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Demographie-conditions de vie

Secours Catholique 2012 - Regards sur 10 ans de pauvreté

Dans son dernier rapport statistiques, Regards sur 10 ans de pauvreté, le Secours Catholique constate que, depuis 2000, « le nombre de situations de pauvreté n'a que relativement peu augmenté." En revanche, il note que, si au début des années 2000, la principale cause de pauvreté était essentiellement un « accident de la vie » (séparation conjugale, perte d'emploi, accident de santé...), elle glisse aujourd'hui davantage vers « l'insuffisance chronique des ressources des familles en rapport avec les charges croissantes auxquelles elles sont confrontées ». Par ailleurs, la pauvreté touche davantage les femmes, surtout dans le cas d'une famille monoparentale. Ces constats soulignent, entre autres, les effets de la crise économique, auxquels les ménages modestes sont le plus exposés, à commencer par la recrudescence du chômage signalant au passage un des facteurs explicatifs de la pauvreté, et les mesures d'aides ponctuelles sociales et fiscales mises en place par l'Etat pour y remédier. Ces mesures ont ainsi permis de diminuer le taux de pauvreté de 0,2 points en 2009. Elles n'ont ainsi permis que de limiter certains effets de la crise. Ce constat pose, plus largement, la question des buts de la politique sociale et des moyens de développer des actions de « promotion », c'est-à-dire de sortie de la situation de pauvreté, et de prévention du risque de pauvreté.
Parmi elles, les Associations Familiales Catholiques appellent à une action vigoureuse de revalorisation de la relation au travail et de libération des capacités de la France à susciter une croissance économique durable et créatrice d'emplois (coût de la main d'œuvre, lutte contre le dumping social, encouragement de l'investissement productif, accroissement de l'employabilité des Français...).

La natalité en France en 2011 : un dynamisme confirmé ?

L'INSEE vient de publier les chiffres 2011 de la natalité. On y lit que 823 394 bébés sont nés en France dont 792 996 en métropole, en légère baisse par rapport à 2010 (- 1 %), année qui avait marqué « le deuxième point le plus haut depuis la fin du baby-boom en 1974, derrière les 805 000 naissances enregistrées en 1981 en métropole ».

On relèvera aussi que « majoritaires depuis 2006, le nombre de naissances hors mariage continue d'augmenter : 55,8 % des bébés naissent hors mariage en 2011, contre 54,9 % l'année précédente et 44,7 % dix ans auparavant ». Il n'y a qu'en Ile-de-France et en Alsace où cette proportion est inférieure à 50% (respectivement 46% et 48%).

Le décalage de l'âge à la naissance se confirme : « En 2011, pour la deuxième année consécutive, les mères âgées de 30 à 34 ans sont plus nombreuses que celles de 25 à 29 ans (269 465 contre 253 948). 54,6 % des enfants nés en 2011 ont une mère âgée de 30 ans ou plus en France métropolitaine, ils n'étaient que 27,3 % en 1981. La proportion de mères de 40 ans ou plus a quadruplé entre 1981 et 2011, passant de 1,1 % à 4,6 %. Enfin, 70,4 % des pères sont âgés d'au moins 30 ans en 2011 et la moitié des nouveau-nés ont des parents âgés tous deux d'au moins 30 ans ».

Ces chiffres éclairent et confirment un certain nombre de phénomènes (ainsi, par exemple, le fait que, pour beaucoup de nos contemporains, l'enfant soit désormais l'élément fondateur de la famille) et posent, une nouvelle fois, la question du rôle que joue la politique familiale en matière de démographie. S'il est encore trop tôt pour dire si le manque de lisibilité dont elle souffre aujourd'hui a un effet négatif sur la natalité en nuisant à la confiance qu'elle peut inspirer, il n'est pas possible de ne pas s'interroger sur la situation dans laquelle elle se trouve aujourd'hui et sur les moyens de la reconstruire pour qu'elle réponde effectivement à sa mission et, partant, aux besoins des familles.

Age moyen à la naissance : le décalage dans le temps se confirme

L'INSEE a publié une étude confirmant l'augmentation de l'âge de la mère au premier enfant, même si cette tendance cette se ralentir. Ainsi, « en 2010, en France métropolitaine, les femmes ont en moyenne leur premier enfant à 28 ans, soit quatre ans plus tard qu'à la fin des années 1960 ». De façon globale, « l'âge moyen des mères à l'accouchement, quel que soit le rang de naissance de l'enfant, atteint 30 ans en 2010, contre 27,3 en 1967 ».

C'est, ensuite, évidemment, l'âge à chaque maternité qui augmente, ce décalage dans le temps illustrant aussi certains freins à l'accueil d'un nouvel enfant au sein d'une famille et le fait que la descendance finale se réduise. De fait, 44 % des nouveau-nés de 2010 étaient des premiers enfants : « cette part a légèrement augmenté depuis 1967, tout comme celle des deuxièmes enfants. Les naissances de rangs plus élevés sont en contrepartie moins fréquentes : 15 % des bébés nés en 2010 sont des troisièmes enfants et 6 % sont des bébés de quatrième rang ou plus, soit 21 % au total. En 1967, cette part était de 35 %, tout comme celle des premiers enfants ».

Cette étude illustre une autre des caractéristiques de l'accueil de l'enfant dont il est clair qu'elles sont étroitement corrélées entre elles :
- « les diplômées du supérieur sont ainsi celles qui ont leur premier enfant le plus tard : 1,7 an de plus que la moyenne des femmes résidant en France métropolitaine. À la naissance de leur premier enfant, les femmes sans diplôme ont trois ans de moins que la moyenne. Elles commencent donc la constitution de leur famille près de cinq ans avant les diplômées du supérieur », ces dernières se caractérisent cependant par une durée moyenne entre leurs deux premiers enfants légèrement inférieure à celle de l'ensemble des femmes
- « l'âge moyen à la première naissance diffère sensiblement d'une région à l'autre.Les femmes ont leur premier enfant le plus tôt dans le nord de la France. Plus on va vers le sud, plus les femmes deviennent mères tardivement. La région Île-de-France se distingue de ses voisines : l'âge au premier enfant y est le plus élevé de France métropolitaine, supérieur de près d'un an à la moyenne nationale »,
- la durée moyenne entre les deux premières naissances « est relativement stable depuis le début des années 1980, autour de 3,9 ans, avec une légère tendance à diminuer ces dernières années. Pour les mères concernées, la durée entre le deuxième et le troisième enfant est un peu plus élevée (4,3 ans environ) et suit la même évolution »

De tels chiffres sont riches d'enseignement pour la politique familiale. Ils illustrent clairement les questions en matière d'harmonisation entre vie familiale et vie professionnelle et, pratiquement, l'impossibilité pour beaucoup de Français faisant des études de fonder une famille pendant cette période, bien loin de leurs aspirations profondes.

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