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Congé parental : les familles ont-elles encore le choix ?

Le projet de loi sur l’égalité homme-femme vient d’être adopté en première lecture au Sénat ce 18 septembre (voir le compte-rendu de l’audition des AFC au Sénat).

Parmi les points novateurs, la réforme du congé parental n’est pas sans soulever de  sérieuses questions et ne semble pas faire l’unanimité, comme en témoigne, entre autres, une récente enquête IPSOS / UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) « Les pères et le congé parental ». On y apprend que les pères sont loin d’y être favorables. Majoritairement, les pères affirment le bénéfice, et même le besoin, pour la mère de ce temps pour récupérer psychologiquement et physiologiquement de l’accouchement et apporter les soins à l’enfant. Ils appréhendent par ailleurs le risque, réel, de précariser les revenus familiaux, notamment quand ceux-ci sont déjà modestes. De plus, cette réforme augmente le problème des solutions de garde, car « comment trouver un assistant maternel ou une crèche pour 6 mois, entre la fin de l’indemnisation et l’entrée en maternelle ? », souligne l’enquête.


En revanche les pères auraient été favorables à un congé parental fractionné, qu’ils auraient alors pu prendre plus tard, à un moment où ils se sentent davantage à leur place et mission de père. Une proposition que les AFC soutiennent depuis plusieurs années déjà, permettant aux parents d'être présents aux différents âges de l'enfant (par exemple, outre à la naissance, à l’adolescence).

Cette réforme, ni adaptée ni souhaitée par les principaux concernés, illustre un problème de méthode de la part du Gouvernement qui prend le risque avec cette réforme de sembler passer en force ou, en tout cas, de ne pas répondre aux attentes des pères et des mères. Les pères invoquent leur paternité comme complémentarité à la maternité : l’égalité n’est pas indifférenciation, contrairement à ce que semble en exprimer cette réforme, dont les motifs semblent remis en cause dans le même temps par Madame Bertinotti elle-même qui déclare, au sujet de la résidence alternée en cas de séparation, que « la garde partagée n'est pas une question de parité homme-femme mais une affaire familiale ». N'en est-il pas de même pour le congé parental ?

Les propositions des AFC pour améliorer l'harmonisation entre vie familiale et vie professionnelle pour créer les conditions d’un vrai libre-choix des familles :

  • Conserver le principe de libre-choix des familles pour les congés parentaux en maintenant la possibilité d’opter pour une durée courte (1 an) ou une durée longue (3 ans) du CLCA,
  • Créer un congé parental fractionné permettant aux parents d'être présents aux différents âges de l'enfant (par exemple, outre à la naissance, à l’adolescence),
  • Développer la valorisation des acquis de l’expérience et supprimer les mesures discriminatoires pour les parents ayant choisi d’arrêter de travailler pour élever leurs enfants,
  • Renforcer l'accompagnement des mères qui prennent un congé parental alors qu’elles occupent un emploi précaire qu'elles ne retrouveront pas à la fin du congé parental,
  • Favoriser la formation en cours de congé parental pour une meilleure employabilité,
  • Faciliter la réinsertion en entreprise à « temps choisi », en particulier pour les mères de plusieurs enfants,
  • Soutenir les initiatives locales de création et de développement de centres de télétravail,
  • Soutenir les initiatives locales de développement de dispositifs de garde d’enfants interentreprises.

 

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MAJ : 4 oct 2013

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