Opposition des maires au « mariage pour tous »

Alors que le Gouvernement poursuit ses débats à l’Assemblée nationale et ses auditions au Sénat, un sondage commandé par le Collectif des maires pour l’enfance et publié le 7 février montre une nette et majoritaire opposition des maires de France au projet de loi dit du « mariage pour tous », ouvrant le mariage et l’adoption aux couples composés de personnes de même sexe.

Concernés directement par l’application concrète de la loi, 61% des maires interrogés – et ce toutes tendances politiques confondues – « estiment que le Gouvernement doit suspendre l’examen du projet de loi », et même parmi les maires qui y sont favorables, 24% estiment cependant que l’examen de ladite loi doit être suspendu pour laisser le temps et la place à un véritable débat. Si l’opposition totale au projet de loi est moins significative, elle reste majoritaire (52% des maires sont y sont opposés), on constate une opposition notoire lorsqu’il s’agit de la question de l’ouverture de l’AMP (Assistance Médicale à la Procréation) pour les couples de femmes (64%).

Enfin, 58% des maires fermement opposés au projet de loi « tiendr[ont] compte de la position de leur sénateur lors des prochaines élections sénatoriales ».

Contrairement à ce que persiste à laisser croire ou dire le gouvernement, ce projet de loi et cette réforme de la société sont donc loin de faire l’unanimité, ni même, de plus en plus, la majorité. De nombreux sénateurs ont également exprimé leur désaccord, et ce au-delà des clivages politiques. Plusieurs associations ou organismes – concernés directement et « expertes » en la matière » – ont déjà aussi manifesté leur inquiétude et/ou leur opposition à plusieurs reprises et tirés des signaux d’alertes sur les conséquences du projet. Aux oppositions exprimées s’ajoute la longue liste des psychiatres ou psychanalystes qui s’alarment de ce projet de loi.

En outre, tous s’accordent pour dénoncer un problème de méthode. Cette loi tend à passer en force, et arbitrairement, niant toute opposition.

Le président de la République portera-t-il la responsabilité de la rupture radicale qui s’opère entre les Français, et qui sera lourde de conséquences ?