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Conférence de carême avec Antoine Renard

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Il s'agit là d'élargir la famille nucléaire à ses proches : solidarités verticale entre générations et horizontale des familles entre familles.

Dans Familiaris Consortio (FC), Jean-Paul II expliquait que, « la famille possède et irradie encore aujourd'hui des énergies extraordinaires capables d'arracher l'homme à l'anonymat, de l'éveiller à la conscience de sa dignité personnelle, de le revêtir d'une profonde humanité et de l'introduire activement avec son unicité et sa singularité dans le tissu de la société » (43). Le cœur de cette contribution originale se situe dans « l'expérience même de communion et de participation qui doit caractériser la vie quotidienne de la famille [qui] constitue son apport essentiel et fondamental à la société » (FC, 43).

Le rôle de l'Etat s'exerce ici au travers de ce qu'il est convenu d'appeler la politique familiale. Des débats récents montrent bien son essoufflement. Sa complexité est devenue telle que ses objectifs ne sont plus visibles, que même son utilité est mise en cause et que, dans la recherche compréhensible d'économies, elle est souvent la première menacée.

Quelques principes simples doivent être mis en avant dans un essai de rénovation.

La société a besoin de la famille et doit la concevoir non pas comme un ensemble d'individus à assister dans leurs besoins mais comme une richesse nécessaire, un sujet communautaire doué d'importantes missions sociales.

Les familles ont besoin de la société et doivent avoir les moyens de remplir leur rôle. Elles n'ont pas besoin d'être administrées, mais soutenues, confortées, encouragées. C'est à l'Etat de veiller aux conditions de leur autonomie et de leur développement, pour le bien de toute la société.

Chaque famille doit pouvoir percevoir des revenus dignes par le travail de ses membres, l'allocation ne venant qu'ensuite. Il n'est pas juste que les parents aient à subir un appauvrissement parce qu'ils élèvent leurs enfants ; des mesures fiscales appropriées doivent l'éviter.

Il convient de lever les freins qui pèsent sur les choix des familles (accueil d'un enfant, choix d'un établissement scolaire...) et de réduire la primauté du travail sur les personnes en introduisant des formes de conciliation.

La politique familiale doit enfin concourir à éviter les divorces : investir pour les familles aujourd'hui réduira les dépenses sociales de demain.

En somme, fondée sur l'amour entretenu des époux, première responsable de l'éducation de ses enfants, ouverte à la solidarité, la famille est la plus précieuse des ONG ; responsable d'organiser notre vie sociale, la société peut apporter aux familles la sécurité et le soutien que mérite leur marche quotidienne dans un monde complexe et changeant, non sans dangers.

Pour faciliter la nécessaire réduction des contradictions et le renouvellement de la confiance entre familles et société, nous pouvons encore renforcer l'articulation de leurs actions par le biais des corps intermédiaires.

De ce point de vue, notre pays est privilégié, il est utile d'y insister. A la Libération, le général de Gaulle a voulu donner un rôle institutionnel à ceux qui pouvaient représenter les Français dans les deux dimensions essentielles de leur vie quotidienne : le travail et la famille. Ainsi est née, aux côtés des syndicats dits représentatifs, l'Union Nationale des Associations Familiales (UNAF) qui, regroupant des associations existantes, s'est vue dotée par la loi d'un pouvoir institutionnel de représentation de toutes les familles. L'UNAF est ainsi en tant que telle obligatoirement consultée par le Gouvernement et le Parlement sur les initiatives qui touchent la vie des familles.

Si l'action locale d'entraide et de services aux familles a toujours été le fait de nombreux acteurs soutenus par les bénéficiaires, cette action politique nationale, peut-être moins connue, est longtemps restée le fait de spécialistes dont la loi garantissait la représentativité.

Dans un monde où le débat est plus ouvert et où il n'est plus suffisant d'être compétent ou pertinent pour être entendu, il devient nécessaire d'asseoir le pouvoir de parole des interlocuteurs non plus seulement sur la garantie de la loi, mais sur une représentativité réelle beaucoup plus vaste, attestée par les chiffres. Les associations familiales ont plus que jamais besoin du soutien effectif et réel des familles, au nom desquelles elles ont le droit et le devoir de s'exprimer.

Nous pouvons à ce sujet entendre cet appel pressent du Cardinal Antonelli, Président du Conseil Pontifical pour la Famille, à Mexico en 2009 : « il faut que les familles adhèrent en masse aux associations familiales ». Il y a là un moyen sûr pour « qu'elles assument la responsabilité de transformer la société » (FC, 44).

De nombreuses échéances nous incitent à trouver les chemins d'une coopération renouvelée entre les familles et l'Etat, d'une confiance rétablie entre les familles et la société.

De nombreux outils, existent déjà ; peut-être en faudra-t-il de nouveaux, mais déjà nous pouvons porter sur ceux-là un regard nouveau, un esprit nouveau, et laisser chacune de nos vies être envahie par l'esprit d'amour pour faire de nos familles, comme le dit Jean Vannier, ce lieu de pardon et de fête, qui a vocation à la contagion.

Alors nous pourrons contribuer à bâtir la civilisation de l'amour à laquelle nous aspirons tous.

Revêtir l'homme nouveau, c'est aussi le sens du carême.

Marié et père de trois enfants, Antoine Renard est président de la Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques (CNAFC) depuis 2007. Après avoir notamment assuré la direction d’une fonderie dans le nord de la France, il travaille actuellement dans un groupe international fabriquant du matériel ferroviaire. Il a été commissaire général, puis président des Scouts Unitaires de France (SUF).

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