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Quelle réponse politique aux aspirations des jeunes en matière de famille ?

Famille avec 3 enfantsAujourd’hui, de nombreux jeunes âgés d’une vingtaine d’années aspirent à fonder une famille. Ils semblent pourtant penser que ce n’est pas de leur âge. Comment comprendre ce paradoxe ?

La famille figure en effet, en très bonne, voire en première place parmi les sources de bonheur qu’ils reconnaissent. De la baisse du nombre des premiers mariages, que signale l’INSEE pour 2009, à des pratiques aussi insolites que les mariages sponsorisés, de nombreux indices laissent même penser que la famille fondée sur le mariage a de la saveur pour ces jeunes. Pour eux, comme pour nombre de leurs contemporains, la famille est une « valeur » et elle a de la valeur : pour ce qu’elle est, même blessée, et pour ce qu’elle pourrait ou devrait être.

Pourtant, ces aspirations à fonder une famille entrent en tension avec une forme de réticence, une hésitation à poser ce choix et conduit à en retarder la réalisation.

A n’en pas douter, cela révèle un manque de confiance et un enjeu politique car des familles qui se fondent, et des familles fondées sur le roc, sont des bases solides pour la société. Les pouvoirs publics peuvent-ils intervenir pour créer des conditions favorables à ce choix ? Que peuvent-ils faire dans un contexte où tout se passe comme si l’individu était dissuadé de s’engager dans des choses « réelles » comme le travail, la politique, la famille… avant un certain âge ?

Il ne s’agit pas tant d’inciter à fonder une famille ; certains s’y sont essayés et cela n’a conduit qu’à l’avènement de «familles d’Etat ». Il convient plutôt de faciliter la mise en œuvre d’un vrai choix personnel en identifiant les freins qui pèsent sur ce choix pour, ensuite, trouver les moyens de les lever.

Ces freins sont nombreux. Sur le plan matériel, les difficultés d’emploi, de logement (réelles ou supposées, craintes dans tous les cas) s’ajoutent aux incertitudes liées au coût des études des enfants, à la retraite… De son côté, la réflexion même sur le sens de ce choix, sur ce que va vivre la famille, fait plus de place au « quoi ?» (quel niveau de vie ? quelles épreuves ?...) qu’au « comment ?» (et d’abord que la famille va avec le vivre « ensemble »).

Des études sur la conjugalité, le taux de fécondité… éclairent les choix en matière familiale, mais aussi certaines de leurs conditions de réalisation. Elles montrent aussi combien la force des freins évoqués précédemment varie en fonction de l’âge et donc que les réponses attendues relèvent autant d’une politique familiale que d’une politique de la jeunesse.

C’est une piste sérieuse pour rendre justice aux aspirations de nos jeunes contemporains ! Inutile de dire qu’ils attendent des réponses audacieuses.

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