Confinement : les AFC auprès des familles

Le mot de la semaine

Semaine #1

Si nous ne pouvons pas nous serrer la main, serrons-nous les coudes !

Depuis quelques jours, les restrictions de déplacement mises en place pour freiner la propagation du Covid-19 nous obligent à rester le plus possible cloitrés chez nous.

Une fois passée la stupeur, nous devons inventer un nouveau mode de vie avec des contraintes imposées à tous les membres de la famille. 

Ce bouleversement dans nos habitudes vient se conjuguer avec d’autres facteurs :  l’incertitude économique, la crainte pour nos proches fragiles, la présence inhabituelle des enfants parfois cumulée à celle d’un parent en télétravail, l’école à faire à la maison.

La famille est le lieu principal où vont s’expérimenter ces nouvelles façons de vivre ensemble.

Dans cette situation, qui pourrait durer plusieurs semaines, la tentation est grande de baisser les bras et de se replier sur soi. Pourtant, il va nous falloir garder le moral jusqu’au bout.

C’est au sein la famille, qui est, plus que jamais la cellule de base de la société, que nous avons trouvé du réconfort, faisant fi des risques de contamination. Car c’est en elle que nous avons confiance. Et c’est auprès d’elle que nous puiserons des ressources insoupçonnées pour affronter l’épreuve dans la durée.

Nous avons vu les Italiens s’encourager en chantant aux balcons, des scouts ont fait des dessins pour soutenir médecins et infirmières, des restaurateurs ont offerts leur surplus à des personnes à la rue. Les idées ne manquent pas pour s’entraider sans prendre de risques, ni pour les uns, ni pour les autres :  proposer à ses voisins de déposer des courses sur le seuil de la porte, partager sa box avec ses voisins, coudre des masques en tissu et les offrir à ses proches en contact avec la population (à laver à 90°), sortir le chien de son voisin fatigué, jouer d’un instrument de musique sur son balcon. Et si nous n’avons pas les numéros de téléphone de nos voisins, rien ne nous empêche de glisser un mot sous la porte ou dans la boîte aux lettres.

Sans nous déplacer, la technologie nous permet aujourd’hui d’entretenir des relations avec nos proches en toute sécurité sanitaire : petits mots, photos, vidéos et dessins s’envoient en quelques clics. Le téléphone n’est pas encore parasité, profitons-en pour prendre des nouvelles de nos parents, amis, relations, seuls ou isolés sans oublier les prêtres. Faire une liste pour n’oublier personne et instaurer un tour au sein de la famille pour multiplier les interlocuteurs.

Enfin, dans l’impossibilité de trouver du réconfort dans l’Eucharistie, la communauté paroissiale peut néanmoins se retrouver en pensée pour un temps de prière, à une heure convenue, depuis chez soi.

A nous de faire preuve d’imagination pour que, vivre ensemble mais séparément, durant ces quelques semaines, en n’oubliant personne, soit supportable.  Lavons-nous les mains et serrons-nous les coudes !

Semaine #2

Humilité, organisation et confiance !

Déjà 10 jours de confinement, dont on sait déjà qu’il durera plus longtemps qu’annoncé initialement.

Nous sommes tous confinés plus ou moins confortablement, plus ou moins angoissés, plus ou moins en relation avec notre famille, nos amis, nos collègues de travail, plus ou moins touchés personnellement par la maladie et parfois la mort. Et sans doute la situation va requérir de la part de chacun d’entre nous de reconnaître humblement ses limites : impatience, promiscuité, besoin de prendre l’air, sentiment d’impuissance, anxiété, méfiance, etc. L’humilité, l’amour fraternel et le pardon seront sans doute à cet égard de puissants leviers pour entretenir un climat serein !

Les rythmes personnels et collectifs sont eux aussi mis à l’épreuve : organisons-nous pour les rendre les plus harmonieux possibles et adaptés aux besoins de chacun. Consentons des compromis pour que chacun puisse « respirer » sans trop empiéter sur l’espace et l’ambiance communs. Profitons-en pour installer des habitudes de vie quotidienne : heures du lever, du coucher, des repas, de travail, de jeux, de prière qui viendront rythmer autant que possible des journées parfois longues.

Enfin, ayons confiance. Confiance en notre famille, qui saura surmonter vaille que vaille cette épreuve, confiance en nos communautés, qui savent naturellement s’entraider, confiance en l’avenir, en ce temps particulier du Carême. Car c’est cette confiance qui nous permettra aussi de témoigner dans notre entourage immédiat, dans des proximités quotidiennes souvent inhabituelles, du soutien qu’apportent les liens familiaux, de la force de l’union de prière, de l’espérance face aux inquiétudes de tous ordres : santé, économie, travail.

Les AFC restent sur le pont pour veiller, encourager, proposer, et permettre à tous, personnellement, familialement et collectivement de tirer autant que possible de cette situation des bénéfices sains et durables.

Gardons hauts les cœurs pour prendre soin et témoigner de ce trésor qu’est la famille !

Semaine #3

Réveillons-nous !

Nous allons entrer dans la grande et sainte Semaine la plus bizarre de notre vie. Pour la première fois, nous allons vivre la Passion, la mort et la Résurrection du Christ sans célébration à la paroisse, confinés. Il nous faut dès maintenant réfléchir à la façon dont nous voulons fêter nos Pâques domestiques. Une sainte Cène virtuelle ? Un chemin de croix dans l’appartement ? Un feu pascal dans une cheminée ?

Ce temps ne doit pas être celui de l’assoupissement. Ne soyons pas comme les pauvres apôtres abrutis de sommeil au jardin des Oliviers. Nous devons au contraire être plus attentifs que jamais : nos proches, notre pays, les plus fragiles ont besoin de notre prière, de notre réconfort. « C'est le moment, l'heure est venue de sortir de votre sommeil ! » écrit Saint Paul aux Romains (13, 11).

Et si nous essayions de lire ensemble, en famille, l’évangile du jour ? Et si dimanche nous lisions la Passion du Christ en nous répartissant les voix de Jésus, des apôtres, de Pilate, de la foule ? Et si nous instituions chaque soir un moment de prière en famille ? Ce ne sont pas les intentions de prières qui manquent !

Oui, réveillons notre foi. Alimentons notre espérance à la source de vie qu’est le Christ. Il est là, au seuil de notre maison. Il attend que nous l’invitions. Il viendra vivre le confinement avec nous.

Fr. Philippe Verdin op
Conseiller ecclésiastique des AFC

Semaine #4

Pour le bien commun

De nombreux médias titrent déjà sur ce que pourrait être « l’après-confinement ». Quelle société voulons-nous pour demain ? Quels critères choisir pour pouvoir y apporter de bonnes réponses ? Voilà des questions que nous pouvons nous poser en ces temps si particuliers.

La semaine dernière nous évoquions le critère fondamental de la dignité de la personne. Cette dignité qui ne dépend pas de ce que l’on fait ou que l’on peut faire mais de notre existence même.
Aujourd’hui, arrêtons-nous sur la notion de bien commun et écoutons ce que nous en dit la Doctrine Sociale de l’Eglise  : « (…) par bien commun on entend : « cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu'à chacun de leurs membres, d'atteindre leur perfection d'une façon plus totale et plus aisée ».
Le bien commun ne consiste pas dans la simple somme des biens particuliers de chaque sujet du corps social. Étant à tous et à chacun, il est et demeure commun, car indivisible et parce qu'il n'est possible qu'ensemble de l'atteindre, de l'accroître et de le conserver, notamment en vue de l'avenir. » (§164 du compendium de DSE)

Quelles sont les conditions de vie dans chacune de nos communautés - familiale d’abord mais aussi professionnelle, associative, locale et nationale - qui doivent être mise en place pour que chacun et chaque groupe puissent atteindre cette perfection ? Ce moment de long - très long - confinement, pour le bien commun, peut être l’occasion de réfléchir à ces questions. Des réponses, découleront les actions que nous pourrons mener en vue du bien commun.

Pâques est le temps du renouveau. « Voici que Je fais toutes choses nouvelles ! » Ap 21, 5.  Osons nous interroger à frais nouveaux sur ce monde dans lequel nous sommes appelés à porter du fruit.

Saint et fécond Triduum pascal !

Semaine #5

Levons les yeux !

Alors que vous êtes à lire ces quelques mots - sans conséquence - les yeux baissés sur votre tablette, sur votre "smartphone", sur votre "PC", je vous invite, je nous invite, non sans quelque paradoxe, à lever les yeux, au-dessus de ces "petites machines", au-delà de nos écrans, de nos filtres !

Courrez, à l’aube ou au crépuscule, à votre fenêtre, sur votre balcon, sur votre loggia, au seuil de votre maison, au pied de l’arbre, au bout du jardinet, du pré, du bosquet, du chemin, sur le talus, au bord de l’étang… faites-vous discrets et faites silence, longtemps - encore plus - et levez les yeux.

Levez les yeux, en cet étrange printemps, vers la vie qui advient, qui surgit, qui jaillit, qui festonne, qui festoie, qui fleurit, qui gazouille… Alors que nous luttons, collectivement, contre la souffrance, la déchéance et la mort, la vie est là !

Il faut être au fin fond d’un sépulcre blanchi pour promouvoir, comme la Haute Autorité de Santé du « meilleur système de santé au monde » (sic) - qui parle sans autre autorité que celle que lui donne un texte vide - , la prolongation de l’avortement, médicamenteux, de 7 à 9 semaines, et son cortège de drames indicibles, de souffrances solitaires et de deuils impossibles…

Ceux qui ont la chance de vivre ce confinement dans un bout de campagne, encore préservée de l’emprise des hommes, auront peut-être la chance d’entendre les babilles incessants de la fauvette grisette, tête grise, gorge blanche, là-haut dans la branche morte du chêne ou le oup-oup-oup de la huppe fasciée, dont la huppe est, entre les brindilles, comme un éventail roux, noir et blanc…

Si nous étions plus humbles, plus près de ce qui est simple et petit, nous les entendrions parler de Dieu. Toutes les créatures qui sont sous le ciel murmurent son nom, chacune en son langage. Elles connaissent leur Créateur et le servent mieux que nous (Eloi Leclerc, Exil et tendresse, Ed. franciscaine, 2013, p. 62).

Ouvrons nos yeux et nos oreilles pour sortir de nous, de nos peurs, si légitimes soient-elles, pour faire advenir, après la crise, un monde meilleur, pour être attentifs au Christ qui vient, au matin de Pâques, à l’aube de chacun de nos jours et à la fin des Temps.

Semaine #6

Choisir le présent

Fatigue voire lassitude ? Confinés dans nos foyers depuis maintenant plusieurs semaines, nos activités se sont restreintes. Nos projets sont remis en cause. Notre rythme de vie s’est brusquement ralenti.  Nous pourrions nous imaginer coincés dans une bulle spatio-temporelle comme dans le film  « Un jour sans fin ».

Et voici que les Évangiles de l’Octave de Pâques nous appellent à sortir de nous-mêmes. Comme Marie-Madeleine, les compagnons d’Emmaüs, les disciples, Thomas, nous avons fait la rencontre du Christ Ressuscité. Et notre vie intérieure s’est transformée. Ainsi au-delà de nos difficultés, nos renoncements, laissons la joie se déployer en nous. Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix nous enseigne qu’ « une joie qui monte en moi, je peux m’y abandonner, je peux lui permettre de déployer ses effets, et je peux m’y refuser, la réprimer, ne pas lui accorder de place ».

Je vous invite donc à (ré)accepter ce présent, à (re)choisir l’aujourd’hui en prenant soin de vous, de votre famille, de vos proches et collègues tout particulièrement dans les petits gestes du quotidien pour vivre de la Miséricorde.

Semaine #7

Retrouver du lien

20h, comme chaque jour depuis début avril, c’est l’heure des applaudissements et du carillon, dans la rue dans notre quartier. La première fois, c’était un peu bizarre de se trouver sur le pas de la porte, sur le trottoir, dans une rue anormalement silencieuse, puis brusquement, ces airs de fête, de joie même, malgré le confinement. Nous avions oublié qu’il était possible de parler librement avec nos voisins. Bien sûr, nous applaudissons tous ceux qui se dévouent à notre service, les soignants, les « forces de l’ordre », les « équevilleurs » comme on appelle les éboueurs à Lyon – et je préfère la dénomination lyonnaise -, le boulanger qui ouvre tous les matins jusqu’à midi, et tous les autres… Plus fort encore, nous nous donnons rendez-vous chaque jour pour le lendemain à la même heure sur le pas de notre porte, avec une constance surprenante.

Ceci fait partie des rites indispensables pour ne pas perdre nos repères, tels que : l’heure quotidienne de sport au salon, le repas confectionné à tour de rôle, le jeu vespéral, sur internet pour faire participer les membres de la famille éloignés, que sais-je encore…

Les initiatives locales fleurissent dans le quartier : collectes de feuilles plastique rigides pour confectionner des visières ou de vieux draps pour coudre des « sur-blouses » pour un hôpital, livraisons de courses aux personnes âgées, pour ne citer que quelques exemples proches de nous.

Bien sûr, il n’est pas question d’oublier les drames et les tensions qui marquent le monde depuis la déferlante de l’épidémie, notre pays, nos proches, famille et amis dans la difficulté. Néanmoins, cette période nous amène à prendre un certain recul, voire à se remettre profondément en cause. Bien sûr, la période actuelle de confinement reste artificielle et, souhaitons-le, ne devra pas durer. Mais elle va marquer durablement notre manière de vivre, nos relations aux autres, avec nos familles et avec ceux qui nous entourent. Je veux souligner tout particulièrement tout ce qui ressort de positif et qui doit perdurer : retrouver du lien et prendre du temps avec nos proches et notre « prochain », apprendre à vivre avec ce que l’on a ici et maintenant, sortir de notre « quant à soi » pour changer de règles de vie.

A l’heure annoncée de la sortie « très » progressive du confinement, n’oublions pas ces points positifs, et développons-les.

Semaine #8

11 mai : déconfinons d’abord nos cœurs et nos bras !

Annoncée et attendue depuis un mois comme la date clef du « déconfinement », il est probable que ce 11 mai ne soit en fait qu’une échéance de plus au milieu d’un océan d’incertitudes : « couleur » du département, ré-ouverture des écoles, reprise des transports en commun, conditions de la reprise du travail, plan de « reconfinement » déjà prévu…

Bien sûr l’activité du pays, des familles, des entreprises, doit reprendre, avec prudence, en évitant de faire de nouvelles victimes du virus et le risque d’un second arrêt.

Pour des raisons économiques bien sûr, tant il est vrai que personne ne vit d’amour et d’eau fraîche. Mais surtout peut-être parce que nous ne sommes pas faits pour habiter un monde en hibernation, mais y agir, le modeler, le bâtir, humblement, patiemment, mais résolument.

Ceux d’entre nous qui rêvent depuis plusieurs semaines d’un « monde d’après » structurellement meilleur vont sans doute déchanter. Ceux d’entre nous qui se persuadent que la vie va reprendre le 11 mai comme après des vacances ou comme si rien ne s’était passé se méprennent sans doute tout autant.

En fait, ce 11 mai va surtout marquer la fin d’un « confinement » au sens strict du terme, mais aussi la mise en place de nouvelles contraintes de vie quotidienne, avec, certes, leur lot de satisfactions et de libertés retrouvées, mais aussi leurs incertitudes, leurs frustrations, leur inconfort, leurs craintes. Ce sont ces derniers aspects qu’il va nous falloir vivre sereinement nous-mêmes, mais surtout accompagner autant que possible autour de nous.

A défaut d’un déconfinement total, usons de cette liberté de mouvement, d’action et d’initiative partiellement retrouvées pour poursuivre, entretenir, renforcer les belles choses que nous avons vécues ces derniers temps.

Ces temps de prière familiaux peut-être plus denses et plus réguliers, cette meilleure connaissance de nous-mêmes, de notre conjoint ou de nos enfants dont certains traits ont été révélés par la promiscuité, cette relation inédite avec nos voisins initiée ces dernières semaines, ce service auprès des personnes qui souffrent de la solitude, cet engagement dans le village ou le quartier, dans un atelier de couture de masques,…

Ne refermons pas, comme un vieux souvenir qui prendra la poussière, le « cahier de confinement » que nous avons peut-être ouvert, comme un carnet de voyage que nous rouvririons pour nous le remémorer avec nostalgie.

Au contraire, demandons-nous ce qui a changé dans nos vies familiales, et ce qui mérite de perdurer au-delà de cette période.

Plus que jamais, le 11 mai et à l’avenir, déconfinons sans aucune limite nos cœurs et nos bras !

Les propositions des AFC pour sa famille et son prochain

- Un groupe Facebook "Esprit de famille" pour partager des idées pour vivre au mieux ce temps de confinement.

- Des dîners en amoureux pour fortifier son couple en ce temps de confinement.

- Des fiches des Chantiers-Education pour un moment de réflexion entre parents sur l'éducation de nos enfants en ce temps particulier :

- Fiche 1 : Parlons Education
- Fiche 2 : Autorité
- Fiche 3 : Le pardon
- Fiche 4 : L'amour 
- Fiche 5 : Les écrans
- Fiche 6 : Le rôle du père
- Fiche 7 : Le rôle de la mère
- Fiche 8 : Le rôle des grands-parents

Des idées de filmsVous cherchez quel film regarder en famille ? Les AFC vous font quelques propositions :
Une sélection de films en fonction de l'âge proposée par le secteur éducation - 
La sélection des films projetés au ciné ados de l'AFC de Chartres depuis 2015 - Des DVD récents sélectionnés par la revue La Nef pour soirées confinées - Les films distribués par SAJE Distribution. Voir la sélection

- La conférence "Gratitude et responsabilité dans l'aventure éducative selon Édith Stein" de Marion Lucas, philosophe, donnée lors des Assises des Chantiers-Éducation en janvier dernier est disponible sur KTO TV. Enthousiasmée par l’enseignement d’Édith Stein, maintenant connue sous le vocable sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, Marion Lucas a effectué une thèse en philosophie sur la fidélité à l’essence du féminin comme voie de liberté pour la femme. Une conférence à voir et à revoir sur KTO TV.

- Fabriquer des masques en tissu. Certains corps de métiers non médicaux comme le personnel des supermarchés, les transporteurs routiers ou les pompes-funèbres travaillent pour nous, et manquent cruellement de masques pour protéger les autres et se protéger. Alors, donnez-leur votre temps disponible et fabriquez des masques ! Le blog Couture et paillettes propose plusieurs patrons de masques fiables et faciles à réaliser.
Si vous ne savez à qui les donner, le Service Catholique des Funérailles est prêt à recevoir les masques en tissu que vous aurez confectionnés.

- S'engager auprès des plus isolés et vulnérables. Si vous avez entre 18 et 70 ans et que vous êtes en bonne santé, les associations cherchent des bénévoles suite à la baisse de leurs effectifs. Vérifiez sur la plateforme covid19.reserve-civique.gouv.fr. Votre AFC locale s'organise et propose sûrement des actions auxquelles se joindre (courses pour personnes vulnérables, soutien par téléphone...). Vous pouvez également vous adresser à des associations locales ou à votre diocèse (à l'instar du diocèse de Paris qui s'organise pour l'aide alimentaire).

Avec la Doctrine Sociale de l'Eglise

Prenons soin de nos aînés

De nombreuses familles ont préféré que la génération des grands-parents soit confinée seule à partir du 17 mars pour éviter le risque de contagion pour les plus fragiles. Certains sont dans des maisons de retraite ou des EHPAD, d’autres sont à leur domicile et leurs enfants déposent les courses sur le seuil de leur porte. Sans qu’il y ait de solution unique et dans la mesure de nos moyens humains et matériels, il est peut -être temps de se reposer la question de les accueillir en famille. En effet, au bout de 16 jours de confinement nous savons si nous avons, ou non, contracté la maladie avant le confinement. Le « tout sanitaire » peut être très difficile pour certaines personnes âgées qui se sentent délaissées, sans visibilité sur la fin de cette longue quarantaine. Pour d’autres, en collectivité, le personnel est en nombre réduit, les soins sont faits a minima et le risque de contamination est plus élevé qu’avec quelques membres de la famille. Sans doute un discernement à effectuer en famille et avec les intéressés.

NB : Il est permis de se déplacer pour aller chercher ces personnes en cochant la case « Déplacement pour motif familial impérieux pour l’assistance aux personnes vulnérables » de l’attestation de déplacement dérogatoire.

Extrait du Compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise :

132 Une société juste ne peut être réalisée que dans le respect de la dignité transcendante de la personne humaine. Celle-ci représente la fin dernière de la société, qui lui est ordonnée.

222 L'amour s'exprime aussi à travers une attention prévenante envers les personnes âgées qui vivent dans la famille: leur présence peut revêtir une grande valeur… Les personnes âgées constituent une importante école de vie, capable de transmettre des valeurs et des traditions et de favoriser la croissance des plus jeunes, qui apprennent ainsi à rechercher non seulement leur propre bien, mais aussi celui des autres. Si les personnes âgées se trouvent dans une situation de souffrance et de dépendance, elles ont non seulement besoin de soins médicaux et d'une assistance appropriée, mais surtout d'être traitées avec amour.

Dignité de l'être humain

Nous avons vu que chaque être humain est une personne unique tirant sa dignité de son existence même, personne qui est un être de relations vivant en sociétés et d’abord dans la première d’entre elles, la famille.

Cela implique que ces sociétés doivent avoir les moyens et les conditions permettant d’atteindre leur perfection pour que chacun puisse atteindre sa propre perfection.

Cela implique aussi que ces biens sont pour tous puisque tous ont une égale dignité.

La destination universelle des biens comporte un effort commun visant à obtenir pour chaque personne et pour tous les peuples les conditions nécessaires au développement intégral, de sorte que tous puissent contribuer à la promotion d'un monde plus humain, « où chacun puisse donner et recevoir, et où le progrès des uns ne sera pas un obstacle au développement des autres, ni un prétexte à leur asservissement ». (§ 175 compendium DSE).

Comment concrètement peut-on réaliser cela dans nos familles, dans nos associations, nos lieux de vie, etc. ?

Le principe de subsidiarité

« Il n’y a pas à dire, ce que l’on fait nous-même, avec notre méthode, est quand même ce qui est le mieux fait et le plus efficace que ce soit dans nos familles, dans nos associations, dans notre travail, … !!! ».

Et pourtant « présente dès la première grande encyclique sociale, la subsidiarité figure parmi les directives les plus constantes et les plus caractéristiques de la doctrine sociale de l'Église. Il est impossible de promouvoir la dignité de la personne si ce n'est en prenant soin de la famille, des groupes, des associations, des réalités territoriales locales, bref de toutes les expressions associatives de type économique, social, culturel, sportif, récréatif, professionnel, politique, auxquelles les personnes donnent spontanément vie et qui rendent possible leur croissance sociale effective » (§185).

Que nous dit ce principe ?

« De même qu'on ne peut enlever aux particuliers, pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s'acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens, ainsi ce serait commettre une injustice, en même temps que troubler d'une manière très dommageable l'ordre social, que de retirer aux groupements d'ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste et d'un rang plus élevé, les fonctions qu'ils sont en mesure de remplir eux-mêmes. L'objet naturel de toute intervention en matière sociale est d'aider les membres du corps social, et non pas de les détruire ni de les absorber » (§186).

A nous de voir tout ce que nous devons changer et proposer aujourd’hui pour le bien commun de notre société et la « perfection » de toutes les personnes.

La participation à la vie de la société

« Ce monde est malade, il nous contamine, à tout point de vue. Restons entre nous. Protégeons-nous ». Ce sont des phrases que nous entendons, que nous pouvons même partager. Nous sommes prêts à mettre en application, dans nos petites communautés choisies, les principes de la pensée sociale de l’Eglise dont nous avons déjà parlés mais il y en a un autre qu’il ne faut pas oublier : la participation.

« La conséquence caractéristique de la subsidiarité est la participation, qui s'exprime, essentiellement, en une série d'activités à travers lesquelles le citoyen, comme individu ou en association avec d'autres, directement ou au moyen de ses représentants, contribue à la vie culturelle, économique, sociale et politique de la communauté civile à laquelle il appartient. La participation est un devoir que tous doivent consciemment exercer, d'une manière responsable et en vue du bien commun ». (§189 compendium DSE)

Et le pape Benoit XVI ajoutait dans son encyclique Deus caritas est : «  Une des missions des fidèles est donc de configurer de manière droite la vie sociale, en en respectant la légitime autonomie et en coopérant avec les autres citoyens, selon les compétences de chacun et sous leur propre responsabilité. Même si les expressions spécifiques de la charité ecclésiale ne peuvent jamais se confondre avec l’activité de l’État, il reste cependant vrai que la charité doit animer l’existence entière des fidèles laïques et donc aussi leur activité politique, vécue comme "charité sociale" ». (§29)

Les valeurs sociales fondamentales

Depuis quelques semaines, nous avons vu que la société devait rechercher le bien de chaque personne. Cela passe par l’utilisation d’un certain nombre de critères : le bien commun de chaque communauté, la destination universelle des biens, la subsidiarité, la participation, la solidarité.

« La doctrine sociale de l'Église, au-delà des principes qui doivent présider à l'édification d'une société digne de l'homme, indique aussi des valeurs fondamentales. Toutes les valeurs sociales sont inhérentes à la dignité de la personne humaine, dont elles favorisent le développement authentique, et sont essentiellement: la vérité, la liberté, la justice et l'amour » (§197).

La vérité : Les hommes sont tenus de façon particulière à tendre continuellement vers la vérité, à la respecter et à l'attester de manière responsable (§198).

La liberté : La valeur de la liberté, en tant qu'expression de la singularité de chaque personne humaine, est respectée quand il est permis à chaque membre de la société de réaliser sa vocation personnelle (§200).

La justice : Du point de vue subjectif, la justice se traduit dans l'attitude déterminée par la volonté de reconnaître l'autre comme personne, tandis que, du point de vue objectif, elle constitue le critère déterminant de la moralité dans le domaine inter-subjectif et social (§201).

Les actualités

- Appel de personnalités et responsables d'association, dont Pascale Morinière (présidente des AFC), aux catholiques à aller au-devant de leurs concitoyens fragilisés par la crise sanitaire, dans une tribune publiée par Famille Chrétienne.

Agir auprès de mon député : 10 résolutions pour le monde d’après. De nombreuses voix s’élèvent déjà pour parler de ce que sera le « monde d’après » et espérer des changements profonds. Le temps de confinement, en famille pour le plus grand nombre, illustre combien la famille est essentielle et s’affirme comme le seul socle lorsque tout chancelle. En lien avec les Juristes pour l’Enfance, nous proposons à tous d’écrire à votre député pour promouvoir 10 résolutions de politique familiale. J'écris

- Tribune de Pascale Morinière, présidente des AFC, dans La Croix le 15/04/2020 : Avortement, n’ajoutons pas à la détresse

- Lettre au Président de la République contre les sites pornos gratuits

- (Communiqué de presse) Avortement, le confinement ne doit pas aggraver la loi

- Un nouveau formulaire d’attestation de déplacement dérogatoire est disponible depuis le mercredi 25 mars

- (Communiqué de presse) Non, l'état d'urgence ne permet pas tout !

Alerte sites pornographiques et maîtrise des écrans

- (Communiqué de presse) La famille au cœur du confinement

Les infos utiles

- Bien utiliser son masque en tissu. Lire l'article

- Des sprays inutiles contre le virus et risqués pour la santé. Lire l'article

- Le plafond des tickets restaurants porté à 95€. Lire l'article

- Continuer à se faire soigner pendant le confinement. Les conseils des AFC

- Astuces pour les derniers jours de confinement en famille. Lire l'article

- Dépannage en période de confinement, soyez vigilant. Lire l'article

- Le plafond du "sans contact" réhaussé à 50€. Explications des AFC

- Les nouvelles règles de remboursement des voyages. Lire l'article

Eviter les accidents domestiques dans les familles en confinement

Lingette désinfectante et canalisation ne font pas bon ménage

- Alimentation, activité physique : les bons réflexes en période de confinement

- Covid19 : peut-on boir l'eau du robinet ?

- Comment fabriquer un masque barrière ? Patrons, dimensions, conseils... l'AFNOR édite un guide.

Alimentation, courses, nettoyage et Covid19 : l’Anses a examiné, sur la base des données scientifiques disponibles, les possibilités de transmission de la maladie Covid-19 par les aliments.

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