, d'information, de promotion de la famille et dans la problématique « enfance et médias », les AFC se tiennent à disposition des acteurs en charge de cette mission parlementaire pour collaborer et faire part de leur expertise.

Publication du rapport Nisand : quand proposera-t-on une véritable éducation à l’amour pour faire reculer l’avortement ?

Communiqué de presse
Le professeur Nisand vient de remettre son rapport sur les grossesses des mineures. Sans surprise, l'essentiel des propositions tourne autour d'une diffusion accrue de la contraception alors même que les auteurs du rapport concèdent que le recours à la contraception accroît celui à l'avortement.

Pour les AFC, la cause principale du nombre élevé de grossesses chez les mineures réside dans les visions limitées et incomplètes de la sexualité qui circulent aujourd'hui dans la société. Pour beaucoup d'adolescents, en effet, la pornographie tient lieu de référence en matière de sexualité.

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