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Communiqué de presse : PMA : Un rapport de plus, toujours plus transgressif

Fotolia 12561622 M Alexandr MitiucLa mission d'information parlementaire sur la révision de la loi de bioéthique a adopté son rapport le 15 janvier. Elle préconise notamment l'extension de la PMA et son remboursement par la Sécurité Sociale ! Elle va même encore plus loin, préconisant aussi l'autorisation de la PMA post-mortem, la conservation des ovocytes ou la création d'embryons transgéniques par exemple.

Sans surprise malheureusement, un rapport de plus dans la longue liste des rapports déjà rendus. Toujours plus transgressif et déstabilisateur des repères familiaux, des fondements de la bioéthique, du rôle de la médecine et des principes de la solidarité nationale, tels que définis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Depuis le lancement de la révision de la loi de bioéthique, les AFC alertent sur les risques inconsidérés que feraient courir ces évolutions à la société tout entière, pour satisfaire d'infimes minorités agissantes  des tenants  d'un prétendu progrès sans fraternité, l'air du temps, voire des intérêts financiers particuliers…

Le député Jean-Louis Touraine, rapporteur, se réjouit d'une proposition de "modification de la loi la plus importante depuis le début de la bioéthique dans notre pays". Grisé par l'ampleur des bouleversements qu'il préconise, il ne consent aucun effort pour assurer aux personnes une place centrale dans notre société, et accepte au contraire de les réduire encore davantage à de simples maillons de la chaîne de production et de consommation de la procréatique industrielle internationale, qui démontre une fois encore sa toute puissance face aux décideurs politiques.
Dans ce contexte, la notion même de bioéthique a-t-elle encore un sens ?!

Si les AFC s'opposent vigoureusement aux conclusions de ce rapport, elles dénoncent aussi une connivence des institutions officielles qui, si elles laissent s'exprimer des avis plus nuancés ou divergents, n'en tiennent aucun compte, et mettent à nouveau en question la valeur des débats et des consultations dans notre pays.

Au moment de la grave crise sociale que nous traversons, les AFC sont convaincues qu'il est dangereux de déchirer davantage la société française, déjà tellement fragilisée Les AFC continueront de s'opposer à ces transgressions et appelleront  à faire front contre de telles dérives .

* Les AFC ont été auditionnées à l'Assemblée Nationale le 2 octobre 2018 par la mission d'information sur la révision de la loi relative à la bioéthique : http://www.afc-france.org/societe/questions-de-societe/bioethique/3252-audition-des-afc-a-l-assemblee-nationale-le-2-octobre-

Communiqué de presse : Les AFC seront dans le cortège de la Marche pour la Vie

Marche pour la Vie AFCLe dimanche 20 janvier prochain, les AFC se joindront à la Marche pour la Vie dès 13h30, porte Dauphine, à Paris. Objectifs de ce défilé pacifique : dire ensemble que l’avortement n’est jamais un acte anodin, et réaffirmer le respect de toute vie humaine.

Le pape François a récemment encouragé les organisateurs de cette marche à « témoigner sans se lasser des valeurs inaliénables de la dignité humaine et de la vie ».  Cette année, la marche mettra l’accent sur l’objection de conscience des professions médicales.

La vigilance des AFC à l’égard des évolutions législatives dans ce domaine reste forte. Elles rappellent que le 28 septembre 2018, la sénatrice Laurence Rossignol a déposé une proposition de loi visant à abroger la clause de conscience spécifique à l’interruption volontaire de grossesse. Cette clause est prévue par le Code de la santé publique et permet aux professionnels de santé de refuser de pratiquer des IVG. Dans ce contexte, les AFC affirment que la suppression de cette clause irait à l'encontre du legitime respect de la liberté de conscience des médecins.

En 2017, 216 685 avortements (DREES, Etudes & Résultats, septembre 2018, n°1081) ont été réalisés en France, soit une IVG pour 4 naissances.
Les AFC restent également très attentives aux risques de dérives en matière de recherche et d’utilisation de l’embryon humain. Dans le cadre de la Marche pour la Vie, les AFC réaffirment que l’embryon est un être humain à protéger.

Pour les AFC,  une autre politique de santé publique pourrait être développée dans ce domaine. Elles recommandent une série de mesures concrètes à mettre en place à l’intérieur du cadre législatif actuel :

- L’éducation affective et sexuelle doit être développée tout au long de la scolarité, en application de la loi de 2003, en lien avec les parents. Les associations qui y contribuent doivent être soutenues.

- Les populations à risque de recourir à l’IVG sont à identifier, afin de lutter contre les facteurs de risque (décrochage scolaire, précarité, mal logement …).

- La politique familiale doit permettre à chaque foyer d’accueillir et d’élever le nombre d’enfants qu’il désire (allocations, gardes, fiscalité allégée…).

- Les couples qui le souhaitent doivent bénéficier d’un accompagnement et de soutien (préparation au mariage civil, conseil conjugal…).

Révisions des lois bioéthiques : entretien avec Jean-Marie Andrès

 

« Notre lutte doit être celle d’une société qui est consciente de sa fragilité »

Dans cet entretien, le président de la CNAFC Jean-Marie Andrès met en avant que la donne a changé et que la modernité n’est aujourd’hui plus du côté des progressistes.

 

Quel est l’enjeu porté par les débats sur la révision des lois de bioéthique ?

À nous de mettre en évidence le lien mécanique entre les excès de ce productivisme et la bioéthique. L’ouverture de nouveaux espaces de croissance économique exige que l’on nous présente un « service au client » sous les atours les plus désirables. Et il exige aussi qu’on occulte « le prix réel de la modernité » : privation des droits du père et de l’enfant, multiplication supplémentaire des embryons surnuméraires…

Que faites-vous des aspirations de ceux qui veulent l’extension de la PMA ?Révisions des lois bioéthiques Jean Marie Andrès

Il est impossible d’enlever à quelque personne que ce soit son aspiration à avoir des enfants, qui est inscrit dans chaque être humain. Parce que nous avons tous cette aspiration, nous sommes en mesure de comprendre la souffrance de ces personnes, y compris homosexuelles. Mais pour certains, la stérilité est subie, tandis que chez d’autres elle est consécutive d’un état de vie. On ne peut pas changer par la loi ce qui relève d’un choix ou d’une aspiration au bonheur.

PMA, intelligence artificielle et robotisation…, quel équilibre doit-il y avoir entre la place accordée à la technique et à l’homme ?

On n’accorde jamais une place trop grande à la technologie. La difficulté vient plutôt du fait que nous nous en remettons à elle aveuglément pour résoudre les défis de nos vies, souvent bien réels, sans percevoir les risques qui en découlent pour nous. Nous faisons l’erreur de penser que ce qui est faisable techniquement est bon en soi. Si les techniques de PMA appellent bien à la vie, elles ne rendront pas mon « intention de parentalité ».

Quelles sont les remontées du réseau et quel est le sentiment des familles ?

Les 30 000 familles adhérentes aux AFC et plus généralement l’ensemble des familles ne craignent pas le progrès technique. Mais, sur ces sujets éthiques, elles sentent surtout que quelque chose de lourd se met subrepticement en place. À l’heure du développement durable, les familles aspirent à la bio family !

Les 300 AFC ont à cœur depuis les dernières législatives de rencontrer leurs députés, notamment pour faire connaissance des plus récemment élus. Mais peu formés et rarement idéologisés, ils sont sans doute négligents ou inconscients. Nous voulons les aider à se structurer. Ils doivent éclairer et convaincre autant les citoyens que les décideurs publics, au-delà des enjeux moraux qui peuvent être considérés comme relevant d’un choix personnel. Il s’agit de transmettre notre vision de ce qui est bon ou dangereux pour les femmes qui recourent à la PMA…

Allez-vous manifester ?

Il y a un temps pour dialoguer. Un temps pour expliquer. Et parfois un temps pour se manifester dans la rue. Avec qui voudra. Notre lutte doit être celle d’une société qui est consciente de sa fragilité vis-à-vis des chaînes de production et de consommation.

Sensibiliser les familles et les élus, l’action quotidienne des AFC

 

Agir pour une éthique en politique ne nécessite pas forcément de monter à Paris. Il s’agit déjà de sensibiliser la population et les élus là où l’on est, ce à quoi de nombreuses AFC locales se mobilisent chaque jour.

AFC en action bioéthiqueLe 13 novembre dernier Guillaume Chevrollier, sénateur de Mayenne, et Jean Leonetti, maire d’Antibes-Juan-les-Pins et ancien député rapporteur des lois de bioéthique en 2011, ont assisté à une conférence-débat organisée par l’AFC de Laval sur les enjeux de la révision des lois de bioéthique. De même Gaëlle et Bertrand Lionel-Marie, avocats et spécialistes de la question de la PMA aux AFC sont intervenus à la fédération des AFC de l’Aisne. Ces conférences permettent à chaque fois de sensibiliser une population qui cherche à mieux comprendre ces enjeux et l’évolution permanente d’une loi éthique qui pourrait être considérée comme déjà acquise. Cette sensibilisation est indispensable, car c’est en gagnant la conviction des citoyens qu’on gagne celle des élus.

Agir auprès des élus est aussi extrêmement efficace comme le souligne Gérard Lequette, président de l’AFC de Saumur, qui a rencontré fin septembre 2018 sa députée Laëtitia Saint-Paul. Marc Pénicault de l’AFC de Saint-Eloi (87) est aussi allé parler de bioéthique avec son député en s’appuyant sur  le livre Quel monde voulons-nous pour demain ? (AFC, éditions Téqui) et l’argumentaire sur la PMA rédigé par la CNAFC. Les certitudes apparentes des élus cachent souvent une méconnaissance des sujets liés à la bioéthique tandis que les membres des AFC sous-estiment parfois leur qualité d’expertise. Pour beaucoup de présidents qui en ont fait l’expérience, la discussion se révèle souvent fructueuse et le débat peut parfois servir à gagner leur conviction.

Des échanges riches

En rencontrant la députée En Marche !, Olivia Grégoire, Benoit Bonnechère, président de l’AFC de Saint-Léon (Paris XV), ne soupçonnait pas son approche du sujet liée plus à l’expérience personnelle qu’à la conviction idéologique. Cette spécialiste des questions économiques à l’Assemblée donnait des avis non tranchés sur toutes les questions liées à la bioéthique. Sur l’euthanasie par exemple, c’est le témoignage de proches qui lui forge ses opinions. « Elle a rencontré Agnès Buzyn qui gère le dossier lourd et complexe de la bioéthique, explique Benoit Bonnechère. C’est un médecin prudent avec de l’expérience selon la députée, elle n’est pas sectaire ni bloquée sur des certitudes. Par contre, Olivia Grégoire a ajouté que les initiatives parlementaires sont “difficiles à maitriser” et viennent contrecarrer cette prudence gouvernementale. »

Sur la PMA, le président de l'AFC de Saint Léon a insisté sur la procréation technologique, ce qui contredit une volonté croissante des Français de rechercher le bio et le naturel.

PMA, révolution technologique… et l’homme dans tout ça ?

 

Très informés sur les questions éthiques en politique, le père Laurent Stalla-Bourdillon et le député Thibault Bazin alertent sur les dérives technicistes du projet de révision des lois bioéthiques.

Qui sont-ils ?
Père Laurent Stalla-Bourdillon est directeur du service pour les professionnels de l’Information à l’archevêché de Paris et Thibault Bazin est le député de la 4e circonscription de Meurthe-et-Moselle.

Quelle est votre opinion sur cette loi qui englobe à la fois des questions d’intelligence artificielle, de greffes, de neurosciences, de PMA, d’euthanasie… ? Révolution technologique bioéthique

Thibault Bazin – Il n’y a pas encore de projet de loi. Nous savons juste que le Gouvernement veut autoriser la PMA pour les couples de femmes et les célibataires. Par contre, je suis très inquiet sur les intentions de la majorité à l’Assemblée nationale, qui souhaite aller très loin sur tous les sujets sous prétexte de l’évolution de notre société.

Laurent Stalla-Bourdillon – Il s’agit en réalité d’apporter des réponses législatives à l’irruption des technologies dans l’ensemble de la vie sociale. Le pouvoir exorbitant des techniques est la source d’autant de promesses que de menaces. La question essentielle est donc : comment protéger le vivant ? Ce qui va affecter le corps individuel de chacun à cause des manipulations génétiques, aura des conséquences sur le corps social à travers la sélection embryonnaire. De même, le recueil des données en masse va permettre de saisir la vie sociale et conditionnera d’autant la vie individuelle.

« Même si ces questions devraient être du ressort de la conviction et de l’intime, les critères politiques, techniques et économiques influenceront les débats. » Thibault Bazin, Député de Meurthe et Moselle

L’acte législatif saurait-il ici s’ériger en nouvelle norme morale ?

L. S.-B. – Il est clair que nos sociétés ne parviennent plus à articuler correctement le plan moral du plan légal. Parce que nous n’acceptons plus que l’être humain soit référé à une source transcendante qui fonde les droits et qui détermine son authentique développement, nous nous pensons libres d’énoncer la vérité dernière de la moralité de nos actes. Dès lors, l’utilitarisme technologique permettant de répondre à des désirs et à des souffrances rend légitime toutes les requêtes.

T. B. - Le pouvoir législatif a la possibilité d’ériger de nouveaux droits, de nouvelles normes, mais ce n’est pas en légalisant telle action ou telle situation qu’on la rend « morale » pour autant. L’éthique semble être l’artifice technique pour légaliser ce que la morale pourrait réprouver. Il revient à chacun ensuite, en son âme et conscience, de discerner ce qui lui semble moral.

Le souci de l’humanité saura-t-il prévaloir sur les intérêts économiques, techniques et politiques de ce débat ?

T. B. - Il faut être malheureusement réaliste. Le « mariage pour tous » a servi à souder une majorité et à compenser des résultats décevants sur le plan socio-économique. Le but de la future loi ne sera-t-il pas le même ? Même si ces questions devraient être du ressort de la conviction et de l’intime, les critères politiques, techniques et économiques influenceront les débats. L’argument de l’évolution de la société va être évoqué bien souvent pour faire adopter telle ou telle mesure, contraire au souci de l’humanité et aux principes que j’ai rappelés.

L. S.-B. – Il y a tout à craindre hélas que la réflexion éthique sur l’usage des techniques ne parvienne pas à tenir en garde la puissance des marchés. Car, après tout, le moteur principal de nos sociétés techniciennes reste la rentabilité des investissements. Le corps humain est le nouveau continent à explorer en ce XXIème siècle.

« L’être humain n’a pas son origine dans les manipulations techniques des gamètes, mais dans la conception que se font ses parents, conscients que leur enfant ne vient pas d’eux, mais leur est donné. » P. Stalla-Bourdillon, diocèse de Paris

Comment répondre à l'aspiration fondamentale de la paternité ?

T. B. La technique doit avoir ses limites. La paternité ne peut être érigée en droit fondamental. C’est avant tout un devoir, et même une responsabilité, quand on donne la vie avec une femme. Au lieu du droit à l’enfant, on doit privilégier l’intérêt de l’enfant pour qui la filiation biologique a son importance.

L. S.-B. – Paternité et maternité n’existent pas l’une sans l’autre. La nature a voulu que seule l’union des corps masculin et féminin ouvre la voie à un nouvel être humain. Pour faire l’expérience de la paternité et de la maternité, il faut « un autre » avec soi : une femme pour un homme et un homme pour une femme. L’être humain n’est jamais produit, il est conçu. Il n’a pas son origine dans les manipulations techniques des gamètes, mais dans la conception que se font ses parents, conscients que leur enfant ne vient pas d’eux, mais leur est donné. En supprimant la paternité humaine, nous supprimons aussi le plus court chemin qui mène à Dieu, et finalement Dieu lui-même, rejeté comme donateur de vie.

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