Bannière manif 19 janv site

Back Vous êtes ici : Société Agir La bioéthique en question Argumentaire de l'Union pour la vie sur la recherche pratiquée sur l'embryon

Argumentaire de l'Union pour la vie sur la recherche pratiquée sur l'embryon

La recherche pratiquée sur l'embryon et les cellules embryonnaires

Présentation générale

Cette recherche est effectuée sur des cellules prélevées sur l'embryon après la fécondation in vitro, ou après décongélation. La recherche entraîne la destruction de l'embryon.
L'objectif des chercheurs est d'améliorer les connaissances sur la procréation : connaître la cause de la mortalité embryonnaire (particulièrement élevée chez l'homme), améliorer les résultats de la procréation in vitro, ouvrir la voie à la chirurgie ovocytaire ou embryonnaire...
Le second objectif avancé par les chercheurs est l'objectif thérapeutique. On lie alors la recherche à la thérapie cellulaire qui repose sur le remplacement de cellules malades ou en nombre insuffisant. Les greffons nécessaires proviennent de la culture de cellules, et tout particulièrement de cellules dites cellules souches. Elles ont une capacité d'autorenouvellement quasi illimitée et sont capables de donner naissance à des cellules de transition dont proviennent des populations de cellules hautement différenciées (nerveuses, musculaires, hématiques etc.). L'attention publique a été focalisée ces dernières années sur la découverte de cellules souches embryonnaires humaines (CSE), dotées d'un très fort « dynamisme ». La préparation de ces CSE exige évidemment la fécondation in vitro (FIV), et leur prélèvement entraîne la destruction de l'embryon L'usage thérapeutique des CSE comporte des risques notables. L'extrême vitalité de ces cellules rend leur évolution difficilement contrôlable et des développements tumoraux ont été observés dans le cadre de l'expérimentation animale

La situation actuelle

La loi interdit la recherche sur l'embryon et, a fortiori, la conception d'embryons à des fins de recherche. Elle maintient une distinction entre les études (qui ne portent pas atteinte à l'intégrité de l'embryon) et la recherche (qui entraîne la destruction de l'embryon). Les études sont permises à titre exceptionnel.
Mais des dérogations rendent possibles ces recherches dans des conditions strictes:
être susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs,
absence de méthodes alternatives d'efficacité comparable,
n'être pratiquées que sur des embryons surnuméraires ne faisant plus l'objet d'un projet parental.

Le couple doit consentir par écrit aux recherches, après un délai de réflexion de trois mois. Notons qu'un couple candidat à une FIV peut consentir par écrit, à l'avance, à ce que les embryons qui ne seront pas transférés in utero ou conservés, fassent l'objet d'une recherche.
La recherche suppose un protocole autorisé par l'Agence de la biomédecine. Les ministres de la Santé et de la Recherche peuvent interdire la réalisation de ce protocole.

Enfin ces dérogations ne sont accordées que pour une durée de cinq ans à compter de la publication du décret d'application (2006).
Le prélèvement et la conservation de cellules embryonnaires, après une interruption de grossesse, sont subordonnés au consentement de la femme.

Points sur lesquels portent les débats

- La proposition principale est de remplacer l'actuelle interdiction, accompagnée de dérogations valables pour une durée réduite, par une autorisation pérenne, rigoureusement encadrée. Cette autorisation comporterait la poursuite de la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

- Par ailleurs, des chercheurs souhaitent que dans l'encadrement de l'autorisation préconisée ne figure pas la condition de visée thérapeutique.

La recherche ne peut justifier la destruction de l'embryon

On a, certes, beaucoup à découvrir dans le domaine de la procréation. Mais il importe de prendre la mesure des problèmes qui portent non sur la connaissance elle-même, mais sur les moyens d'acquisition du savoir, ainsi que sur les applications possibles ou prévisibles.

Du seul point de vue scientifique, la situation actuelle n'est pas justifiée :
Puisque de nombreuses expérimentations ont déjà été entreprises, à l'étranger et même en France malgré l'interdiction, sur des embryons humains, depuis plusieurs dizaines d'années, quels enseignements majeurs irremplaçables en retirons-nous ? A cette question, il est aujourd'hui très difficile de trouver une réponse. Le professeur Testart est sévère: « tout se passe, dit-il, comme si l'enjeu véritable n'était ni la connaissance, ni la médecine mais l'emprise de l'humanité sur tous les stades de son être ».
Le prétexte utilisé pour justifier les dérogations était l'espoir thérapeutique suscité par ces recherches. Or, indépendamment des possibilités offertes par les cellules souches prélevées sur des tissus adultes ou provenant des cellules du sang de cordon prélevé après la naissance, les découvertes du professeur Yamanaka, développées par plusieurs laboratoires, permettent d'espérer que l'on pourra obtenir, à partir de la peau, des cellules dites iPS dotées de propriétés très voisines de celles des cellules souches embryonnaires. La recherche à visée thérapeutique n'a plus besoin de cellules souches embryonnaires. Les chercheurs présentent alors un nouvel argument, celui de la recherche fondamentale.
Sur ce point, comme sur d'autres (mères porteuses, gratuité des dons...), les pratiques étrangères ou le retard que prendrait la recherche française sont présentés comme justification. Pour reprendre une expression du Conseil d'Etat, on n'est pas tenu de s'aligner sur le moins-disant éthique.

La loi de 2004 a introduit, par le biais des dérogations, la transgression du principe de protection de la vie dès son commencement. Le respect dû à l'embryon n'est plus une conséquence de sa nature mais celle de son appartenance à un projet parental (aujourd'hui, 40% des 176.000 embryons surnuméraires conservés sont dépourvus de ce projet). L'embryon se trouve successivement dépendre du pouvoir du technicien qui produit consciemment des embryons surnuméraires, puis du pouvoir des parents et enfin du pouvoir des chercheurs. Il est difficile de ne pas parler de réification de l'embryon.

Les propositions actuelles de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) et de l'Agence de la biomédecine s'inscrivent dans la suite logique de la loi de 1994, avec la congélation des embryons surnuméraires, puis de celle de 2004 qui accompagnait de dérogations exceptionnelles la recherche sur ces embryons, stratégie bien connue des petits pas. L'affirmation d'un "rigoureux encadrement" ou l'introduction d'une prétendue interdiction de créer des embryons en vue de la recherche ne sont là que pour rassurer une opinion publique hésitante, comme l'était l'exigence de visée thérapeutique.

Le nouvel être, dès sa fécondation n'est pas réductible à un patrimoine génétique. L'embryon ne peut donc être l'objet d'essais qui ne seraient pas pour lui un bénéfice, ni d'expériences qui impliquent soit sa destruction, soit des lésions irréversibles. Il était inacceptable de sacrifier un embryon en vue de progrès thérapeutiques. Combien plus est-il inacceptable de le détruire pour la recherche fondamentale.

La seule solution raisonnable est l'interdiction de la recherche, sans dérogation/, puisqu'il existe une solution alternative non destructive

La recherche doit être conduite sur les cellules souches prélevées sur les tissus adultes ou extraites du sang de cordon ombilical. Un effort particulier doit être fait sur le recueil de ces dernières. Une réflexion sur l'opportunité de banques privées devrait être menée.

Formation

Formation Grandir et Aimer 2018 500x419

Coup de cœur

Film Popieluszko SAJE

Actualités des familles La Croix