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La conjugalité au crible de la mise en commun des revenus

Une récente étude l'INSEE apporte un éclairage saisissant sur un sujet important et souvent complexe de la vie des familles : la mise en commun – ou non – des revenus dans les couples.

Variables les situations étudiées se traduisent par des pratiques domestiques différentes : « Lorsque les revenus sont totalement mis en commun, les deux partenaires utilisent cet « argent du ménage » aussi bien pour les dépenses collectives (loyer, courses quotidiennes, dépenses pour les enfants, etc.) que pour leurs dépenses personnelles, quelle que soit leur contribution respective. Lorsque la mise en commun est partielle, chacun des conjoints alimente une « caisse » destinée aux dépenses collectives mais conserve le reste de son revenu pour ses dépenses personnelles. Dans cette organisation, qui suppose que chacun ait un revenu, l'argent mis en commun est destiné à des usages précis définis au préalable. Enfin, les partenaires peuvent maintenir leurs revenus totalement séparés, adoptant alors divers arrangements pour les dépenses communes ».

On apprend ainsi que, « en 2010, 64 % des couples de l'échantillon déclaraient s'organiser selon le principe de la mise en commun totale, 18 % selon celui de la mise en commun partielle et 18 % déclaraient maintenir leurs revenus totalement séparés » (graphique 1).

Graphique 1 : Organisation des revenus dans les couples actifs





Champ : couples dont au moins un des conjoints est actif.


Plusieurs variables apparaissent particulièrement déterminantes et donnent un éclairage, particulier, sur la teneur des liens au sein des couples concernés :

  • 74 % des couples mariés déclarent mettre totalement en commun leurs revenus (30 % des pacsés et 37 % des concubins),
  • la part des couples déclarant mettre totalement en commun leurs revenus augmente avec l'ancienneté de la vie commune (31 % pour moins de 5 ans, 65 % pour 10 à 15 ans et 80 % pour 20 ans et +),
  • la présence d'enfants apparaît déterminante : 67 % des couples ayant au moins un enfant déclarent mettre leurs revenus totalement en commun (38 % de ceux n'ayant pas d'enfant font de même)
  • 68 % des couples dont c'est la première union mettent tout en commun (52 % dans les autres cas)

Même si les auteurs nous expliquent que « les caractéristiques sociodémographiques étudiées ici sont liées les unes aux autres : par exemple, les couples ont plus souvent des enfants lorsqu'ils sont mariés, les couples non mariés ont souvent moins d'ancienneté, les couples bi-actifs ont en moyenne un revenu plus élevé, etc. », on aimerait pouvoir croiser les différentes variables pour aller un peu loin dans la compréhension de la façon dont est vécu le lien au sein d'un couple marié.

Le mariage apparaît en tout cas porteur d'une union qui se déploie jusque dans le concret de la vie et donc plus dense, quand les autres formes juridiques de vie conjugale semblent porteuses d'une vision plus individualiste de la relation (que l'on retrouve aussi, apprend-on, en regardant les catégories socio-professionnelles des personnes interrogées : « Dans les couples bi-actifs, lorsque le diplôme ou le niveau de vie sont élevés, la mise en commun totale est moins fréquente »). Comme le montre cette étude, la présence d'enfant vient sans doute amender cette tonalité. On peut même y voir une nouvelle illustration des coûts du non-mariage, dans la mesure où cette mise en commun est également synonyme d'échanges entre conjoints et, partant, d'approfondissement de la relation (« les conjoints se consultent plus souvent pour leurs dépenses personnelles lorsqu'ils mettent tous les revenus en commun »).
Loin des inégalités que le mariage est suspecté par certains d'entretenir, on touche ici plutôt à la dimension protectrice du mariage, abordée ici sous l'angle matériel.

 

 

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