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Demographie-conditions de vie

Les niveaux de vie en 2010 : inquiétudes pour les familles

L'INSEE vient de publier son étude des niveaux de vie pour l'année 2010. De façon générale, les auteurs relèvent que le niveau de vie médian a baissé de 0,5 % en euros constants par rapport à 2009 (il se situe à 19 270 euros annuels) et que « le niveau de vie baisse ou stagne pour pratiquement toutes les catégories de population sauf pour les plus aisées ». L'année 2010 marque même un tournant car, précisant ce constat d'ensemble, les auteurs de la note expliquent que « pour la première fois depuis 2004, les déciles au-dessus de la médiane diminuent, alors que seuls les déciles inférieurs à la médiane avaient baissé en 2009 ».

Les effets de la crise se font ainsi sentir de façon plus large socialement ainsi que le montre la baisse, pour une part importante de la population, du poids des salaires dans les revenus disponibles (ainsi, « en bas de l'échelle des niveaux de vie [...], le poids des salaires dans le revenu disponible diminue de 3 points, s'établissant à 27% »). C'est dire l'importance des mesures redistributives à caractère social. C'est dire aussi la nécessité de travailler à faire du travail (et des revenus du travail) le premier élément de la politique familiale et donc de libérer les capacités de la France à susciter une croissance économique durable et créatrice d'emplois (lutte contre le dumping social, encouragement de l'investissement productif, lutte déterminée contre les déficits publics ...).

Cet axe apparaît central quand on observe les quelques données familiales présentées dans l'étude de l'INSEE. Les auteurs rappellent ainsi « structurellement, le niveau de vie des enfants de moins de 18 ans est inférieur à celui de l'ensemble de la population. D'une part, un enfant entraîne un coût financier alors qu'il ne contribue pas aux ressources du ménage, même si les transferts (prestations sociales et quotient familial) atténuent sensiblement cet effet. D'autre part, les adultes ont en moyenne des revenus d'activité plus faibles dans les familles nombreuses. Le taux de pauvreté des enfants est donc plus élevé que celui de l'ensemble de la population ». Au final, « les familles monoparentales et les couples avec enfants [sont] davantage concernés par la hausse de la pauvreté que d'autres catégories de population ».

On regrettera d'autant plus que, cette année encore, les séries statistiques proposées, pourtant déjà riches, ne permettent pas d'aller plus loin dans la compréhension de la situation des familles avec enfants. Ceci permettrait d'éclairer leurs besoins et, sans aucun doute, de comprendre la légitimité de la prise en compte de la capacité contributive des familles.

Rapport du CNLE, des pistes pour la conférence de lutte contre la pauvreté

Etienne PINTE, président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE) a remis le 4 septembre au gouvernement un rapport du CNLE intitulé : « Pour une mise en œuvre effective du droit à des moyens convenables d'existence. Analyse établie autour du concept de reste à vivre ».
Ce rapport montre la difficulté croissante qu'ont les personnes les plus fragiles à faire face à leurs dépenses incompressibles (logement, énergie, santé) et propose des pistes pour alléger le poids des dépenses contraintes.

Le CNLE insiste sur l'encadrement et la régulation nécessaires des prix dans les secteurs du logement et des énergies en particulier et le développement d'une tarification progressive afin de permettre l'accès de tous aux services essentiels.
Cette contribution doit alimenter la Conférence de lutte contre la pauvreté et les exclusions des 12 et 13 novembre à Paris qui permettra l'élaboration d'un plan quinquennal de lutte contre la pauvreté et les exclusions.

Nous notons dans ce rapport l'attention particulière au logement dont le poids dans le budget des familles ne cesse de croître.

Familles nombreuses, espèce en voie de disparition ?

L'INSEE vient de publier un bilan de 10 années de recensement de la population en France. Couvrant les années 1999 à 2009, cette étude donne un éclairage singulier sur la situation démographique du pays et sur son incidence sociale.

L'auteur commence par relever que, « en 2009, 27,5 millions de ménages résident en France : un tiers est composé d'une seule personne, un tiers de deux personnes et le dernier tiers de trois personnes ou plus. Depuis 1999, le nombre de ménages a augmenté de 3,2 millions. Les petits ménages d'une ou deux personnes sont à l'origine de cette augmentation (respectivement 1,7 million et 1,5 million en plus), alors que le nombre de ménages de trois personnes ou plus est stable ».

Trois phénomènes explicatifs sont particulièrement mis en avant pour éclaire cette situation :
- le vieillissement de la population qui « explique un tiers de l'augmentation des ménages d'une personne. À mode de cohabitation inchangé, 600 000 des 1,7 million de ménages d'une personne supplémentaires résultent de la croissance de la population des 60 ans ou plus » ;
- le changement des modes de cohabitation auquel est due « plus de la moitié de l'évolution du nombre de ménages d'une seule personne (900 000 des 1,7 million de ménages d'une personne supplémentaires). Ce phénomène joue essentiellement avant 60 ans, en lien avec la plus grande fragilité des unions [...]. Ainsi, entre 30 et 59 ans, on vit moins souvent en couple en 2009 qu'en 1999 (− 4 points) et plus souvent seul dans son logement (+ 3 points). Les parents de famille monoparentale sont un peu plus nombreux (+ 1 point) » ;
- la part des « grands ménages » (cinq personnes ou plus) en baisse constante : « En 2009, un ménage sur quinze est composé de cinq personnes ou plus. La grande majorité de ces ménages sont des familles nombreuses (au moins trois enfants). Les autres sont des ménages à structure plus complexe (plusieurs générations par exemple). La part des familles nombreuses (parmi celles avec enfants de moins de 25 ans) diminue dans presque toutes les régions, en général de manière d'autant plus marquée qu'elle était élevée en 1999 », ce que confirme le graphique que nous reproduisons ci-après et signale un changement profond.

Que peut-on déduire pour approfondir le constat de départ et envisager sur le plus long terme sa portée démographique :
- le premier facteur confirme, si besoin était, les problématiques liées à la dépendance et leur étendue à venir ;
- le deuxième facteur n'est pas non plus complètement inédit ; il illustre un des coûts du non-mariage et une des sources d'un des maux de notre société, la solitude, quand la crise fait peser, plus lourdement que jamais, ses effets ;
- le troisième est moins complètement attendu (sans être totalement une surprise). Il éclaire les modalités contemporaines de l'accueil de l'enfant (un enfant « désiré ») et l'existence de freins qui pèsent sur cet accueil, car les statistiques indiquant que le nombre d'enfants « idéal » se situe autour de 2,6 restent, à notre connaissance, d'actualité.

Au final, la nécessité d'une réflexion approfondie sur le rôle de la politique familiale, les conditions de son influence sur la démographie et les mesures à prendre pour l'avenir ... s'impose plus que jamais :
- pour lui permettre de remplir un véritable rôle préventif : pour réduire les « risques » et pour consolider la mission de la famille ;
- pour lui rendre sa cohérence et lui permettre de répondre aux besoins des familles et à leurs inquiétudes.

Lecture : en France métropolitaine, le nombre de ménages composés d'une personne seule de 30 à 59 ans a augmenté de 32 % en dix ans : 8 points sont liés à la hausse du nombre de personnes de 30 à 59 ans dans la population des ménages et 24 points sont dus à la hausse de la proportion des personnes résidant seules à ces âges.

Champ : France (territoire au 31 décembre 2009), population des ménages âgée de 30 à 59 ans en âge révolu.

Source : Insee, recensements de la population 1999 et 2009, exploitations complémentaires.

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