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Demographie-conditions de vie

Age moyen à la naissance : le décalage dans le temps se confirme

L'INSEE a publié une étude confirmant l'augmentation de l'âge de la mère au premier enfant, même si cette tendance cette se ralentir. Ainsi, « en 2010, en France métropolitaine, les femmes ont en moyenne leur premier enfant à 28 ans, soit quatre ans plus tard qu'à la fin des années 1960 ». De façon globale, « l'âge moyen des mères à l'accouchement, quel que soit le rang de naissance de l'enfant, atteint 30 ans en 2010, contre 27,3 en 1967 ».

C'est, ensuite, évidemment, l'âge à chaque maternité qui augmente, ce décalage dans le temps illustrant aussi certains freins à l'accueil d'un nouvel enfant au sein d'une famille et le fait que la descendance finale se réduise. De fait, 44 % des nouveau-nés de 2010 étaient des premiers enfants : « cette part a légèrement augmenté depuis 1967, tout comme celle des deuxièmes enfants. Les naissances de rangs plus élevés sont en contrepartie moins fréquentes : 15 % des bébés nés en 2010 sont des troisièmes enfants et 6 % sont des bébés de quatrième rang ou plus, soit 21 % au total. En 1967, cette part était de 35 %, tout comme celle des premiers enfants ».

Cette étude illustre une autre des caractéristiques de l'accueil de l'enfant dont il est clair qu'elles sont étroitement corrélées entre elles :
- « les diplômées du supérieur sont ainsi celles qui ont leur premier enfant le plus tard : 1,7 an de plus que la moyenne des femmes résidant en France métropolitaine. À la naissance de leur premier enfant, les femmes sans diplôme ont trois ans de moins que la moyenne. Elles commencent donc la constitution de leur famille près de cinq ans avant les diplômées du supérieur », ces dernières se caractérisent cependant par une durée moyenne entre leurs deux premiers enfants légèrement inférieure à celle de l'ensemble des femmes
- « l'âge moyen à la première naissance diffère sensiblement d'une région à l'autre.Les femmes ont leur premier enfant le plus tôt dans le nord de la France. Plus on va vers le sud, plus les femmes deviennent mères tardivement. La région Île-de-France se distingue de ses voisines : l'âge au premier enfant y est le plus élevé de France métropolitaine, supérieur de près d'un an à la moyenne nationale »,
- la durée moyenne entre les deux premières naissances « est relativement stable depuis le début des années 1980, autour de 3,9 ans, avec une légère tendance à diminuer ces dernières années. Pour les mères concernées, la durée entre le deuxième et le troisième enfant est un peu plus élevée (4,3 ans environ) et suit la même évolution »

De tels chiffres sont riches d'enseignement pour la politique familiale. Ils illustrent clairement les questions en matière d'harmonisation entre vie familiale et vie professionnelle et, pratiquement, l'impossibilité pour beaucoup de Français faisant des études de fonder une famille pendant cette période, bien loin de leurs aspirations profondes.

Les niveaux de vie en 2010 : inquiétudes pour les familles

L'INSEE vient de publier son étude des niveaux de vie pour l'année 2010. De façon générale, les auteurs relèvent que le niveau de vie médian a baissé de 0,5 % en euros constants par rapport à 2009 (il se situe à 19 270 euros annuels) et que « le niveau de vie baisse ou stagne pour pratiquement toutes les catégories de population sauf pour les plus aisées ». L'année 2010 marque même un tournant car, précisant ce constat d'ensemble, les auteurs de la note expliquent que « pour la première fois depuis 2004, les déciles au-dessus de la médiane diminuent, alors que seuls les déciles inférieurs à la médiane avaient baissé en 2009 ».

Les effets de la crise se font ainsi sentir de façon plus large socialement ainsi que le montre la baisse, pour une part importante de la population, du poids des salaires dans les revenus disponibles (ainsi, « en bas de l'échelle des niveaux de vie [...], le poids des salaires dans le revenu disponible diminue de 3 points, s'établissant à 27% »). C'est dire l'importance des mesures redistributives à caractère social. C'est dire aussi la nécessité de travailler à faire du travail (et des revenus du travail) le premier élément de la politique familiale et donc de libérer les capacités de la France à susciter une croissance économique durable et créatrice d'emplois (lutte contre le dumping social, encouragement de l'investissement productif, lutte déterminée contre les déficits publics ...).

Cet axe apparaît central quand on observe les quelques données familiales présentées dans l'étude de l'INSEE. Les auteurs rappellent ainsi « structurellement, le niveau de vie des enfants de moins de 18 ans est inférieur à celui de l'ensemble de la population. D'une part, un enfant entraîne un coût financier alors qu'il ne contribue pas aux ressources du ménage, même si les transferts (prestations sociales et quotient familial) atténuent sensiblement cet effet. D'autre part, les adultes ont en moyenne des revenus d'activité plus faibles dans les familles nombreuses. Le taux de pauvreté des enfants est donc plus élevé que celui de l'ensemble de la population ». Au final, « les familles monoparentales et les couples avec enfants [sont] davantage concernés par la hausse de la pauvreté que d'autres catégories de population ».

On regrettera d'autant plus que, cette année encore, les séries statistiques proposées, pourtant déjà riches, ne permettent pas d'aller plus loin dans la compréhension de la situation des familles avec enfants. Ceci permettrait d'éclairer leurs besoins et, sans aucun doute, de comprendre la légitimité de la prise en compte de la capacité contributive des familles.

Rapport du CNLE, des pistes pour la conférence de lutte contre la pauvreté

Etienne PINTE, président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE) a remis le 4 septembre au gouvernement un rapport du CNLE intitulé : « Pour une mise en œuvre effective du droit à des moyens convenables d'existence. Analyse établie autour du concept de reste à vivre ».
Ce rapport montre la difficulté croissante qu'ont les personnes les plus fragiles à faire face à leurs dépenses incompressibles (logement, énergie, santé) et propose des pistes pour alléger le poids des dépenses contraintes.

Le CNLE insiste sur l'encadrement et la régulation nécessaires des prix dans les secteurs du logement et des énergies en particulier et le développement d'une tarification progressive afin de permettre l'accès de tous aux services essentiels.
Cette contribution doit alimenter la Conférence de lutte contre la pauvreté et les exclusions des 12 et 13 novembre à Paris qui permettra l'élaboration d'un plan quinquennal de lutte contre la pauvreté et les exclusions.

Nous notons dans ce rapport l'attention particulière au logement dont le poids dans le budget des familles ne cesse de croître.

Actualités des familles La Croix