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Demographie-conditions de vie

Les familles nombreuses plus touchées par la pauvreté ?

L'étude INSEE références parue au mois de juillet fait ressortir plusieurs éléments sur les familles nombreuses, et l'incidence de la composition familiale sur le revenu et patrimoine des ménages :

  • s'agissant de l'épargne, les familles avec plus de deux enfants épargnent moins que les autres. La différence avec les ménages sans enfants devient vraiment significative à partir de 2 enfants.

Si on prend en compte les biens durables, un tiers des familles nombreuses (plus de 3 enfants) n'ont pas épargné en 2009 ;

  • s'agissant du risque de pauvreté , d'une part, le seul fait de vivre en couple éloigne de la pauvreté (moins de 10% des individus vivant en couple sont pauvres, contre 14% dans la population totale) d'autre part la naissance d'un enfant l'année précédente diminue le risque de pauvreté (-1,35 points). L'arrivée d'un enfant a à priori plusieurs effets en sens opposés : si, d'un côté, elle représente un coût supplémentaire pour le ménage, elle s'accompagne de l'autre côté d'une hausse du revenu disponible, via des prestations sociales, une diminution des impôts directs (quotient familial pour l'impôt sur le revenu, abattements pour la taxe d'habitation), et coïncide souvent avec un surcroît de revenus d'activités. L'effet revenu l'emporte donc sur l'effet charge.

A contrario, le risque de pauvreté est accru l'année d'un divorce ou d'une séparation du couple (+ 3,84 points). Il s'ensuit un taux de pauvreté très élevé des mères isolées (28 % pour les actives, 68 % pour les inactives)

  • sur la pauvreté des enfants : en 2011, 19, 5% des moins de 18 ans sont pauvres contre 14% pour la population globale. Le risque de pauvreté augmente avec la taille de la fratrie (à partir du 3ème enfant) : ainsi la proportion d'enfants pauvres passe de 21,9 % pour ceux qui vivent avec deux frères et sœurs, à 53,2% à partir de quatre frères et sœurs.

Pour les AFC, ces chiffres éclairent à niveau de revenu égal, les différences de niveaux de vie entre familles avec enfants et familles sans enfants, accentuées par la taille des fratries, qui justifient leur prise en compte par des mesures de politique familiale. Ils traduisent également la nécessité de prévenir les situations de ruptures familiales, qui constituent le principal facteur de pauvreté.

2012 : année du mariage ?

mariesL'Insee vient de publier les statistiques d'état civil sur les mariages en 2012.

L'étude révèle ainsi que, « en 2012, 245 930 mariages ont été enregistrés en France (hors Mayotte), dont 239 840 en France métropolitaine.

Après une baisse quasi-continue depuis 2000, le nombre de mariages augmente ainsi en 2012 (+ 3,8 %) après avoir fortement baissé en 2011 (− 5,9 %). Cette année-là, le nombre de mariages avait atteint son niveau le plus bas depuis le début du XXe siècle en dehors des années de guerre (1914-1918 et 1940-1944). Il est possible qu'une modification du droit fiscal [...] soit en partie à l'origine de la baisse importante des mariages en 2011 »

Sur le plan de l'âge du mariage, les évolutions antérieures ont, par contre, plutôt tendance à se confirmer : « En moyenne, les hommes qui se sont mariés pour la première fois en 2012 ont 33,3 ans et les femmes, 31,3 ans. Depuis 15 ans, ces âges au premier mariage ont progressé de trois années pour les deux conjoints, stabilisant l'écart d'âge moyen entre époux et épouses à deux années ».

Autre fait notable, dont on peut se demander s'il est à rapprocher de la perspective d'une modification substantielle du mariage perçue déjà par les couples dans les débats autour du « mariage pour tous », « la part des premiers mariages dans l'ensemble des mariages augmente en 2012, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, après cinq années de stabilité : elle est respectivement de 80,2 % et 81,3 % (contre 79,4 % et 80,6 % en 2011). Parmi les mariages enregistrés en 2012, 72 % des mariages sont célébrés entre deux célibataires, 9 % entre deux divorcés, 9 % entre un homme divorcé et une femme célibataire et 8 % entre une femme divorcée et un homme célibataire ». Certains ont-ils voulu se marier dans un cadre juridique encore porteur d'un sens partagé ? Cela semble plausible quand on remarque (au-delà des variations géographiques), par ailleurs, que « en 2012, 58 % des mariages sont célébrés entre juin et septembre. Le profil saisonnier des mariages est donc un peu moins marqué qu'en 2011 puisque la part célébrée entre juin et septembre était de 62%. En particulier la part des mariages célébrés en juillet passe d'environ 19 % en 2010 et 2011 à 13 % en 2012 (le 14 juillet tombant un samedi cette année-là) ».

Voilà des chiffres qui éclairent indirectement certaines des conséquences de la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples composés de personne de même sexe : ils montrent que ces effets étaient perçus par ceux qui s'apprêtaient à se marier, fût-ce intuitivement.

Logement et budget des ménages

Premier poste de dépenses devant l'alimentation et les transports, le logement demeure l'une des principales préoccupations des familles.

Une étude récente de l'INSEE montre un accroissement global du poids des dépenses de logement sur les vingt dernières années. Le logement[1] représente 18% de la dépense totale annuelle d'un ménage en 2005, contre 17% en 1985.

L'évolution de ces dépenses est variable selon le statut d'occupation du logement : la hausse est marquée surtout pour les locataires (25% contre 19%), tandis que les propriétaires voient ce poste stagner pour les accédants (22% contre 21%), voire même baisser, pour ceux dégagés des crédits d'achats (10 % contre 13%)

L'augmentation des dépenses de logement touche essentiellement les ménages les plus modestes et les moins de 25 ans. Contrairement aux idées reçues, elle serait davantage liée à la dégradation du niveau de vie des locataires qu'à la hausse des prix de l'immobilier.

La contrainte budgétaire liée au logement pour les ménages les plus modestes s'est accrue fortement (à hauteur de 40%) entre 1985 et 2005, notamment chez les ouvriers et les employés.

L'accession à la propriété permet d'améliorer la situation : un tiers des ménages sont propriétaires aujourd'hui contre seulement un quart il y a vingt ans.

L'étude constate néanmoins un « effet générationnel » qui rend plus difficile l'accès à la propriété aujourd'hui. L'âge moyen des propriétaires a nettement augmenté entre 1985 et 2005 : il est passé de 60 à 64 ans, contre 43 ans en moyenne pour les locataires et accédants.

Il s'agit pour la plupart de couples retraités ou en fin de vie active disposant d'une certaine aisance financière.

Sujet familial par excellence, le logement reste encore une lourde charge pour le budget des familles et en particulier des jeunes ménages. Les AFC restent donc attentives à cette question et s'efforcent de proposer des solutions pour alléger le coût du logement pour les familles. ll y a là aussi un champ d'action pour la politique familiale.

[1] L’étude inclut l’ensemble des dépenses liées au logement à savoir les dépenses d’investissement immobilier, les charges d’occupation du logement (eau, énergie), les frais d’assurance et les impôts.

Actualités des familles La Croix