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La morale à l'école

Vincent Peillon a annoncé un retour de l'enseignement de la morale à l'école. Beaucoup ont noté que le "retour de la morale" est cyclique avec les nouvelles équipes ministérielles et évacuent la question d'un haussement d'épaule.

Regardons tout de même ce qui nous est proposé .....
De fait, enseigner la morale pourrait aider chaque jeune à être plus libre, parce que plus à même de distinguer le bien et le mal, et à tous de développer des relations plus paisibles parce que fondées sur le respect mutuel.

Nous ne pouvons que partager ces objectifs.
Mais la vraie question tient au contenu de ce qui serait enseigné aux élèves ; avons-nous encore une morale partagée? La "bien pensance" ne tient-elle pas lieu de morale commune? Ne risque-t-on pas de réduire la morale au plus petit commun dénominateur : le respect, la politesse, l'égalité homme-femme...? Qu'est-ce que cette "morale laïque" citée par le ministre? Voici sa réponse : "le but de la morale laïque est de permettre à chaque élève de s'émanciper car le point de départ de la laïcité, c'est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté de choix, il faut être capable d'arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, social, ethnique, intellectuel, pour après faire le choix".
Il y a de la naïveté dans cette vision qui entend s'affranchir de tout déterminisme et, étonnamment pour le ministre de l'Education nationale, elle semble nier toute transmission possible d'un patrimoine moral d'une génération à l'autre. Nous ne partageons pas cette vision de l'éducation où les parents ne seraient plus les premiers éducateurs de leurs enfants.

Nous avons cependant des propositions concrètes pour l'école :
L'enseignement de la morale ne peut être seulement théorique. Un collégien peut avoir d'excellentes notes à un devoir sur la non-violence et être un élève harceleur dès la récréation suivante. Cet enseignement a besoin d'être concret : cela passe et par l'exemple et par la relation éducative. Les heures de "vie de classe" pourraient être le lieu d'un tel accompagnement ancré dans le réel, suivi dans le temps et incarné dans une relation.
Il serait bon de bannir les zones de "non-éducation" au sein de l'école (récréation, cantine, couloirs...). Toute l'école devrait être un lieu éducatif et pas seulement les temps où les professeurs sont devant les élèves. Cela passe par plus de présence auprès des jeunes, une plus grande proximité et des propositions inventives.

Pascale Morinière
Responsable du secteur Education de la CNAFC

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