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1914-2014 : un siècle d’évolution de la pyramide des âges en France

logo inedBrève - Population et Sociétés N°509, mars 2014

L'Institut National des Etudes Démographiques vient de publier une étude analysant un siècle d'évolution de la pyramide des âges en France. L'illustration parfaite du vieillissement de notre population, compensé par un fort taux de natalité, qui donne lieu à une situation quasi unique parmi les pays développés.

De la fameuse « pyramide des âges » du 1er janvier 1914 - époque à laquelle les enfants et les jeunes étaient bien plus nombreux que les personnes âgées - nous sommes passées en 2014 à un gâteau, un « cup cake ». « Le nombre de naissances s'est maintenu à un niveau à peu près constant depuis la fin du baby boom il y a 40 ans » analyse Gilles Pison pour expliquer la forme de cette nouvelle pyramide des âges.

En France, l'indicateur de fécondité est encore de 1,97 enfant par femme en 2013. « Une situation unique au monde, souligne Gilles Pison, car la plupart des pays développés présentent aujourd'hui une pyramide des âges dont la base est devenue très étroite, comme celle de l'Allemagne qui s'apparente de plus en plus à un losange. »

Quel avenir alors pour la population française ? Pour Gilles Pison, « il faudra un demi-siècle pour que ce renflement disparaisse, le temps que les dernières générations de baby-boomers disparaissent. » D'ici une cinquantaine d'années, si l'espérance de vie continue à progresser et que la natalité se maintient, la représentation en âges de la population française pourrait retrouver la régularité qu'elle avait à la veille de la 1e guerre mondiale et adopter une forme très large de tour surmontée d'un petit dôme.

Les projections concernant l'évolution de la population et les éléments connus à propos du « désir d'enfant » trouvent ici toute leur pertinence. Ils appellent une attention particulière s'agissant des facteurs de nature à faciliter ou, au contraire, à freiner le choix posé par les familles.

Pourquoi les Français ne fondent pas la famille qu’ils désirent ?

baby feetEn février, une étude sur le « désir d'enfant en France » réalisée conjointement par l'UNAF et la CNAF révèle que les Français aspirent à une famille nombreuse mais qu'il y a un « décalage entre désir et réalité ».

Pour 57% des sondés, avoir un couple stable est préalable à l'accueil d'un enfant ; de même, avoir un travail stable (43%) ou encore un logement adapté (60 %).

Parmi les principales raisons qui ont freiné la réalisation de la famille souhaitée, un logement inadapté (28%), le coût d'un enfant supplémentaire à élever (28%) et l'âge estimé trop avancé des parents en question (33%) arrivent en tête.

Enfin, 40% ont été influencés dans leur choix par la difficulté à concilier vie familiale et professionnelle d'une part et, d'autre part, parce que « les mesures de politique familiale ne permettent pas d'avoir le nombre d'enfants désiré » (56%).

Cette étude souligne les pistes d'actions pour soutenir et accompagner les familles à réaliser la famille à laquelle elles aspirent : accompagner les couples dans la durée, harmoniser la vie familiale et professionnelle et créer les conditions d'un vrai libre choix, rénover la politique familiale et faire reconnaître sa portée préventive, donner à chaque famille les moyens de subvenir à ses besoins par le travail, favoriser l'accès au logement.

Certaines mesures de politique familiale pourraient d'ores et déjà lever un certain nombre de freins évoqués par les familles sondées, comme préserver et développer l'utilisation du quotient familial, instaurer une progressivité du montant des allocations familiales, revaloriser le travail, réformer le congé parental...

Sur tous ces sujets, les AFC poursuivent des travaux depuis plusieurs années et œuvrent auprès des pouvoirs politiques, des partenaires économiques et sociaux en proposant des pistes concrètes et des leviers d'action possibles.

Une bonne nouvelle pour la famille : tous les Français et les Françaises (ou presque) veulent un enfant

Selon une étude de l’institut national d’études démographiques (Ined) publié le 12 février 2014 (Population & Sociétés, 508, février 2014), les personnes sans enfant et déclarant ne pas en vouloir sont relativement rares en France. Les auteurs estiment même que c’est « un choix de vie à contre-courant ». En effet, la part de Français déclarant ne pas vouloir d'enfant est  très faible : 6,3% des hommes et 4,3% des femmes. Lorsqu'ils sont en couple, les Français sont même encore moins nombreux à déclarer ne pas vouloir d'enfants : 3% pour les femmes et 5% pour les hommes. « Ces chiffres sont stable depuis 1995 et rappellent que l’arrivée d’un premier enfant fait toujours partie du parcours conjugal attendu par les couples eux-mêmes et par leur entourage », note l’Ined.

Après 35 ans, le souhait de ne pas être parent est très minoritaire pour les femmes comme pour les hommes en couple, indépendamment de leur milieu social : presque tous souhaitent devenir parent (ou le sont déjà), souligne l'étude.  En revanche, parmi les femmes n'étant pas en couple, ce sont les plus diplômées qui déclarent le plus souvent vouloir rester sans enfant. « Elles sont plus que les autres inscrites dans des parcours de vie sortant des schémas traditionnels de socialisation assignés aux femmes dès le plus jeune âge », indique l'Ined. A l'inverse, les hommes qui ne sont pas en couple sont moins nombreux à ne pas vouloir d'enfant lorsqu'ils sont très diplômés.

Quelles sont les raisons avancées pour « rester sans enfant » ? Les auteurs évoquent comme étant cités très fréquemment : « le fait d’être bien sans enfant, de vouloir rester libre, d’avoir d’autres priorités ». Ce souci de l’épanouissement personnel est d’autant plus mis en avant que le niveau de diplôme est élevé. Ces personnes « mettent en relief la tension entre deux valeurs de la société contemporaine : la liberté individuelle et la famille ». Les raisons économiques ou matérielles n’apparaissent que très loin derrière, y compris chez les plus jeunes.

Ces situations sont sans doute à mettre à regard des informations déjà disponibles (Deux ou trois enfants? Influence de la politique familiale et de quelques facteurs sociodémographiques) sur celles et ceux qui acceptent d’accueillir « un enfant de plus » qui éclairent aussi le rôle de la politique familiale.

Quel enseignement tirer d’une telle étude ? Il est frappant de constater que, à tous les âges, le désir de fonder une famille est fort. C’est bel et bien une aspiration générale pour nos contemporains, le couple étant bien aussi au fondement de la famille. Les raisons invoquées par les personnes souhaitant rester sans enfants illustrent aussi la nécessité d’un investissement en matière de conjugalité pour une meilleure compréhension de l’engagement de la liberté de la personne dans le couple et la famille et de l’épanouissement que chaque « engagé » y trouve…

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