Passer de la passion à la raison

Devant les événements aussi bien politiques, qu'économiques, ecclésiaux ou culturels, le Pape Benoît XVI invitait les chrétiens « à voir la lumière audelà de la brume qui semble nous envelopper » (Homélie du 8 décembre)

Par Mgr B.MOLLAT du JOURDIN

Brume épaisse dans laquelle nous sommes en ces jours ! Je peux, sur ce sujet témoigner de ce que j'entends, sans trahir le secret du confessionnal : beaucoup ne savent plus du tout où ils en sont. ! Le « monde est tombé sur la tête », disent certains. D'autres voudraient qu' « ON » interdise tel spectacle. Aux yeux de certains, « vivre 50 ans avec le même conjoint est aberrant…voire malsain »…. L'approche des élections présidentielle et législative fait monter les enchères : la question du mariage est posée, l'adoption d'enfant par des couples homosexuels. …Bref tout s'entrechoque et au moment de Noël et du premier de l'An, il fallait éviter les questions qui fâchent…Pas facile à gérer ! Un principe à garder quand on est dans la brume, c'est d'essayer de se repérer et pour ce faire, s'arrêter et s'asseoir. Braver la brume, est une sorte de combat dont il faut sortir vainqueur. Il me semble que Jésus nous donne quelques conseils s'il fallait partir dans une aventure guerrière ou construire une maison : il faut toujours commencer par s'asseoir. Faire la distinction entre la passion et la raison. Combien de fois n'entend-t-on pas des personnes vous dire « J'ai l'impression que »…, oublieuses de l'aspect purement subjectif, passionnel d'une impression. Nous sommes bien plus que du papier photographique « impressionnable » ! Faire un choix demande réfléxion : qu'il s'agisse d'élire un président ou un député, qu'il s'agisse d'orienter son avenir, d'arrêter ses études, de s'expatrier ; qu'il s'agisse d'aller manifester contre ou pour telle ou telle cause. Réfléchir sous le regard de Dieu, en un mot, prier. On ne peut en rester à l'impression !
Le 8 décembre dernier, la pièce de théâtre « Golgotha Picnic » démarrait. Allions-nous aller manifester ? De quel droit ? Nous venions de lire le dimanche précédent le premier chapitre de l'Évangile de Marc commençant par ces mots « Bonne Nouvelle de Jésus Christ, Fils de Dieu ». Tout l'Evangile de Marc est une relecture, un développement de ce titre. Nous allons lire son Evangile tout au long de cette année 2012. Oui, Jésus est vraiment homme, vraiment Christ, vraiment Fils de Dieu. Sa vie se révèlera véritablement comme une Bonne Nouvelle. Du reste, un païen, au beau milieu d'invectives et de cris orduriers, au moment de la mort de Jésus dira : « Vraiment, cet homme était fils de Dieu » C'est à ce moment-là que commence véritablement la Bonne Nouvelle : le moment où le coeur d'un homme s'ouvre pour accueillir Jésus Christ fils de Dieu et son message.
De quatre à six mille personnes sommes allées nous asseoir devant le Christ, en silence et approfondir le mystère de la Croix, signe d'amour Le dossier Jésus, après 20 siècles d'instructions, reste toujours ouvert ! Ou bien on le bafoue, on s'en moque, on le ridiculise ou bien on entend son message qui invite à reconnaître tous nos enfermements sur nous-mêmes. Ne réduisons pas le message du Christ Jésus à une morale. C'est infiniment plus : C’est infiniment plus : c’est un message du Dieu-Amour. Jésus est venu nous dire que nous étions chacun d’entre nous, aimé et appelé à vivre, à vivre pleinement, à vivre de sa vie, de sa vie de Ressuscité, à vivre de sa vie divine. Ce n’est pas rien ! Oui, c’est vraiment une très bonne nouvelle que l’annonce de sa venue. Ce n’est pas une impression, mais une annonce objective et pour la recevoir, nous nous sommes assis dans la cathédrale Notre Dame et nous avons prier.
Le païen témoin de la mise à mort de Jésus a tout compris : « Vraiment cet homme était Fils de Dieu ». Le coeur de cet homme s’est ouvert à la réalité. Librement le coeur de cet homme s’est ouvert à l’amour de Dieu. Ce n’était pas une impression ! C’est là que commence la Bonne Nouvelle.

A notre tour, en toute liberté, nous avons à prendre position, à dire oui à ce Jésus Christ, fils de Dieu, à être des témoins de l’amour et à orienter ainsi nos vies. Nous sommes frères de Jésus Christ et non des partisans. Nous sommes chargés d’annoncer la Bonne Nouvelle dans tous les domaines de nos vies.