"Mariage pour tous" : Le mariage - une institution spécifique

Les sentiments, oui, mais pas seulement

Importants pour prendre la décision de se marier, les sentiments ne sont pas à eux-seuls constitutifs du mariage. Le mariage ne peut pas se réduire ni à l'enregistrement des sentiments que deux personnes peuvent avoir l'une pour l'autre, ni à un simple contrat patrimonial privé.

De nombreuses ruptures conjugales sont liées au fait que les relations étaient scellées sur un mode essentiellement sentimental, affectif.

Une réalité anthropologique

Le mariage entre un homme et une femme renvoie à une réalité anthropologique fondamentale et pas uniquement spirituelle. On accède à une vie familiale plus dense en se mariant. Reconnaissance personnelle et sociale de la nécessaire et totale complémentarité au sein du couple et engagement public et durable d'amour, d'assistance, de fidélité et de fécondité, le mariage est la forme aboutie de la vie à deux, la quintessence de la vie familiale et un atout unique et irremplaçable pour l'ensemble de la société qui se construit à partir même de l'altérité et de la dynamique qui se déploie dans le temps avec l'engagement de fidélité, de stabilité...

Un cadre juridique précis

Malgré le rapprochement entre PACS et mariage et la confusion qui en est la conséquence, le mariage revêt toujours des caractéristiques qui signalent son caractère institutionnel : cadre protecteur du plus faible (l'enfant, la femme), modalités de rupture, effets en matière de solidarité intergénérationnelle (obligation alimentaire du conjoint pour ses beaux-parents et réciproquement) ou de filiation (présomption de paternité, possibilité d'adoption au sein d'un couple...). Dans le mariage, l'union des personnes est à ce point vraie qu'elle a besoin, qu'elle exige qu'on fusionne les patrimoines pour en faire un bien unique.