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Comment les parents peuvent-ils aider les enfants à bien rédiger ?

Bien rédiger, clairement et en bon français, peut être un atout pour l'avenir de votre enfant. Il faut l'aider à progresser à l'école, et ne pas hésiter à en faire plus que l'école.
Après les généralités sur ces exercices, nous proposerons aux parents quelques conseils.

Les programmes 2008 du primaire toujours en vigueur, spécifient ce qui suit :

LA REDACTION

  • Dans les diverses activités scolaires, prendre des notes utiles au travail scolaire
  • Maîtriser la cohérence des temps dans un récit d'une dizaine de lignes
  • Rédiger différents types de textes d'au moins deux paragraphes (en veillant à leur cohérence, en évitant les répétitions, et en respectant les contraintes syntaxiques ainsi que la ponctuation).
  • Ecrire un texte poétique en obéissant à une ou plusieurs consignes précises.

C'est ce que l'on attend des élèves moyens ; les plus avancés peuvent faire mieux, des textes plus longs, et surtout une dose d'originalité, dans le fond comme dans la forme.

LA COMPOSITION FRANÇAISE

Aujourd'hui, on qualifie souvent la rédaction de « production d'écrit ». Cette expression a l'avantage, et l'inconvénient, de s'appliquer aussi bien à l'écriture d'un mot qu'à l'écriture des Misérables par Victor Hugo. L'expression « composition française » a l'avantage de donner une première clef de la rédaction : composer.
Composer, c'est poser ensemble, disposer en mieux pour retenir l'attention du lecteur. Quelles sont les briques de cette composition ? Ce sont d'une part les idées, d'autre part les mots et les phrases qui les expriment.

Comment trouver des idées ?

Les bonnes idées ne viennent pas toutes seules : il faut les chercher par un travail volontaire.
Souvent, on conseille aux élèves de commencer par établir le plan de leur texte. Mais comment faire un plan avant d'avoir les idées ? Ce serait comme fixer le parcours de la visite d'une ville avant d'avoir choisi ce que l'on veut voir ou montrer.

La première source d'idées est le sujet ou thème de la rédaction. Qu'évoque-t-il pour le rédacteur ? Ensuite, les premières idées en appellent d'autres, par association d'idées. Cela se fait, par un travail conscient, en se posant des questions, en se parlant à soi-même.

Les mots et les phrases.

Il faut, ensuite, composer – avec des mots – les phrases qui expriment les idées. La façon la plus naturelle de le faire est encore de se parler à soi-même, mentalement, ou si possible à haute voix ou à voix basse. Car les « jolies phrases » chères aux bons instituteurs, sont d'abord jolies à entendre.
Puis, on se dicte à soi-même ce que l'on a composé dans sa tête.
Enfin, on relit, et, parfois, ré-écrit.

COMMENT LES PARENTS PEUVENT-ILS AIDER LES ENFANTS À BIEN RÉDIGER ?

Il s'agit d'aider les enfants à se poser des questions pour trouver les bonnes idées et les bonnes formules, en se parlant à soi-même, et ainsi à développer leur pensée consciente.
Cela doit commencer dès la petite enfance, et beaucoup de parents le font spontanément, puis la Maternelle devrait apporter sa contribution.
Nous avons présenté, dans le N°2 de ce Bulletin, l'excellent ouvrage JEUX D'EVEIL A L'ECRITURE, dont les exemples peuvent être transposés, si nécessaire, à des enfants plus âgés.
Pour aider l'élève à dialoguer avec lui-même, le plus simple est d'établir un dialogue entre l'adulte et l'élève : il est plus facile de commencer à deux. L'adulte doit lui-même chercher, avancer dans ses réflexions silencieuses, mais sans chercher à imposer à l'élève ses propres idées.

Quelles questions ?

D'abord, travailler sur le sujet, le thème de la composition française. Il faut amener l'élève à l'enrichir au lieu de le prendre au pied de la lettre.
Ce thème évoque-t-il dans son esprit certaines images ? Peut-il exprimer ce thème dans des termes différents ?

A partir de là, on peut trouver des idées par association d'idées, en passant d'une idée à l'autre.

Par exemple, si le thème est la description d'un paysage d'hiver, une première image peut être celle de la neige ; mais si l'élève ne connaît que la neige des sports d'hiver, cela risque d'être banal.
Passant à autre chose, on peut évoquer en soi-même le soleil : en quoi le soleil d'hiver est-il différent du soleil d'été ? Etc... Etc...

Ainsi, muni d'un stock d'idées, l'élève va pouvoir imaginer le plan de son texte, éliminer les idées qui n'ont pas de place dans ce plan, ou celles qui s'éloignent trop du thème de l'exercice.

Les questions de l'adulte l'aideront à se questionner lui-même.

Ecrire.

Avant d'écrire, l'élève doit dire à haute voix la phrase ou les phrases qu'il se propose de mettre sur le papier. Parfois cela lui permettra de constater des anomalies ou des maladresses. L'adulte pourra lui en faire remarquer d'autres, mais sans excès et sans perfectionnisme, et surtout sans lui donner la forme correcte - il ne faut surtout pas faire le travail à sa place. Parfois aussi, lui suggérer que deux phrases courtes peuvent être plus compréhensibles qu'une phrase longue.

Le travail oral peut aussi l'habituer à chasser les lacunes et les incohérences dans l'articulation des propositions, dans les transitions et les idées.

D'une façon générale, habituer l'élève à répondre à une question par une phrase bien construite, et surtout pas par un seul mot.

Tant que la rédaction n'est pas terminée, éviter de reprendre l'élève sur les fautes d'orthographe ou de grammaire. Cela se fera lorsqu'il se sera relu.

Patience !

Tout ceci est aussi valable, qu'il s'agisse d'une rédaction de trois lignes ou de trois pages.

Il faut s'adapter à l'âge, à la maturité de l'enfant, à ses connaissances, à son goût pour la lecture et l'écriture, que l'école devrait développer.

Au début, contentez-vous de petits progrès : par exemple, au lieu de l'idée, du mot, de la phrase qui lui étaient venus spontanément à l'esprit, l'élève a préféré autre chose, qu'il a trouvé lui-même par un effort conscient.

Attention

Il est possible qu'un bon travail avec l'élève ne soit pas apprécié par le Maître. Combien de parents ont obtenu une mauvaise note au devoir de français de leur enfant ! C'est fâcheux, non pour les parents, mais pour les enfants.
C'est plus simple lorsqu'on peut convaincre l'enfant de faire des exercices sur des thèmes trouvés par l'adulte, en s'inspirant des sujets des rédactions proposées à l'école.

 

Article tiré de Instruire et transmettre, lettre d'information du secteur éducation de la CNAFC en partenariat avec « Lire – écrire ».

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