Comment agir maintenant

La « rupture de civilisation » induite par la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe est « consommée », mais nous ne nous résignons pas !  En effet, jamais, rien, pas même une loi promulguée n’empêchera que seuls un homme et une femme peuvent être légitimement mariés.

A l’issue d’un processus politique inadmissible et violent, la manifestation du 26 mai a été un nouveau succès populaire. Ensemble, nous avons redit que tout cela est mauvais, que cette loi est un mensonge et que nous n’en voulons pas.

La mobilisation doit se réorienter et les AFC ont un rôle à jouer, notamment :

  • pour poursuivre localement le réveil des consciences par les liens qu’elles rendent possibles, par le cœur des familles pour faire reculer le relativisme, l’individualisme, la solitude que produisent les évolutions mal conduites de nos sociétés,
  • pour réclamer la reconnaissance de l’objection de conscience : pour les maires par exemple, comme cela avait d’ailleurs été évoqué par François Hollande lui-même, …

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Le mariage en débat

On se marie pour s'aimer : le regard d'un pédopsychiatre sur le "Mariage pour tous"

On se marie pour s'aimer
Le mariage, est ordonné à la fondation d'une famille et non à la simple reconnaissance de l'amour que se porte les mariés. Dans sa reconnaissance sociale et dans ses dimensions de confiance, d'engagement mutuel et de fidélité, il est un soutien psychologique important pour chacun des mariés et pour la stabilité des couples. En effet, dans la vie de tous les jours, dans les moments difficiles et de doute, ainsi qu'autour de l'éducation des enfants, chacun dans le couple se soutient de son engagement solennel mutuel, de sa promesse de fidélité et de la reconnaissance par la société de son couple. La dimension de l'altérité des parents vécue avec amour dans leur sexualité source de fécondité et reconnue par la société, favorise, par sa cohérence, un développement harmonieux chez les enfants.

Le « mariage » homosexuel est un « mensonge » puisqu'il inscrit le symbolique en faux par rapport au réel.
En effet, il inscrit la sexualité des personnes homosexuelles dans une impasse au niveau de leur fécondité: L'identique, le pareil, l'homonyme ne peut jamais être fécond sauf en parthénogénèse qui n'est pas de la sexualité.
Et l'enfant qui serait adopté ne peut annuler cette impasse.
De plus l'enfant aurait à vivre la double contradiction de l'affirmation que le « mariage » homosexuel est identique au mariage hétérosexuel et que la sexualité des homosexuels serait du même ordre que celle des hétérosexuels avec sa dimension de fécondité.
En effet, l'enfant se construit psychiquement non seulement dans ses relations à chaque adulte mais aussi dans sa relation au couple lui-même. Comment pourrait-il sortir de cette impasse où sa place n'est pas en lien avec ce que vit le « couple ».
La mythologie grecque évoquait déjà à travers Narcisse l'impasse mortelle de se centrer sur son image. Et « Alice au pays des merveilles » rencontre la folie en passant de l'autre côté du miroir c'est à dire en s'unissant à son double, son image identique à elle-même.

Dr Loïc d'Hautefeuille
Pédopsychiatre

"Mariage pour tous" : le regard d'un philosophe

La remise en cause de la spécificité du mariage
Le législateur français tend de plus en plus à gommer la spécificité du mariage en facilitant le divorce et en étendant au PaCS et au concubinage des avantages qui jusqu'alors manifestaient son statut. Le projet de loi portant sur l'ouverture du mariage aux couples de même sexe peut apparaître comme le terme d'une évolution inéluctable. Il peut aussi être l'occasion de retrouver l'intention profonde animant le droit du mariage et par là de mieux saisir son irréductibilité à toutes les autres formes d'union civile.

En s'engageant dans le mariage, les futurs époux en acceptent le statut impératif, c'est-à-dire ses effets légaux. Par le mariage civil, un Tiers intervient donnant une dimension publique à cette union. Le signe que celle-ci est irréductible à un simple contrat privé est que sa rupture ne peut être prononcée que par un juge ; le seul consentement mutuel des époux n'y suffit pas. Pourquoi la société a-t-elle voulu donner cette dimension publique au mariage ?
Parce que le mariage n'est pas d'abord la reconnaissance sociale d'un couple mais l'engagement qu'un homme et une femme prennent devant la société et par lequel est instituée une famille. Autrement dit, la spécificité du mariage se tire de la possibilité de la procréation, attachée par nature à la vie commune de l'homme et de la femme. Les impossibilités subjectives, rares, de procréer ne modifient pas cette disposition objective. C'est donc pour le bien des enfants que la société a voulu le mariage, cadre juridique de l'engagement par lequel les époux garantissent une vie commune stable offrant non seulement une sécurité aux enfants qui en naîtront mais aussi leur permettant d'être éduqués par ceux-là mêmes dont ils sont issus.
Ouvrir le mariage aux couples de même sexe, inféconds par nature, subvertit l'essence du mariage en le détournant du service social qui justifie ses avantages. En effet, les enfants d'une paire monosexuée, fut-elle mariée, seraient légalement privés d'une de leurs deux origines. Comment légitimer une telle injustice ?

Thibaud Collin

Vient de publier
Les Lendemains du mariage gay (Salvator)

Un droit ou une subversion du droit ? le regard d'un juriste sur le "mariage pour tous"

La réforme projetée de l'extension du mariage aux couples de même sexe rentre en confrontation absolue et brutale avec l'état actuel du droit français, pourtant conforme au droit européen et semblable à l'immense majorité des droits des autres pays du monde.

Cette rupture, qui n'est pas commandée par un principe d'égalité (lequel suppose pour un traitement identique l'existence de situations de fait identiques - exclue ici au regard du rapport à la procréation naturelle et à la parenté -), provient de la volonté de promouvoir une conception tronquée du mariage, qui se limiterait à une question de couple. Le Droit prévoit pourtant de façon incontestable qu'à un objet conjugal se superpose un objet familial. Indiscutablement, le mariage prépare, encadre, puis protège la famille. De la même façon, le mariage n'est pas réductible à une question de sentiments; il n'est pas et n'a jamais été la simple reconnaissance d'un amour. Il correspond à la suite juridique que l'État donne à un engagement public jugé conforme à ses intérêts vitaux.

La réforme envisagée n'est pas anodine et suppose un renoncement au principe d'unité de la notion de mariage, ce qui ne manquerait pas de la rendre plus perméable aux revendications individuelles. On pense à la polygamie mais il faudrait s'interroger aussi sur la reconnaissance civile des mariages religieux ou à toutes les situations dans lesquelles l'existence d'un sentiment serait invoquée. Or les sentiments ne sauraient suffire ! Que dire, sinon, aux adultes incestueux mais consentants qui souhaiteraient se marier ?

Enfin, le mariage, dont l'étymologie souligne profondément la complémentarité sexuelle (le terme provient à la fois de mater - la mère - et de mas / maris - le mâle -), étant un biais par lequel est assuré la promotion psycho-sociale d'une normalité hétérosexuelle, la réforme reviendrait à affirmer l'homosexualité comme modèle social équivalent à l'hétérosexualité, ce qui n'est pas rien et mérite pour le moins un franc débat.

Benoît de Boysson

Docteur en droit
Chercheur au Centre de droit de la famille de Lyon
Auteur de Mariage et conjugalité, LGDJ, 2012

site : www.consultation-nationale.org, dont l'actuelle consultation porte précisément sur cette question.

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