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Demographie-conditions de vie

L’endettement, une question familiale

Selon une récente enquête de l'INSEE (Endettement domestique des ménages au début 2010), un peu moins d'un ménage sur deux (47%) était endetté en France, début 2010. Le montant moyen d'endettement restant à rembourser s'élevait à cette date à 61 900 euros. Pour la moitié d'entre eux, ce montant est inférieur à 20 900 euros.

Bien que portant sur 2010, l'étude livre des précisions sur le profil financier des ménages français. Plus le niveau de vie augmente, plus l'endettement est élevé. Ainsi, plus d'un tiers des ménages disposant d'un niveau de vie inférieur à 15 000 euros (soit 44% des ménages) est endetté contre plus de la moitié de ceux dont le niveau de vie se situe au-dessus. Les ménages les plus modestes prennent essentiellement des crédits à la consommation, alors que les autres contractent plutôt des crédits pour l'acquisition de leur résidence principale. Reste que les ménages ayant un faible niveau de vie subissent des charges de remboursement élevées par rapport à leurs revenus. On touche ici directement à la question du surendettement : « Un faible niveau de vie implique en général de faibles montants d'endettement, mais des taux d'effort importants : parmi les ménages endettés ayant les niveaux de vie les plus bas (inférieurs à 10 000 euros par an), un sur cinq rembourse l'équivalent de plus de 45 % de son revenu. Ces ménages constituent également la catégorie la plus fragile des détenteurs de crédit à l'habitat : ils sont près de 40 % dont le taux d'effort est supérieur à 45 % ».

Globalement, 28,4% des ménages en France ont un crédit immobilier, 27,2% un crédit à la consommation et 2,4% un endettement pour motif professionnel.

Par catégorie d'âge, ce sont les ménages jeunes qui sont les plus endettés. 68,5% des 30 à 39 ans et 66,5% des 40 à 49 ans ont un prêt pour un montant moyen de 88 900 euros pour les premiers et 71 300 euros en moyenne pour les seconds.

Cette étude illustre les questions et les réflexions en cours sur le fichier positif, auxquelles la CNAFC participe de façon active.

Secours Catholique 2012 - Regards sur 10 ans de pauvreté

Dans son dernier rapport statistiques, Regards sur 10 ans de pauvreté, le Secours Catholique constate que, depuis 2000, « le nombre de situations de pauvreté n'a que relativement peu augmenté." En revanche, il note que, si au début des années 2000, la principale cause de pauvreté était essentiellement un « accident de la vie » (séparation conjugale, perte d'emploi, accident de santé...), elle glisse aujourd'hui davantage vers « l'insuffisance chronique des ressources des familles en rapport avec les charges croissantes auxquelles elles sont confrontées ». Par ailleurs, la pauvreté touche davantage les femmes, surtout dans le cas d'une famille monoparentale. Ces constats soulignent, entre autres, les effets de la crise économique, auxquels les ménages modestes sont le plus exposés, à commencer par la recrudescence du chômage signalant au passage un des facteurs explicatifs de la pauvreté, et les mesures d'aides ponctuelles sociales et fiscales mises en place par l'Etat pour y remédier. Ces mesures ont ainsi permis de diminuer le taux de pauvreté de 0,2 points en 2009. Elles n'ont ainsi permis que de limiter certains effets de la crise. Ce constat pose, plus largement, la question des buts de la politique sociale et des moyens de développer des actions de « promotion », c'est-à-dire de sortie de la situation de pauvreté, et de prévention du risque de pauvreté.
Parmi elles, les Associations Familiales Catholiques appellent à une action vigoureuse de revalorisation de la relation au travail et de libération des capacités de la France à susciter une croissance économique durable et créatrice d'emplois (coût de la main d'œuvre, lutte contre le dumping social, encouragement de l'investissement productif, accroissement de l'employabilité des Français...).

La natalité en France en 2011 : un dynamisme confirmé ?

L'INSEE vient de publier les chiffres 2011 de la natalité. On y lit que 823 394 bébés sont nés en France dont 792 996 en métropole, en légère baisse par rapport à 2010 (- 1 %), année qui avait marqué « le deuxième point le plus haut depuis la fin du baby-boom en 1974, derrière les 805 000 naissances enregistrées en 1981 en métropole ».

On relèvera aussi que « majoritaires depuis 2006, le nombre de naissances hors mariage continue d'augmenter : 55,8 % des bébés naissent hors mariage en 2011, contre 54,9 % l'année précédente et 44,7 % dix ans auparavant ». Il n'y a qu'en Ile-de-France et en Alsace où cette proportion est inférieure à 50% (respectivement 46% et 48%).

Le décalage de l'âge à la naissance se confirme : « En 2011, pour la deuxième année consécutive, les mères âgées de 30 à 34 ans sont plus nombreuses que celles de 25 à 29 ans (269 465 contre 253 948). 54,6 % des enfants nés en 2011 ont une mère âgée de 30 ans ou plus en France métropolitaine, ils n'étaient que 27,3 % en 1981. La proportion de mères de 40 ans ou plus a quadruplé entre 1981 et 2011, passant de 1,1 % à 4,6 %. Enfin, 70,4 % des pères sont âgés d'au moins 30 ans en 2011 et la moitié des nouveau-nés ont des parents âgés tous deux d'au moins 30 ans ».

Ces chiffres éclairent et confirment un certain nombre de phénomènes (ainsi, par exemple, le fait que, pour beaucoup de nos contemporains, l'enfant soit désormais l'élément fondateur de la famille) et posent, une nouvelle fois, la question du rôle que joue la politique familiale en matière de démographie. S'il est encore trop tôt pour dire si le manque de lisibilité dont elle souffre aujourd'hui a un effet négatif sur la natalité en nuisant à la confiance qu'elle peut inspirer, il n'est pas possible de ne pas s'interroger sur la situation dans laquelle elle se trouve aujourd'hui et sur les moyens de la reconstruire pour qu'elle réponde effectivement à sa mission et, partant, aux besoins des familles.

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