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S'engager après le Bac ? « Insensés » ou « Avisés » ?

Par Mgr B.MOLLAT du JOURDIN

J'avoue que le thème retenu pour ce numéro de notre revue m'a laissé, à la première lecture, un peu perplexe ! Qu'est-ce que l'Evangile peut bien dire à des jeunes qui abordent des études supérieures et envisagent une année de césure ainsi qu'à leurs parents qui les accompagnent dans leur marche vers l'engagement dans la vie.

Sans forcer le texte, il me semble que la parabole assez peu connue du propriétaire insensé (Luc 12, 16ss) concerne ceux qui se lancent dans des études supérieures avec pour objectif la conquête d'un ou de plusieurs diplômes ainsi que ceux qui envisagent de faire un « break » d'un an ou plus.

Le propriétaire insensé s'est mis dans la tête qu'il lui fallait pour vivre amasser tant et plus, or la vie va lui être retirée. La vie n'est pas accumulation de biens...ou de diplômes acquis, mais bien plutôt don reçu et partagé.

En clair, vivre, c'est entre autres choses, reconnaître ses dispositions intellectuelles, non pour engranger des diplômes en s'imaginant que cela ouvre une multitude de portes ou faire étalage de ses connaissances : ce serait là une pratique « insensée », c'est-à-dire sans aucun sens ! Mais bien pour se mettre au service, le jour venu, de celui (individu, société ou pays) qui est dans la difficulté. Là, il s'agira d'une pratique «avisée».

Désirer arrêter pendant un an ou deux le cours de ses études peut avoir plusieurs motivations :

Engranger à l'étranger d'autres connaissances serait, comme notre homme de la parabole, « démolir ses greniers pour en bâtir de plus grands »...

Tisser des liens avec des personnes d'autres cultures serait s'ouvrir à d'autres et partager avec eux ce que la vie a donné.

S'immerger dans le monde vers lequel on se sent appelé, serait prendre du recul et vérifier si le projet de vie envisagé tient bon.

Faire une « pause », sans pour autant se croire au « Club Med », ce peut être un temps pour mûrir son projet.

Prendre une année de service pour acquérir une formation humaine, culturelle, spirituelle, professionnelle est en même temps service des plus démunis.

 

Le choix est grand, les propositions nombreuses. Je citerai deux ou trois organismes :

DCC (Délégation Catholique pour la Coopération), ONG catholique agissant en particulier dans l'enseignement, la santé, le développement économique, l'animation sociale, le développement rural, l'ingénierie, la culture, les nouvelles technologies...

FIDESCO : autre ONG catholique de solidarité internationale

POINTS CŒUR : ONG internationale également catholique, qui se veut présente auprès des plus souffrants, présente dans 20 pays et sur 4 continents : vivre avec les plus délaissés et remettre l'homme au centre de toute préoccupation : dans les bidonvilles, les domaines des sciences, de l'économie, de l'art et de la politique sont leurs buts.

Quelle chance n'est-elle pas ouverte aux jeunes : ne pas rester assis dans un amphi ou une bibliothèque, non pas pour s'enrichir tels des « insensés » mais pour ajuster leurs recherches à des expériences vécues et n'en point rester à de la théorie et devenir ainsi des hommes et des femmes « avisés »

 

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