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De quelle autorité l’enfant a-t-il besoin pour grandir ?

 Ce texte est un extrait de notre dernière brochure 12 questions à se poser avant de crier sur ses enfants.

Selon la philosophe Hannah Arendt, l'autorité est « une manière d'obtenir l'adhésion sans avoir recours à la contrainte et à la menace ».

xene-brochureL'autorité juste, ajustée, est une autorité naturellement efficace, parce que légitime et ressentie comme crédible, parce qu'elle allie la bienveillance et la fermeté. Elle permet un espace de liberté dans un cadre sécurisant pour les enfants.

Bienveillance

Les enfants ne sont ni laissés à leurs seuls désirs, ni soumis à l'unique volonté de leurs parents : ceux-ci observent, écoutent et prennent des décisions en fonction de ce qui leur semble le meilleur pour le développement de leurs enfants. Cette écoute ou ce dialogue ne sont pas une négociation, mais une attention forte prêtée à ce qui est le bien de l'enfant pour l'instant présent et dans une perspective d'avenir. Dans une même fratrie, les besoins ne sont pas identiques aux mêmes âges. Ils nécessitent de mener cette écoute attentive pour chacun.

Le père ou la mère acceptent que les règles puissent être enfreintes sans se sentir remis en cause car ils ne se confondent pas avec les règles qu'ils ont fixées. Ils savent les rappeler, encourager et donner à l'enfant le temps de grandir dans la liberté.

À Adam, 5 ans : « Tu n'as pas réussi à ne pas te lever avant 8 heures, dimanche dernier. J'installe une pendule dans ta chambre. Tu pourras te lever quand la petite aiguille sera sur le 8. Je suis sûre que tu vas y arriver. »

Fermeté

Les règles ou les consignes sont énoncées aux enfants et sont ensuite appliquées et respectées sans que les parents reviennent dessus. L'assurance tranquille dans leur application ne varie pas en fonction des réactions de l'enfant et limite la durée des inévitables conflits, qui ne se transforment pas en bras de fer.

À Paul, 6 ans : « Tu ne veux pas terminer ta purée alors que tu aimes bien ça ? Ce n'est pas grave : je ne t'oblige pas à finir mais tu peux sortir de table puisque tu n'as plus faim. » À Laura, 16 ans : « Je t'avais demandé de rentrer à 22 heures au plus tard et il est presque minuit... Tu connais la règle : il n'y aura pas de sortie pour toi pendant un mois. » Ces règles s'appliquent de manière juste, c'est-à-dire que le détenteur de l'autorité ne l'utilise pas comme un pouvoir abusif ou arbitraire. Celui-ci s'efforce d'être cohérent, voire exemplaire.

On imagine aisément que le commandement : « Arrêtez de vous taper ! » serait contreproductif s'il s'accompagnait d'une distribution de claques. De même, il est plus facile d'apprendre aux adolescents à éteindre leur portable à table lorsque les parents respectent eux-mêmes cette règle. La cohérence rend l'autorité crédible ; elle est sécurisante pour l'enfant ou l'adolescent qui peut évoluer en confiance dans un environnement sûr qui l'aide à se construire intérieurement

Ce cadre éducatif va évoluer en fonction de l'âge, de la maturité et de la personnalité de l'enfant – Il y aura des interdits, fermes et non négociables : « Tu ne joues pas avec les allumettes » ; « Tu peux aller sur Facebook après tes devoirs, pas plus de vingt minutes. » – Il y aura aussi des libertés et des règles qui laisseront, avec l'âge, une part de plus en plus grande au libre-arbitre : « Tu te couches entre 21h et 21h30. »

L'objectif de l'autorité est d'arriver à ce que, à l'âge adulte, le cadre s'efface et que le jeune devienne capable de vivre dans la société de manière autonome et responsable, de poser des choix libres et d'en assumer les conséquences.

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