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Une réaction des Eveques à la campagne du planning familial toujours d'actualité

Le Planning familial d'Ile de France a lancé une campagne qui associe contraception et avortement. Cette campagne, visible notamment dans les transports d'Ile-de-France, reprend la même optique que celle initiée en janvier 2008. Nous reprenons ici le communiqué de presse que les évêques d'Ile de France avaient publié en janvier 2008 à ce sujet.

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Le notaire n’est pas le juge

Communiqué de presse

Les AFC tiennent à rappeler que le divorce n’est pas un acte banal, même quand il est demandé par consentement mutuel.
Nicolas Sarkozy a lancé ce mercredi le grand chantier de la réforme de l'Etat en dévoilant près d'une centaine de mesures.

Parmi celles-ci la possible suppression du recours au juge pour les divorces par consentement mutuel afin de désengorger la justice et réduire le coût lié à cette séparation.

Pour les AFC, une telle réforme représenterait une régression importante en matière de protection du plus faible et affaiblirait considérablement la dimension institutionnelle du mariage.

Le notaire n’est ni le juge ni le maire. Remplacer un magistrat par un officier ministériel (agent du pouvoir exécutif auprès des juridictions) banaliserait certainement l’acte.

Le mariage, union d’un homme et d’une femme dans la durée, reposant sur leur engagement public, sert le bien commun et favorise la protection du plus faible au sein du couple. Simplifier d’avantage sa rupture reviendrait à affaiblir sa valeur.

La loi Neuwirth quarante ans après : une révolution inachevée ?


« La loi Neuwirth quarante ans après : une révolution inachevée ? », INED, Population et sociétés, n°439, novembre 2007

Les deux articles qui composent ce numéro abordent le sujet toujours sensible de la maîtrise de la fécondité. Le premier intitulé « Après la loi Neuwirth, pourquoi tant de grossesses imprévues ? » apporte des éclairages intéressants en montrant notamment l’illusion d’une maîtrise parfaite de la fécondité et certaines de ses conséquences négatives. Le second, « De la contraception clandestine à la loi Neuwirth : la France à la traîne », paraîtra sans nul doute plus provocateur.

A partir des études de l’INED, les auteurs du premier texte examinent les chiffres des naissances planifiées, mal planifiées et non désirées, et font apparaître que
- 8 naissances sur 10 sont bien planifiées
- « ce recul des naissances non souhaitées […]
explique en partie la baisse brutale de la fécondité observée au cours des années 1970 »
- « la diminution de la part des naissances non désirées ou mal planifiées a eu lieu très rapidement, en une dizaine d’années seulement, entre 1970 et 1980 à peu près ».

Mais, les auteurs ajoutent : « l’évaluation du degré de maîtrise de la fécondité doit tenir compte des avortements ». Cela fait, ils concluent qu’une grossesse sur trois n’est pas prévue. C’est l’occasion pour eux de relever le paradoxe de la situation française : la diffusion de la contraception ne fait pas baisser le nombre des avortements ; bien plus, selon eux, « la propension à recourir à l’avortement en cas de grossesse non prévue semble s’être accentuée à mesure que la maîtrise de la fécondité s’améliorait ».

Ils évoquent alors les nombreuses exigences des Français quant au cadre de la naissance (stabilité du couple parental, conditions matérielles…) et au moment précis où elle doit arriver (intervalle entre deux naissances, saison…). Autant de dimensions du « désir d’enfant » tel que l’éprouvent nombre de nos contemporains.

Pour finir, les auteurs expliquent :
- « la libéralisation de la contraception, associée à la diffusion de nouvelles méthodes de contraception plus efficaces et à la possibilité de recourir à l’IVG, s’est accompagnée d’une déconnexion accrue entre la sexualité et la fécondité »
- « ce meilleur contrôle de la fécondité ne doit cependant pas faire oublier qu’une grossesse sur trois reste non prévue en France et, à l’inverse, que bon nombre de couples souhaitant avoir un enfant n’y parviennent pas, l’assistance médicale à la procréation n’apportant qu’une réponse partielle aux problèmes de stérilité ».

Les raisons du « paradoxe français » en matière de maîtrise de la fécondité ne sont pas vraiment approfondies dans ce texte. Ses auteurs notent cependant que « pendant que la norme de l’enfant programmé s’affirmait, l’échec face à la planification est devenue de plus en plus difficilement acceptable ». Un tel constat appelle sans aucun doute des travaux ultérieurs. Celui-ci confirme déjà la nécessité d’une véritable éducation à l’amour, car la civilisation de l’Amour est le fondement de la culture de Vie.

http://www.ined.fr/fr/ressources_documentation/publications/pop_soc/bdd/publication/1336/

Euthanasie : Toute vie vaut d’être vécue

Communiqué de presse

A l’occasion de la diffusion du téléfilm « Marie Humbert, l’amour d’une mère » sur TF1 et du livre de Monsieur Hervé Messager, masseur-kinésithérapeute ayant soigné Vincent Humbert, les AFC tiennent à rappeler combien l’ensemble des polémiques qu’ils suscitent démontrent que la vie est précieuse en particulier dans ses moments les plus difficiles.

Les AFC soulignent en particulier que la souffrance d’une personne malade requiert à la fois l’expertise médicale et un regard spécifique de la part de ceux qui accompagnent, bien souvent malgré eux, ces situations extrêmes. On songe en particulier aux familles et aux soignants. Les AFC sont conscientes de la charge qui pèse sur chacun d’eux et souhaitent leur apporter un encouragement dans leur démarche de vie.

Dans ces conditions les AFC rappellent l’indispensable nécessité de développer avec ambition les unités de soins palliatifs seules à même d’apporter le soulagement psychologique et physique dont ont besoin les personnes en fin de vie.

La souffrance des familles ne doit pas constituer une charge supplémentaire sur les épaules du malade déjà accablé : il faut l’accompagner.

La mort ne saurait en aucun cas être l’unique réponse à la souffrance.

Les AFC invitent en conséquence à une réflexion sur la valeur de la vie et soulignent l’apport inestimable de ces multiples gestes d’amitié et d’amour qui lient au quotidien le malade, le personnel soignant et la famille.

Lettre des eveques anglais et écossais sur l'avortement

Le quarantième anniversaire de la Loi de 1967 sur l'avortement est un moment important de réflexion. Il nous donne à tous l'occasion de chérir la vie humaine et de soutenir les femmes qui se trouvent dans des situations difficiles. La loi influence les comportements, certes, mais elle ne contraint personne, par elle-même, à recourir à l'avortement. Même sans changement légal, le taux d'avortements pourrait sensiblement chuter si suffisamment d'esprits et de cœurs étaient eux-mêmes changés. La nature miraculeuse de la reproduction humaine a été rendue plus apparente encore par les progrès récents de la technologie médicale.
En 1967, les ultrasons étaient un outil primitif. Les modules de balayage d'ultrasons permettent aujourd'hui de manifester, de manière extraordinairement détaillée, le développement d'une vie humaine dans l'utérus. Les bébés prématurés peuvent maintenant survivre à des âges toujours plus jeunes. La biologie révèle toujours mieux les beaux et complexes processus de développement et de croissance continus de l'organisation unique et simple qui est formée à la conception. C'est là que nos vies ont commencé. A ce moment, une nouvelle vie humaine apparaît, qui n'est ni la vie du père ni celle de la mère. En 2007, nous comprenons mieux que jamais, parce que nous le voyons de nos propres yeux, le processus merveilleux de la vie qui est rompu par l'avortement.

La loi de 1967 a été votée pour résoudre le problème de l'avortement illégal, en se fondant sur le fait qu'il constituait une importante cause de décès chez les femmes enceintes. A présent nos pays pratiquent presque 200.000 avortements chaque année. Nous avons une des lois les plus libérales d'Europe avec un avortement possible jusqu'à 24 semaines et la possibilité d'avorter en cas de malformation (et pour quelques autres raisons) jusqu'à la naissance. Quelle que soit notre croyance religieuse ou notre conviction politique, l'avortement pratiqué à une telle échelle ne peut qu'être une source de détresse et d'angoisse profonde pour chacun.
L'Eglise catholique, dans le monde entier, s'est constamment opposée à l'avortement comme à un acte moralement mauvais, et est déterminée à donner voix au cri silencieux par lequel chaque vie humaine réclame amour et reconnaissance. L'Eglise, dans nos pays, est depuis de nombreuses années au premier rang pour apporter aux femmes et aux enfants qui sont dans le besoin une aide pratique, affective et spirituelle. Elle cherche également à aider les nombreuses femmes, et les hommes, qui souffrent du remord, de la douleur et de la perte consécutifs à une expérience d'avortement.

Dans les années qui ont suivi la loi de 1967, beaucoup a été fait autour du slogan du "droit de la femme à choisir". Pourtant un grand nombre de femmes qui ont recouru à l'avortement disent n'avoir pas eu de véritable choix. L'avortement est le moment d'un choix. L'avortement est toujours un choix entre la vie et la mort, mais nous reconnaissons qu'il est fait dans des situations personnelles et familiales complexes. Il peut être particulièrement difficile pour la mère qui se sent abandonnée par son partenaire ou pour celle qui, si l'enfant vient au monde, perdra l'appui de sa famille ou de la société. Les femmes exposées à de telles situations peuvent éprouver un intense isolement. Beaucoup de femmes, et d'hommes, également, éprouvent déjà la pression qu'ils auront à s'occuper de leur famille. Ils doivent souvent faire face à des charges financières et aux exigences de leur carrière. Dans de telles situations, les rapports familiaux peuvent être si tendus qu'il paraît impossible d'accueillir une autre vie. Si la grossesse n'est pas désirée, il paraîtra plus facile de soutenir qu'il est en quelque sorte de l'intérêt même de l'enfant de ne pas naître puisqu'il n'est pas le bienvenu. Parfois, la vie de l'enfant est envisagée comme une limitation inutile apportée à celle de la mère ou du père. La vie de l'enfant est placée en opposition à la leur. L'avortement est alors dépeint comme le moindre de deux maux, qui écarte un obstacle au "succès" de la vie des parents.
Pourtant la vie, particulièrement la nouvelle vie, n'est finalement jamais une privation. C'est un don qui enrichit toujours ; une promesse pleine d'espoir. Nous ne devrions jamais nous laisser persuader du contraire. Souvent "le droit de la femme à choisir" constitue une méconnaissance du rôle du père. Il prend le pas sur le fait que la majorité des hommes veulent être pères de leurs enfants. Si nous acceptons ce "droit" comme un principe permettant d'exercer un choix si fondamental entre la vie et la mort, alors plutôt que d'encourager les hommes à accepter leurs responsabilités, il justifie leur démission et leur fuite.

Pour chaque personne concernée, l'avortement aura souvent été une décision douloureuse et destructrice. Beaucoup de femmes en sont pratiquement victimes autant que leur enfant à naître. C'est pourquoi nous croyons que l'avortement n'est pas seulement un choix personnel. Il met en cause les choix que fait notre société pour soutenir les femmes, leurs partenaires et les familles qui vivent ces situations. Si notre société fait le choix de la vie, alors il n'y a aucune raison pour que l'enfant, la mère et le père, voire la famille entière ne puissent grandir pour développer leur potentiel. L'avortement vole à chacun son futur. Individuellement et en tant que société, nous croyons que nous avons un autre choix : donner naissance à la vie Comment pourrons-nous aider, tous, à provoquer ce changement ? Notre société ne perdra rien à agir désormais pour stimuler une nouvelle approche, mieux comprise, des rapports humains, de la responsabilité et du soutien mutuel :

1.- En étant des parents et des familles qui aiment la vie et aident leurs enfants à prendre des décisions qui sont, de manière responsable, favorables à la vie.

2.- En apportant aides et conseils attentifs aux jeunes femmes enceintes.

3.- En apportant davantage et de meilleurs moyens pour soutenir et aider les jeunes mères qui choisissent d'avoir des enfants.

4.- En démantelant le système qui tend souvent à convaincre les jeunes femmes de recourir à un avortement précoce sans qu'aucune autre alternative n'ait été explorée ni leur ait été proposée. Faire de la véritable liberté de choix une réalité est une étape première et essentielle d'un changement fondamental des esprits et des cœurs.

5.- En aidant et en développant de meilleurs programmes éducatifs, qui placent le don des relations sexuelles dans le contexte du mariage et de la fidélité. De tels programmes peuvent aider à comprendre véritablement la joie et la responsabilité sacrée de la condition parentale. Ils peuvent informer sur les moyens mis à disposition par l'Eglise catholique et la société pour aider les familles et les parents dans les moments de difficulté qu'ils rencontrent.

6.- En respectant et en soutenant la décision de ceux qui, dans le corps médical, refusent de pratiquer ou d'apporter leur concours aux avortements pour des raisons de conscience.
7.- En encourageant le changement réalisable de la loi à la lumière des avancées réalisées par les progrès de la médecine, même si le Parlement ne supprime pas la loi. Tout en réaffirmant le principe du caractère sacré de la vie humaine, il est à la fois licite et important, pour ceux qui s'opposent dans la vie publique au principe même de l'avortement, de travailler et de voter pour favoriser l'amélioration de ce qui constitue une loi injuste. La foi catholique nous permet d'entrevoir la gloire rayonnante de la vie humaine de son commencement à son terme. Quand nous savons de chaque personne, quel que soit son âge, sa race ou sa condition, qu'elle porte en elle l'image de Dieu, nous comprenons sa valeur et sa dignité infinies. Que l'on ait ou non cette vision de la foi, l'amour de la vie est la valeur centrale de chaque société qui veut s'épanouir.

L'Eglise catholique s'offre à participer pour travailler avec les autres à cet urgent changement du cœur et de l'esprit. Nous espérons et prions pour le bien de notre humanité commune, et les vies qui sont en jeu, que les 40 années à venir raconteront une histoire très différente.

C'est maintenant qu'il faut prendre une autre voie.

Cardinal Keith O'Brien
Président de la Conférence épiscopale catholique d'Ecosse

Cardinal Cormac Murphy-O'Connor
Président de la Conférence épiscopale catholique d'Angleterre et du Pays de Galles.

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