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Web-série pédagogique - Education affective et sexuelle

Analyse épisode 2: Mes potes et moi

Episode 2 : Mes potes et moiFILM 2 FB

Problématique

Après la puberté, le jeune adolescent cherche à faire sa vie en dehors du cocon familial. Une longue route s’ouvre devant lui dans cette période de dissociation entre la maturité sexuelle déjà acquise et la maturité affective et sociale à conquérir peu à peu. Ce chemin passe par la socialisation dans un milieu intermédiaire proche, balisé, avec des pairs qui lui ressemblent. C’est la bande, le groupe de potes, les bons copains, le réseau d’amis…. Il s’y confronte au « différent », différence familiale, sexuelle (pas toujours), sociale, culturelle tout en gardant une forte identité commune d’abord par la tranche d’âge (surtout) mais aussi par les centres d’intérêt : scolaires (souvent) ou extra scolaires par une activité de loisirs commune. Le groupe donne au jeune une identité de surcroit, collective, à un âge où il est peu sûr de lui, de ses goûts et de son identité.

Ce que cette appartenance lui apporte :

C’est une réponse à la solitude évoquée dans la première vidéo. Le groupe permet de ne pas être seul et aide à faire face à l’étrangeté éprouvée face à soi : en étant « avec », je suis aussi « comme ». Cela rassure : d’autres qui me ressemblent m’acceptent comme l’un des leurs. Cette reconnaissance mutuelle rassure le jeune sur sa personnalité et l’aide à apprivoiser son évolution.

Le groupe est vécu comme un sas entre le cercle familial et la société ouverte dans laquelle l’adulte aura à s’intégrer. Il permet une prise d’autonomie progressive et relative en commençant à « quitter son père et sa mère ». Avec les nouveaux moyens de communication, ceux-ci ne connaissent pas forcément les relations de leurs enfants et doivent entrer dans un lâcher prise progressif.

Par ailleurs, la rencontre interpersonnelle, dans l’effet miroir tendu par ses pairs, le jeune apprend à se connaitre lui-même dans ses potentialités ou ses talents inconnus. Le monde entier n’est pas lui et ne fonctionne pas comme lui : cette altérité est facteur de connaissance personnelle et de prise en compte de l’autre dans sa différence. La première altérité est bien sûr l’altérité sexuelle  dont il éprouve curiosité et appréhension (vidéo 3).

Enfin, le groupe confère une identité collective, il donne force et courage, il rassure dans ce que l’on pense vouloir vivre, il donne la joie de s’éprouver à plusieurs dans un réseau amical, dans une intimité qui participe à la construction affective et qui nourrit le besoin d’aimer, d’être reconnu et d’aimer à son tour.

Les risques du groupe :

Un risque important est lié à l’effet d’entrainement du groupe dans une union de forces mal employées (cf la guerre des boutons). Pour rester dans le groupe, il faut acquiescer à ses excès ou ses dérives, à ses entrainements à la transgression (choper les filles, addictions, alcoolisation, jeu du foulard, jeu de la bouteille, visionnage d’images, prises de risque et mise en danger…) Il existe un cercle vicieux mais aussi un cercle vertueux de la bande à partir de quelques membres ou même d’un seul membre.

Le corollaire de ce premier risque est une dilution du « moi » dans un « nous » collectif et déresponsabilisé, plus reposant pour le jeune. L’uniformité du groupe (le « on » impersonnel) ralentit l’évolution vers un « je » assumé et affirmé devant les autres. Il y a là un champ éducatif important pour les parents…. auquel le jeune tente de se dérober par le mensonge ou la tricherie.

Il est aussi le lieu des amitiés fortes, fusionnelles, voire «homophiles » avec le risque des gestes qui engagent et fixent dans une orientation sexuelle non souhaitée. Ces amitiés peuvent encore ouvrir à la loi du silence ou à l’omerta sur des conduites délictueuses, du bizutage, du harcèlement, des incitations au passage à l’acte (relation sexuelle). Mais cette amitié peut être aussi déçue et trahie. Le jeune découvre que la popularité n’est pas l’amitié et que les confidences auxquelles il s’était risqué ont été dévoilées, source de douleur et de grande déception.

Ceux qui sont hors du groupe :

Il y a toujours ceux qui ne fonctionnent pas dans le système du groupe ou qui en sont rejetés : Aignan, le fayot, l’intello, le précoce, celui qui a une différence trop marquée….

 

Ce que nous avons souhaité montrer dans cette vidéo

Les bienfaits de la bande dans la construction affective : le groupe permet de se connaitre à travers l’autre, de confirmer sa personnalité et d’acquérir de l’autonomie par rapport aux parents.

Les risques inhérents à la dépendance au groupe : ne pas se diluer et laisser le groupe décider pour soi. L’éducateur en fait une occasion pour réfléchir aux conséquences de ses actes et développer l’esprit critique permettant de parler au « je ».

Le rôle éducatif des parents : présents avec discrétion. Sachant protéger, dire les règles et mettre en perspective pour amener le jeune à réfléchir. Ils peuvent valoriser les bonnes facettes, l’attitude juste du groupe ou de ses membres. Encourager avec confiance.

 

Eléments de dialogue

L’enfant a grandi, a changé, l’autorité ne peut plus être assénée verticalement mais tendre vers une coopération du jeune. Il sera nécessaire d’accueillir la bande d’amis avec bienveillance, sans la draguer, sans copinage ou intrusion. Se souvenir que l’on a été jeune ! L’essentiel est de ne pas lâcher le fil du dialogue et de la confiance (« je sais que tu es capable ») en étant attentif à ce que vit le jeune : sommeil, appétit, résultats scolaires, humeur….

Ne pas fermer les yeux, minimiser ou couvrir de son silence la loi du silence imposée à ses enfants par le groupe (par ex : bizutage avec menaces sur le jeune). Rester dans son rôle d’adulte sans confusion des générations et en protégeant son enfant des abus de la bande.

S’intéresser à ce que vit le jeune dans tous les domaines sans y mettre une curiosité mal placée. Les parents doivent dire qu’ils savent comment ça se passe, qu’ils ne sont pas naïfs. Questionner « Est-ce que ça se passe comme ça dans ta classe ? » mais être capable d’être dérangés et surpris par la réponse… sinon le jeune fait une réponse conforme aux attentes des parents.

Voir la saison 2

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