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Le progrès économique favorise-t-il la natalité ?

Telle est la question posée par une étude qui vient d'être publiée par l'INED. Si la réponse peut sembler évidemment positive a priori les auteurs relèvent néanmoins que « la relation entre niveau de développement économique et fécondité, négative au départ - à un niveau économique plus élevé est associée une fécondité plus basse - devient en général positive à partir d'un certain niveau de développement - la fécondité augmente quand le niveau économique progresse ». Si l'ampleur du phénomène est variable d'un pays à l'autre, un rebond est effectivement observable en Espagne, en France, en Irlande, mais aussi, et surtout, aux Etats-Unis, en Islande et en Nouvelle-Zélande.

Quelle est la cause de ce changement ? Pour les auteurs, elle est à rechercher du côté de la conciliation entre travail et famille pour les femmes quand, « dans la plupart des pays les plus riches, la remontée de la fécondité est associée à un taux d'emploi élevé chez les femmes ». La description du phénomène apparaît assez fine : « Aux stades relativement précoces de développement, la croissance du PIB va de concert avec un accès accru des femmes à l'instruction et à la formation. Celles-ci sont encouragées à suivre des études plus longues et acquérir ainsi des qualifications, ce qui augmente leurs perspectives de revenus au cas où elles travaillent. Cet allongement des études conduit beaucoup de jeunes, femmes et hommes, à repousser le moment de se mettre en couple et d'avoir des enfants ». Les auteurs poursuivent, en éclairant certains des freins pesant sur les familles : « Par ailleurs, la hausse du revenu que les femmes peuvent espérer en travaillant accroît les « coûts d'opportunité » liés au fait d'avoir des enfants : le temps passé à la maison pour s'en occuper représente implicitement un manque à gagner ». Bien plus, « le mouvement peut s'accentuer si les investissements des parents dans l'éducation de leurs enfants ont tendance à s'accroître. La charge qu'ils représentent les conduisent alors à avoir moins d'enfants ». Ces éléments renvoient à des freins de court terme, aux incertitudes quant à la capacité à supporter le coût des études supérieures ou encore à disposer d'une retraite suffisante.

« Mais, assurent-ils, arrive un moment où, si la femme travaille, le revenu additionnel qu'elle apporte au ménage sécurise sa situation économique et rend le surcoût lié à l'arrivée d'un enfant supplémentaire supportable, sans compter l'aide éventuellement fournie par l'Etat s'il existe une politique familiale ».

Stimulant, ce constat doit être approfondi. De fait, alors que les effets de la crise durent, faut-il rappeler que la fécondité est sensible à différentes variables, sensibilité qui n'est que rarement immédiate. Le rôle attribué à la conciliation travail famille ne serait-il pas plutôt la manifestation d'un changement d'attitude plus profond, toujours lié au progrès économique et dont on trouve des signaux récurrents dans les nombreuses enquêtes qui signalent les aspirations de nos contemporains à l'égard de la famille. Tout montre que nous assistons à un investissement fort dans la famille - facilité par le progrès économique -, comme source de bonheur privé, ou plus exactement, personnel, bonheur dont l'accueil de l'enfant serait une des expressions.

 

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